CLAQUE-PATIN. Individu dont la savate claque contre le talon. (Richepin.)

CLEF (Perdre sa). Avoir la colique.

CLEPTOMANIE, «On imagina le mot de cleptomanie, ou manie du vol, pour

désigner l'état de ces voleuses maladives.» (Giffard: _Les grands

bazars_.)

CLICHÉ (Tirer son). Argot des typographes. «Quand un compositeur fait une

réplique ou un propos toujours le même, on dit: c'est un cliché. _Tirer

son cliché_ est synonyme d'avoir toujours la même raison à objecter, dire

constamment la même chose.» (_Typologie-Tucker_, juin, 1886.)

CLIGNOT. OEil. _Baver des clignots._ Pleurer.

CLIQUE. Argot militaire. Le soldat qui joue du clairon.--Musique

militaire.

CLIQUETTE. Oreille.

COCASSE. Drôle, amusant.

COCOTER. Faire la cocote, la fille galante.

COL-DE-ZING. Qualificatif qu'avaient reçu il y a deux ans les jeunes

élégants. Le mot n'a pas vécu. «Gaston de Chauvigné, un de nos

cols-de-zing les plus affirmés...» (_Charivari_, avril 1887.)

COLLER UNE DOUCE (Se). Se masturber. Rigaud dit: _Se coller un rassis_.

COLLETINER. A aussi, dans le peuple, le sens plus étendu de porter un

fardeau quelconque.

COLON (Petit). Argot militaire. Abréviation de lieutenant-colonel.

COLTINEUR, EUSE. Fainéant, mauvais ouvrier. «C'est sûrement pas pour des

coltineuses de votre espèce qu'on ferait des sacrifices!» (Huysmans:

_Sœurs Vatard_.)

CON. Monosyllabe injurieux que le peuple a constamment à la bouche et

qu'il emploie à propos de tout et à propos de rien.

CONDÉ. Influence. «Ils avaient accaparé les meilleurs postes, ceux qui

procurent le plus de condé (influence). (Humbert: _Mon bagne_.)

CONFORTABLE. Verre de bière.

CONNAÎTRE DANS LES COINS (La). C'est la variante de l'expression citée

par Delvau: _Connaître le numéro_.

CONSCRAR. Elève de première année à l'Ecole Polytechnique. «C'est la

première chose que les anciens apprennent aux conscrars lorsqu'ils

arrivent à l'école.» (_Gil Blas_, 1882. V. Delvau: _Conscrit_.)

CONSCRIT. Normalien de première année.

CONSOLATION. Jeu de hasard à l'usage des filous. «Au lieu du rendez-vous,

on jouait la consolation, partie qui consiste à diviser un tapis vert en

cases, au moyen de lignes tracées à la craie, à numéroter chaque

compartiment depuis un jusqu'au chiffre maximum que peuvent produire un

certain nombre de dés et à payer enfin à chaque individu le montant de la

mise qui se trouve dans la case que désigne la somme des points amenés

par le coup de dés.» (_La Loi_, 1882).

CONSULTER LAROUSSE, ou, pour parler plus clairement: consulter le

Dictionnaire rédigé par M. Larousse. Argot des écoles. Je vais consulter

Larousse à la bibliothèque, disent à leurs parents les jeunes collégiens

de seize à dix-huit ans. Et au lieu de se rendre à la bibliothèque

Sainte-Geneviève ou dans un cabinet de lecture, ils s'en vont tout

droit... à la plus proche brasserie desservie par des femmes. «Les tout

jeunes gens y vont (dans ces brasseries) sous prétexte de boire un bock

et de consulter le Dictionnaire Larousse. Aujourd'hui, ces deux mots:

_Consulter Larousse_ ont, dans le langage des lycées, un sens sur lequel

je n'ai pas besoin d'insister.» (_La Ligue_, juillet 1885.)

CONTER QUELQUE CHOSE AU PERRUQUIER DES ZOUAVES. Argot militaire. Ne pas

croire à cette chose.

COPURCHIC. Elégant, homme qui donne le ton à la mode. Ce mot, un des

derniers mis en circulation, vient de «pur» et de «chic», le premier

indiquant la perfection absolue du second. La syllabe _co_ ne vient là

que pour l'euphonie. «Le copurchic ne parle plus argot; il se contente de

parler doucement, lentement...» (_Figaro_, 1886.) «Le petit vicomte de X,

un de nos plus sémillants copurchics...» (_Gil Blas_, juillet 1886.)

De _copurchic_ est dérivé _copurchisme_ qui désigne l'ensemble des gens

asservis à la mode. «Les élégantes de copurchisme veulent, elles aussi,

donner une fête au profit des inondés.» (_Illustration_, janvier 1887.)

Dictionnaire de la langue verte · 第 110 / 143 题