A
ABATTOIR. Cercle de jeu. On y immole en effet force _pigeons_.
ABBESSE. Maîtresse d'une maison de tolérance. On dit plus communément:
Madame.
ABOULÉE. Accouchée.
_Aboulement_: accouchement.
ABRUTIR SUR (S'). Faire traîner un ouvrage en longueur, dit Rigaud. J'y
ajouterai le sens de: étudier longuement, avec soin. _Je me suis abruti
sur mes math._
ACTEUSE. «Cette petite variante me fit trouver le mot acteuse qui,
depuis, a été naturalisé dans l'argot parisien. Nana n'est pas une
actrice, c'est une acteuse. Elle a une ligne, du chic et non du talent.
On ne l'entend pas, on la voit. L'acteuse est entière dans cette nuance.»
(Champsaur: _Evénement_, février 1887.)
ADJUDANT (TREMPER UN). Plonger un morceau de pain dans le premier
bouillon, celui qui contient le plus de graisse. Un vrai régal pour le
cuisinier en pied et le caporal de planton. Les adjudants sous-officiers
sont ceux que les cantiniers ont pour divers motifs le plus d'intérêt à
satisfaire; aussi leur réservent-ils les meilleurs morceaux. N'est-ce pas
dans ce rapprochement qu'il faut chercher l'origine de cette expression?
(Merlin, _La langue verte du troupier_.)
ADJUGER UNE BANQUE A UN OPÉRATEUR. Argot de cercle. Voler ou tricher au
jeu.
(V. _Revers_.)
AFFRANCHIR. Terme de joueur: On dit qu'une carte est affranchie
lorsqu'elle n'est plus exposée à être prise. J'ai fait prendre mon roi
pour affranchir ma dame.--Mettre au courant des ruses des grecs. Il y a
des professeurs d'affranchissement.
AFISTOLER. Arranger.
AGACEUR. Boute-en-train,--argot de sport.
AGENOUILLÉE. Femme de mœurs faciles. Le mot, lancé il y a trois ans, n'a
point fait fortune. «Pas de coin de rue qui n'ait maintenant sa douzaine
d'agenouillées, toutes prêtes, moyennant salaire convenable, à adresser
leurs prières à Vénus.» (_Evénement_, août 1884.)
AGRAFER. Indépendamment du sens de arrêter, consigner, donné par Delvau
et ses continuateurs, agrafer signifie aussi prendre, voler. «C'est clair
et net, vois-tu, comme les jaunets que tu as négligé d'agrafer cette
nuit-là.» (Belot et Dautin: _Le Parricide_.)
ALLER SE FAIRE LANLAIRE. Se débarrasser d'un importun. L'envoyer
promener, «... Votre cœur? Il n'y a que les gens qui n'ont que ça qui le
proposent... Ça ne suffit pas... Vous pouvez aller vous faire
lanlaire...!» (Huysmans: _Les sœurs Vatard_.)
ALLER CHEZ FALDÈS. Partager.
ALLUMEUR. Voleur. Les allumeurs ont pour mission de racoler les ouvriers
les samedis de paye et de les emmener chez le marchand de vin. Là, ils
leur offrent libéralement à boire jusqu'à ce que les malheureux rentrent
chez eux complètement ivres. Alors commence le rôle des _meneuses_ et des
_travailleurs_. V. ces mots.--Grec dont les fonctions consistent à mettre
une partie en train. «Maintenant les deux allumeurs qui se trouvent mêlés
à la partie reçoivent également une subvention.» (_Gil Blas_, 29 mars
1882.)
ALPHONSISME. Le métier (?) de l'Alphonse. «L'Alphonsisme brutal ne
disparaîtra qu'avec la prostitution.» (_La Bataille_, mai 1882.)
AMAZONE. Grec de race femelle. «Le grec de la classe moyenne, autrement
dit le grec nomade,... travaille rarement seul; il s'adjoint des compères
appelés _comtois_ et des auxiliaires féminins appelés _amazones_. (_Le
Baccarat_, 1881.)
AMÉRICAIN. Breuvage qui tient le milieu entre le grog et le punch.
«Garçon! un américain!» (Véron, _Paris vicieux_.)
AMINCI. Elégant, à la mode, dans l'argot boulevardier. L'_aminci_ a été
le frère du _boudiné_; tous deux n'ont fait qu'une courte apparition dans
le jargon des précieux.
«De jeunes amincis, à court de distractions, avaient eu l'intention de
visser sur un tuyau de gaz... l'annonce en lettres de feu du bal à
l'Elysée...» (_Echo de Paris_, février 1885). «Tous les soirs (dans la
baraque d'un lutteur) au milieu d'horizontales de grande marque, au
milieu d'amincis en frac et cravate blanche, il y a des luttes épiques.»
(_Univers illustré_, juillet 1884.)
ANGLAIS. Terme de sport. On dit qu'un cheval a de l'anglais lorsque sa
conformation se rapproche de celle du cheval anglais de pur sang.
ANGUILLE. Mouchoir roulé en façon de fouet et dont se servent les enfants
au jeu de l'anguille.
APÉRITIVE. Femme galante qui est à la grande demi-mondaine ce que la
chrysalide est au brillant papillon. Comme son nom l'indique, l'apéritive
fréquente d'ordinaire les grands boulevards, les cafés à la mode à la
recherche de qui voudra bien lui offrir un rafraîchissement, un
_apéritif_, comme on dit dans la langue boulevardière. «Le bal a été
ouvert par une Hongroise superbe, encore à l'état d'apéritive... mais qui
ne tardera pas à devenir une des étoiles les plus brillantes du firmament
demi-mondain.» (_Gil Blas_, mai 1887.)
ARAIGNÉE. Vélocipède à deux roues dont l'une, celle de devant, est très
grande, et l'autre, celle de derrière, d'un diamètre très petit.
ARAIGNÉE DE TROTTOIR. Boutiquier en plein vent, camelot. «Il (le
promeneur) a fait aux araignées de trottoir une rente qui, suivant la
position, varie de 10 sous à 10 francs par jour.» (_Estafette_, 1881.)
ARC-EN-CIEL (FAIRE L'). Argot des Grecs. «J'ai fait
l'arc-en-ciel.--Qu'entendez-vous par là?--Je vous ai jeté les cartes très
loin, d'une façon négligée avec une sorte de désinvolture. Lancées ainsi,
elles ont décrit un cercle et j'ai pu les voir lorsqu'elles sont arrivées
à leur point culminant.» (Belot: _Le Roi des Grecs_.)
ARCHICUBE. Ancien élève de l'Ecole normale. «Monsieur, vous êtes mon
archicube et je vous dois le respect. J'explique, pour les profanes, ce
terme rébarbatif: vous êtes entré à l'Ecole plus de trois ans avant moi.»
ARRANGEUR. Argot de cercle. Individu qui, lorsqu'un chef de partie ne
sait pas séquencer les cartes, les arrange et touche 10, 15 ou 20 % pour
sa... collaboration.
ARROSAGE. Action de boire, de _s'arroser le gosier_.
ARTISTE. Dans le jargon des ouvriers: camarade, compagnon.
ARTISTE. Cadavre exposé à la Morgue. Argot des voyous pour qui la Morgue
est, en effet, un théâtre. «La salle d'exposition... est divisée en deux
parties par une cloison vitrée derrière laquelle sont rangées... douze
dalles destinées à recevoir les cadavres que les affreux gavroches,
habitués de ce lugubre théâtre, appellent les artistes. Quand toutes les
places sont vides, ils disent qu'on fait relâche.» (Du Boisgobey: _Le
fils de Monsieur Lecoq_.)
ASSEOIR (S') SUR QUELQU'UN. Le faire taire. _Asseyez-vous dessus_, dit-on
en parlant d'un gamin qui crie et gêne ainsi les personnes avec
lesquelles il se trouve.--_S'asseoir sur quelque chose_, n'en pas faire
cas. «Tous tes discours, tout's tes promesses d'autrefois, tu t'asseois
dessus! » (_L'esclave Ivre_, no 1.)
ASSESSEUR. Joueur complaisant qui, placé au baccarat à côté du
_tailleur_, paye et encaisse pour le compte de celui-ci.
ASTIQUER. Fourbir, nettoyer, se pomponner.
«C'est qu'on est un peu beau, mon vieux
Quand on s'astique.»
(_Le Caïd_, opéra-bouffon,
act. I, sc. X.)
ASTIQUER (S'). Se masturber.
ATOUTS (Le plus d'). Sorte de jeu de filous qui se joue dans les cafés de
bas étage.
AVALE-TOUT. Femme qui ne recule devant aucune extrémité.
AVOINE (Donner de l'). Battre, rouer de coups. De la langue des
charretiers, l'expression est passée dans celle des souteneurs et des
gens sans aveu. «Alphonse ne recule pas à lui donner de l'avoine (à sa
maîtresse), c'est-à-dire à lui administrer une volée» (_Voltaire_, 1882).
AVOIR UN COUP DE MARTEAU. Ne pas jouir de la plénitude de ses facultés.
AVOIR LA CUISSE GAIE. Être de mœurs faciles. «Très gentille avec son
petit nez en l'air; je parie qu'elle a la cuisse gaie, hein!» (_Vie
Parisienne_, 1er octobre 1881.)
AVOIR SON VIN AU CROC. Être privé de la ration de vin réglementaire.
Argot des matelots. «Aussi lui était-il arrivé souvent d'être privé de sa
ration de vin; en terme de marin, d'avoir son vin au croc.» (_Patrie_,
février 1887.)
AVOIR UNE BELLE PRESSE. Être complimenté par tous les journaux. «Madame
est en train de lire ses journaux... Madame, à ce qu'il paraît, n'a
jamais eu une si belle presse!» (De Goncourt: _La Faustin_.)
B
BADINGATEUX. Terme de mépris employé par les adversaires du régime
impérial pour désigner un partisan de ce régime. «Solde de vestes. On
prend mesure; blouses blanches pour braillards, gueulards,
badingateux...» (_Temps_, 1881.)
BAFOUILLAGE. Conversation sans suite, confuse, incohérente. A vrai dire,
ce mot rentre plus dans le langage trivial que dans l'argot; toutefois
comme les dictionnaires spéciaux ont jusqu'ici enregistré _bafouiller_ et
_bafouilleur_, j'ai pensé que bafouillage avait également droit d'asile.
«J'ai entendu nombre de phrases sans suite, d'exclamations vides, de
bafouillages incohérents.» (_Echo de Paris_, mai 1884).
BAFRER. Manger. «C'était une sorte de vivandière qui bâfrait comme un
roulier et buvait comme quatre.» (Huysmans: _A vau-l'eau_.)
BAGNOLLE, mauvaise voiture.
BAGUETTE EST CASSÉE (La). Cette expression a remplacé le _Zut au berger_.
(V. _Delvau_.)
BAJOTER. Bavarder, jacasser.
BAL. Peloton de punition. Argot militaire.
BALEINE. Femme de mauvaise vie.
BALINSTRIQUER. Argot des malfaiteurs. Tuer, assassiner. «Tu sais, lui
avait-il dit, j'ai fait un sale coup, j'ai balinstriqué une femme dans
les fortifications. Si jamais tu le dis, c'est ma tête qui est à couper.»
(_Gazette des Tribunaux_, septembre 1884.)
BALLE (Faire). Être à jeun. «Les forçats ne sont pas dégoûtés et quelques
taches dans un quart de pain ne sont pas pour faire reculer un fagot de
bon appétit et qui fait balle.» (A. Humbert: _Mon bagne_.)
BALLON. Art de tournoyer en dansant.--Verre de bière.
BALOUSTIQUER. Lever, soulever, arracher. Argot de malfaiteurs.
BALUCHONNEUR. Voleur. Ainsi que son nom l'indique, ce malfaiteur vole de
préférence les objets faciles à cacher, les petits paquets, par exemple
(en argot _baluchon_ est synonyme de paquet). C'est aussi lui qui
_travaille_ aux étalages des magasins et qui pratique parfois le vol dit
à la bousculade. «La nuit seulement, un certain nombre de baluchonneurs
s'y donnent rendez-vous (dans un cabaret) pour faire l'échange ou la
vente du produit de leur vol.» (_Nation_, juillet 1885.)
BANDISTE. «On appelle ainsi les tâcherons qui sont employés à rédiger les
adresses pour circulaires, prospectus, manifestes électoraux.» _Soleil_,
16 nov. 1888.
BARAQUE. Sorte de jeu en vogue il y a quelque temps, et dans lequel les
filous avaient la partie belle. «Le jeu de la baraque se compose d'une
planchette de cuivre casée à l'angle d'un billard et percée de 25 petites
cuvettes numérotées de 1 à 25. Vous faites une poule à 2, à 5 ou à 20
francs et, si vous avez la chance, pardon! l'adresse de pousser votre
bille dans la cuvette cotée le plus haut, c'est vous qui touchez les
enjeux. Le baraqueur ne prélève que 10 p. 100 sur le montant de chaque
poule. C'est pour rien! Toutefois ce petit impôt me paraît plus dur que
le zéro de la roulette.» (_Paris-Journal_, 1882.)
BARAQUEUR. Joueur de baraque.
BARBE. Répétition. «Une barbe, c'est une répétition de bachot donnée à un
aspirant au diplôme. Il s'assied, on le rase, il paye, c'est une barbe!»
(Richepin.)
BARBE (Faire sa). Argot théâtral. Gagner de l'argent. «Sa barbe faite,
comme on dit en argot théâtral, c'est-à-dire son argent gagné, notre
chanteuse s'empresse de quitter le salon.» (_Gaulois_, 3 octobre 1881.)
BARBE (Femme à). Argot militaire. «Terme sous lequel on désigne une
beauté sur le retour généralement unique dans chaque ville de garnison,
qu'une étrange et irrésistible passion pour le biscuit militaire laisse
sans défense contre les assauts du soldat.» (Ginisty: _Manuel du Parfait
réserviste_.)
BARBIFIER (Se). Se griser. Argot des typographes. V. Delvau au mot Barbe.
«Il s'est barbifié hier; il a mal aux cheveux aujourd'hui.»
(_Typologie-Tucker_, juin 1885.)
BARBOTER. Parler sans savoir ce que l'on dit.
BARBOTTAGÉ. Vol. «Le droit au barbottage est absolu.» (A. Humbert: _Mon
bagne_.)
BASSINOIRE. «A Paris, il est de ces hôtels où, pour quelques sous,
couchent les maçons, qui s'en vont à leur travail, à l'aube. Eh bien! par
les nuits d'hiver, il est de pauvres diables qui attendent, l'onglée aux
mains, que ces maçons soient partis pour se glisser, au rabais, dans
leurs draps encore chauds. Ils font queue devant le logeur, comme devant
un théâtre. Ils battent la semelle en attendant le sommeil. Ils
appellent, dans leur argot, les compagnons maçons qui leur cèdent ainsi
leur couche, les _bassinoires_.» (J. Claretie: _La Vie à Paris_.)
BÂTIR. Terme de couturière; coudre peu solidement avec du fil blanc, du
coton à bâtir, une toilette quelconque, de façon à se rendre compte, à
l'essayage, des retouches à opérer. «Deuxième séance; essayage des
toilettes bâties.» (_Gaulois_, 1881.)
BÂTONS DE CHAISE (Noce de). Orgie.
BÂTON DE RÉGLISSE. Gardien de la paix. Prêtre.
BÂTON ROMPU. «--Quels gens appelez-vous vieilles cannes?--Les repris de
justice.--Et bâtons rompus?--Les surveillés de la haute police en rupture
de ban.» (Barron: _Paris-Etrange_.)
BATTRE LE BEURRE. Mener une conduite déréglée. Argot des voyous.--«Et ta
sœur?--Ma sœur? elle bat l'beurre!»
BATTRE A LA PARISIENNE. Voler ou tricher au jeu.
BATTRE SON PLEIN. Être dans tout l'éclat de son talent ou de sa beauté.
«Jamais l'artiste de la Renaissance ne fut plus jolie qu'à présent; elle
bat son plein.» (_Evénement_, 1872.)
BAVAROISE. Infusion de thé et de sirop de capillaire.--_Bavaroise au
chocolat_, tasse de chocolat à la crème; _bavaroise aux choux_, mélange
d'absinthe et d'orgeat; _bavaroise de cocher_, verre de vin.
BAVER DES CLIGNOTS. Pleurer.
BAVEUX. Qui ne sait ce qu'il dit; qui bafouille.
BAZAR. Lycée, pension. «Les jeunes citoyens de l'avenir, _vulgo_ les
potaches, ont réintégré avant-hier leurs prisons respectives. Ils se sont
acheminés vers le bazar.» (_Evénement_, 1881.)
BÉCARRE. Cet adjectif qui, il y a trois ans, fit florès dans le monde
boulevardier comme synonyme d'élégant, n'est plus guère usité
aujourd'hui. «Le parisien, en tant que langue vient de s'enrichir d'un
nouveau mot.... Le _pschuk_ qui succédait au _chic_ a fait son temps.
C'est le _bécarre_ qui gouverne. On est ou on n'est pas bécarre, comme on
était jadis ou l'on n'était pas élégant. Il est _bécarre_ de faire telle
chose et non bécarre d'en faire telle autre.... _Bécarre_, à tout
prendre, ne veut rien dire, à moins que le bécarre qui, en musique, remet
la note dans son ton naturel, ne signifie que le ton naturel de Paris est
ce qui est élégant, agréable, distingué.» (_Illustration_, novembre
1885.)
BÉGUEULISME. Le mot est de F. Sarcey qui l'a employé pour la première
fois dans un de ses feuilletons, en 1869. «C'est, dit-il, dans la vie
ordinaire, l'art de s'offenser pour le compte des vertus qu'on n'a pas;
en littérature, l'art de jouir avec des goûts qu'on ne sent point; en
politique, en religion et en morale, l'art d'affecter des opinions dont
on ne croit pas un mot.»
BENEDICAMUS. Enfant de chœur. Terme populaire: «Il s'imaginait naïvement
que les vainqueurs ramenaient avec eux M. le curé, les vicaires,
l'organiste, les petits benedicamus.» (_Figaro_, nov. 1885.)
BIBELOT. Argot d'imprimerie. Travaux de peu d'importance; factures,
prospectus, têtes de lettre, etc.
BIBELOTEUR. Collectionneur; amateur de bibelots.
BIBELOTIER. Ouvrier imprimeur, spécialement chargé des bibelots.
BIBOIRE. Petit récipient en caoutchouc ou en cuir bouilli en forme de
bateau et dont on se sert en voyage ou à la chasse pour boire.
Les écoliers disent _coupe-gueule_.
BIDARD. Heureux, veinard. _Être bidard_, avoir de la chance, réussir dans
ce que l'on entreprend.
BIÈRE. Boîte aux dominos.
BIGORNIAU. Auvergnat.
BIJOU. Nom donné, par antiphrase, chez les restaurateurs de Paris, à
toutes les dessertes des plats et des assiettes; c'est le profit des
laveurs de vaisselle.» (_Journal des Débats_, 1876, cité par Littré.)
BILLARD ANGLAIS (Jouer au). Pratiquer l'onanisme.
BILLE DE BILLARD. Crâne dénudé et, par extension, vieillard. «Ah! mince
alors! si les billes de billard se mettent à moucharder la jeunesse!...»
(Meilhac et Halévy, _Lolotte_.)
BILLET DIRECT POUR CHARENTON. Absinthe pure. «L'autre jour, le patron m'a
payé un billet direct pour Charenton.» (_Gil Blas_, 1882.)