C'est le pendant de: _Tu es un joli coco!_

MOINE-LAI, s. m. Invalide tombé en enfance, comme on en voit quelques-uns

dans la _Salle de la Victoire_,--l'infirmerie de l'Hôtel des vieux

braves.

MOIS DE NOURRICE, s. m. pl. Les années qu'oublie volontairement de

compter une femme qu'on interroge sur son âge.

Se dit aussi de toute personne qui se trompe dans un calcul et oublie

quelques fractions importantes.

MOISIR, v. n. Rester longtemps à la même place, ou en possession du même

emploi,--dans l'argot du peuple qui emploie surtout ce verbe avec la

négative.

MOITIÉ, s. f. Epouse,--dans l'argot des bourgeois, qui ne disent pas cela

avec le même respect que les Anglais disant _the better half_.

MOLANCHE, s. f. Laine,--dans l'argot des voleurs.

MOLARD, s. m. Mucosité expectorée,--dans l'argot des faubouriens.

MOLARDER, v. n. Graillonner, expectorer abondamment.

MOLIÈRE, s. m. Décor de salon simple dans lequel peuvent se jouer presque

toutes les comédies de feu Poquelin. Argot des coulisses.

Tous les théâtres, notamment ceux de province, ont un certain nombre de

décors de magasin, d'un emploi fréquent et commun: le _molière_, le

_rustique_, le _salon riche_, la _place publique_, la _forêt_, la

_prison_, le _palais_, et le _gothique_ (intérieur). Avec cela on peut

tout représenter, les tragédies de Racine et les vaudevilles de M.

Clairville.

MOLLASSE, s. f. Femme lymphatique, dolente, sans énergie,--dans l'argot

du peuple.

MOLLUSQUE, s. m. Homme à l'esprit étroit, aux idées arriérées, qui se

renferme dans la tradition comme l'escargot dans sa coquille.

MOLOSSE, s. m. Gros chien,--dans l'argot des bourgeois qui ne sont pas

fâchés de prouver de temps en temps qu'ils ont quelque teinture

d'Histoire ancienne.

MOMAQUE, s. m. Enfant,--dans l'argot des voleurs.

MÔME, s. m. Petit garçon: voyou; apprenti,--dans l'argot des ouvriers.

On pourrait croire cette expression moderne; on se tromperait, car voici

ce que je lis dans l'_Olive_, poème de Du Bellay adressé à Ronsard, à

propos des envieux:

«La Nature et les Dieux sont

Les architectes des hômes

Ces deux (ô Ronsard) nous ont

Bâtis des mêmes atômes.

Or cessent donques les mômes

De mordre les écriz miens...»

MÔME, s. f. Jeune fille; maîtresse,--dans l'argot des voleurs, pour qui

elle ressemble plus à une enfant qu'à une femme.

Ils disent aussi _Mômeresse_.

MÔME D'ALTÈQUE, s. m. Adolescent,--dans le même argot.

MOMERIE, s. f. Hypocrisie; fausse dévotion,--dans l'argot du peuple.

MOMIE, s. f. Homme ou femme sans énergie, qui n'aime pas à se remuer.

MOMIÈRE, s. f. Sage-femme,--dans l'argot des voleurs.

Ils disent aussi _Momeuse_ et _Madame Tire-môme_.

MOMIGNARD, s. m. Petit garçon, plus petit encore que le môme.

On dit au féminin _Momignarde_.

MÔMIR, v. n. Accoucher.

MONACO, s. m. Sou de cuivre,--dans l'argot du peuple, qui consacre ainsi

le souvenir d'un roitelet, Honoré V, prince de Monaco, mort de dépit en

1841, dit A. Villemot, de n'avoir pu faire passer pour deux sous en

Europe ses monacos, qui ne valaient qu'un sou.

MONANT, s. m. Ami,--dans l'argot des voleurs.

_Monante._ Amie.

MONARQUE, s. f. Pièce de cinq francs,--dans l'argot du peuple.

_Monarques._ Les rois d'un jeu de cartes.

MONDE RENVERSÉ, s. f. La guillotine,--dans l'argot des faubouriens.

MONFIER, v. a. Embrasser,--dans l'argot des voleurs.

MONNAIE, s. f. Argent,--dans l'argot du peuple.

_Plus que ça de monnaie!_ Quelle chance!

MON OEIL! Exclamation ironique et dédaigneuse de l'argot des faubouriens,

qui l'emploient soit comme formule de refus, soit comme marque

d'incrédulité.

MONSEIGNEUR, s. m. Pince de voleur, qui sert à crocheter les portes.

Les voleurs anglais disent de même _Bess_ ou _Betty_.

MONSEIGNEURISER, v. a. Crocheter une porte.

MONSIEUR, s. m. Bourgeois, homme bien mis,--dans l'argot du peuple.

_Faire le Monsieur._ Trancher du maître; dépenser de l'argent; avoir une

maîtresse.

MONSIEUR, s. m. Entreteneur,--dans l'argot de Breda-Street.

On dit aussi _Monsieur Chose_.

_Monsieur bien._ Homme distingué,--qui ne regarde pas à l'argent.

MONSIEUR, s. m. Verre d'eau-de-vie de quatre sous,--dans l'argot des

ouvriers.

MONSIEUR BAMBOU, s. m. Canne,--dans l'argot des souteneurs, qui en

procurent la connaissance aux épaules des filles réfractaires à leur

demande d'argent.

MONSIEUR DE PARIS, s. m. L'exécuteur des hautes œuvres,--dans l'argot

des bourgeois.

MONSIEUR LEBON. Bon compagnon qui paye volontiers pour les autres. Argot

du peuple.

MONSIEUR DE PÈTESEC, s. m. Homme un peu roide, un peu orgueilleux.

MONSIEUR DIMANCHE, s. m. Créancier,--dans l'argot des bohèmes, qui jouent

souvent la scène de Don Juan.

MONSIEUR DUFOUR EST DANS LA SALLE. Phrase par laquelle un acteur avertit

un de ses camarades qu'il joue mal et va se faire siffler.

Quelquefois on dit: _Le vicomte Du Four est dans la salle_.

MONSIEUR HARDI, s. m. Le vent,--dans l'argot du peuple.

MONSIEUR PERSONNE. Personne, nul.

MONSIEUR PIGEON. Type du garde national de la Restauration.

MONSIEUR RAIDILLON, s. m. Homme fier et susceptible.

On dit aussi: _Monsieur Pointu_.

MONSIEUR VAUTOUR, s. m. Propriétaire,--dans l'argot des bohèmes, qui

disent cela depuis l'opéra comique intitulé: _Maison à vendre_, dans

lequel on chante:

«La maison de M. Vautour

Est celle où vous voyez un âne.»

MONSIEUR VETO. Louis XVI,--dans l'argot des révolutionnaires de 1792, par

allusion au véto du 19 juin sur les décrets concernant le camp sous Paris

et la déportation des ecclésiastiques.

MADAME VÉTO. Marie-Antoinette.

On connaît la chanson;

«Madam' Véto s'était promis

De faire égorger tout Paris;

Mais son coup a manqué,

Grâce à nos canonniers!

Dansons la carmagnole,

Vive le son

Du canon!»

MONSTRE, s. m. Les paroles qu'un musicien adapte à un air trouvé par lui,

en attendant les paroles plus poétiques du librettiste.

MONSTRE, adj. Étonnant, colossal,--dans l'argot du peuple.

MONSTRICO, s. m. Personne laide comme un petit _monstre_.

Le mot appartient à H. de Balzac.

MONT, s. m. Établissement du Mont-de-Piété,--dans l'argot des

faubouriens.

_Le grand Mont._ Le Mont-de-Piété de la rue des Blancs-Manteaux.

_Le Petit Mont._ Le commissionnaire au Mont-de-Piété.

MONTAGNARD, s. m. Cheval de renfort destiné à être mis en flèche aux

omnibus pour les montées difficiles.

MONTAGNARD, s. m. Beignet au centre duquel est un peu de confitures de

groseilles.

L'expression date de 1848: elle a été appliquée à cette sorte de beignet,

par les Associations de cuisiniers, et n'a pas plus duré qu'elles.

MONTANT, s. m. Forte saveur; relief bien accusé.

Se dit à propos des choses et des personnes. Une phrase a du _montant_

quand elle est énergique. Une femme a du _montant_ quand elle a du

cynisme.

MONTANT, s. m. Pantalon,--dans l'argot des voleurs.

MONTANTE, s. f. Echelle,--dans le même argot.

MONTER, v. n. S'emporter, se mettre en colère,--dans l'argot du peuple.

_Faire monter quelqu'un._ L'exaspérer, l'agacer.

MONTER A L'ARBRE, v. n. Être le jouet innocent de quelques farceurs qui

font pour vous, homme, ce que d'autres farceurs font pour Martin, ours,

au Jardin des Plantes,--sans réfléchir que, furieux d'être ainsi joué,

vous pouvez leur casser les reins d'un coup de griffe.

On dit aussi _Monter à l'échelle_.

MONTER EN GRAINE, v. n. Vieillir,--dans l'argot des bourgeois, qui disent

cela surtout à propos des filles destinées à coiffer sainte Catherine.

MONTER LA TÊTE (Se), v. réfl. Se donner un courage factice, soit en

buvant, soit en se répétant les outrages qu'on a subis et dont on veut

tirer raison. Argot du peuple.

MONTER LE COUP (Se), v. réfl. Se faire des illusions à propos de

quelqu'un ou de quelque chose; s'attendre à une félicité improbable ou à

une fortune impossible.

On dit aussi _se monter le baluchon_.

MONTER LE COUP A QUELQU'UN, v. a. Le tromper; lui promettre une chose

qu'il désire et qu'on sait ne pas pouvoir lui donner; mentir.

On dit aussi _Monter des couleurs_ et _monter le Job_.

MONTER QUELQU'UN, v. a. L'exciter par des paroles à faire une chose qu'il

ne ferait pas de lui-même.

MONTER SUR LA TABLE, v. n. Lever le masque,--dans l'argot des voleurs,

qui ne font cela que par bravade, comme Lacenaire s'accusant lui-même

d'un crime pour entraîner dans sa chute un complice.

MONTER SUR SES ERGOTS, v. n. S'emporter, faire de violents reproches à

quelqu'un,--dans l'argot du peuple.

On dit aussi _Monter sur ses grands chevaux_.

MONTEUR DE COUPS, s. m. Homme qui vit de mensonges et d'expédients,

chevalier d'industrie; escroc.

MONTEUSE DE COUPS, s. f. Drôlesse qui joue du sentiment avec plus ou

moins d'habileté et s'en fait plus ou moins de revenus.

MONTMORENCY, s. f. Cerises de Montmorency,--dans l'argot du peuple, qui

dit de même _Montreuil_ pour pêche, _Fontainebleau_ pour raisin de

treille, _Valence_ pour orange.

MONTRER LA COUTURE DE SES BAS, Rompre son engagement,--dans l'argot des

cabotins.

MONTRER LES TALONS, v. a. S'en aller, s'enfuir,--dans l'argot du peuple.

MONTRER SON NEZ, v. a. Faire une courte apparition quelque part,--dans

l'argot des employés qui, après avoir montré leur nez à leur ministère,

ne craignent pas de lui montrer aussitôt les talons.

MOQUER COMME DE L'AN QUARANTE (S'en). Complètement, comme d'une année qui

n'arrivera jamais. Argot des bourgeois.

Le peuple dit: _S'en foutre comme de l'an 40_.

MORACE, s. f. Inquiétude, danger, remords,--dans l'argot des voleurs, qui

ont cependant très rarement des «puces à la muette».

_Battre morace._ Crier à l'assassin.

MORASSE, s. f. Dernière épreuve d'un journal,--dans l'argot des

typographes, qui savent mieux que personne être _moracii_, c'est-à-dire

en retard, _morari_.

MORCEAU D'ARCHITECTURE, s. m. Discours lu ou parlé,--dans l'argot des

francs-maçons.

MORCEAU DE GRUYÈRE, s. m. Figure marquée de la petite vérole,--dans

l'argot des faubouriens, qui font allusion aux trous du fromage de

Gruyère.

MORCEAU DE ROI, s. m. Belle fille, jeune et appétissante,--dans l'argot

des bourgeois, parmi lesquels on trouverait sans peine quelques Lebel, si

on en avait besoin pour quelque Parc-aux-Cerfs.

MORCEAU DE SALÉ, s. m. Femme chargée d'embonpoint,--dans l'argot du

peuple.

Se dit aussi de quelqu'un malpropre d'habits ou de discours.

MORCEAU HONTEUX, s. m. Le dernier morceau d'un plat,--dans l'argot des

bourgeois, qui n'osent pas y toucher, malgré les sollicitations de leur

appétit, parce que la «civilité puérile et honnête» le leur défend.

MORDANTE, s. f. Scie, lime,--dans l'argot des voleurs.

MORDRE (Ne pas), v. n. Être sans force, sans esprit, sans beauté,--dans

l'argot des faubouriens et des filles.

On dit aussi, en employant la même ironie: _N'être pas méchant_.

MORDRE (Se faire). Se faire reprendre, réprimander, humilier,

battre,--dans l'argot du peuple.

MORFE, s. f. Repas,--dans l'argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot et

ses dérivés à la vieille langue des honnêtes gens.

MORFIAILLER, v. n. Manger,--dans le même argot, plagiaire de la bonne

langue: «Là, là, là, c'est morfiaillé, cela!» dit Rabelais au _Propos des

beuveurs_.

On dit aussi _Morfer_, _Morfier_ et _Morfiller_.

MORFIANTE, s. f. Assiette.

On dit aussi _Limonade_.

MORFILLER LE DARDANT (Se). Se faire du mauvais sang, _se manger le

cœur_.

MORGANE, s. f. Sel,--dans le même argot.

_Flouant de la morgane._ Escroquerie commise au moyen d'un paquet de sel

et d'un mal de dents supposé.

MORGANER, v. a. Mordre,--dans le même argot.

Signifie aussi Nuire, comme le prouvent ces deux vers de la parodie du

_Vieux Vagabond_ de Béranger, par MM. Jules Choux et Charles Martin:

«Comme un coquillon qui morgane

Que n'aplatissiez-vous l'gonsier?...»

MORICAUD, s. m. Charbon,--dans le même argot.

Signifie aussi Broc de marchand de vin,--qu'un long usage a noirci.

MORICAUD, s. et adj. Nègre, mulâtre,--dans l'argot des faubouriens.

_Moricaude._ Négresse.

MORILLO, s. m. Chapeau à petits bords que portaient les royalistes au

temps de la guerre entre Bolivar et Morillo, c'est-à-dire entre les

Républiques de l'Amérique du Sud et le roi d'Espagne. Les libéraux, eux,

portaient le bolivar.

MORNANTE, s. f. Bergerie,--dans l'argot des voleurs.

MORNE, s. f. Brebis, mouton.

On dit aussi _Morné_, ou plutôt _mort-né_, qui est la véritable

orthographe, parce que c'est la véritable étymologie du mot.

MORNÉE, s. f. Bouchée.

MORNIER, s. m. Berger.

MORNIFLE, s. f. Soufflet, coup de poing,--dans l'argot du peuple.

MORNIFLE, s. f. Monnaie,--dans l'argot des voleurs, qui se la disputent à

coups de poing.

_Mornifle tarte._ Fausse monnaie.

MORNIFLEUR TARTE, s. m. Faux-monnayeur.

MORPHÉE, s. m. Sommeil,--dans l'argot des académiciens et des bourgeois.

_Se jeter dans les bras de Morphée._ Se coucher.

_Être dans les bras de Morphée._ Dormir.

MORPION, s. m. Gamin, enfant désagréable, _irritant_,--dans l'argot du

peuple.

On dit aussi, par respect humain, _morbaque_; mais la première

expression vaut mieux, parce qu'elle est plus franche. Elle se trouve

avec son sens _entomologique_ dans les _Touches_ du seigneur des Accords,

qui dit à Barbasson:

«Tu as ta barbe si rude,

Et les cheveux si épais,

Qu'il semble avoir deux forêts

Où loge une multitude

De morpions et de poux,

Au lieu de cerfs et de loups.»

MORT, s. m. Partner imaginaire à qui l'on réserve des cartes comme s'il

était vivant,--dans l'argot des joueurs de whist et de mistigri.

_Faire un mort._ Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu

de la quatrième--absente.

_Prendre le mort._ Changer les cartes qu'on vous a données, et qu'on

trouve mauvaises, contre celles réservées au partner imaginaire.

MORUE, s. f. Femme sale, dégoûtante,--dans l'argot des faubouriens.

Se dit aussi, comme injure, d'une Femme laide et d'une gourgandine.

MORVEUX, s. m. Gamin; homme sans conséquence,--dans l'argot du peuple,

qui daigne quelquefois _moucher_ ces adversaires-là comme les autres.

MORVIAU, s. m. Le nez,--dans l'argot des faubouriens.

Se dit aussi pour les Mucosités qui sortent du nez.

MOT, s. m. Trait spirituel, repartie plaisante,--dans l'argot des gens de

lettres.

_Faire des mots._ Emailler la conversation de plaisanteries et de

concetti.

MOT DE CAMBRONNE (Le). Ce n'est pas «La garde meurt et ne se rend pas!»

mais tout simplement «Merde!» La phrase propre n'eût peut-être pas été

entendue au milieu du bruit du canon, dans cette mêlée sanglante de

Waterloo; tandis que le mot énergique que tout le monde connaît était la

seule réponse possible en un pareil moment.

MOT DE LA FIN.--La nouvelle à la main, souvent cruelle pour quelqu'un,

par laquelle un chroniqueur doit terminer sa chronique.

MOT DE VALEUR, s. m. Mot ou phrase d'un rôle, qu'un acteur lance avec

finesse ou avec énergie, selon les cas, et qui produit un grand effet sur

le public. Argot des coulisses.

La _Croix de mon père ou de ma mère_,--_Je ne mange pas de ce

pain-là_,--_J'ai l'habit d'un laquais, et vous en avez l'âme_, etc.,

etc., sont des mots de valeur.

MOTIF, s. m. Sujet de paysage,--dans l'argot des artistes.

MOTS, s. m. pl. Injures; reproches,--dans l'argot des ouvriers et des

grisettes.

_Avoir des mots avec quelqu'un._ Se fâcher avec lui.

MOTS GRAS, s. m. pl. Gaillardises,--dans l'argot des bourgeois, dont le

langage est taché de ces mots-là.

MOTTEUX, s. m. Ouvrier en mottes à brûler,--dans l'argot des

faubouriens.

Signifie aussi Marchand de mottes.

MOUCHAILLER, v. n. Regarder, observer sans en avoir l'air,--dans l'argot

des voyous.

MOUCHARD, s. m. Agent de police,--dans l'argot du peuple qui a eu

l'honneur de prêter ce mot à Molière.

Se dit aussi de tout individu qui a l'air d'espionner, de tout ouvrier

qui _rapporte_, etc.

MOUCHARD, s. m. Portrait peint, parce qu'il a l'air de vous regarder, où

que vous vous mettiez.

MOUCHARD A BECS, s. m. Réverbère,--dans l'argot des voyous.

MOUCHARDE, s. f. La lune, qui, de ses gros yeux ronds, a l'air d'assister

au détroussement ou au meurtre d'un homme sur une route.

MOUCHARDER, v. a. et n. Espionner la conduite de quelqu'un.

MOUCHE, s. f. Agent de police,--en général et en particulier.

MOUCHE, s. f. Mousseline,--dans l'argot des voleurs.

MOUCHE, adj. des 2 g. Mauvais, laid, désagréable, _embêtant comme une

mouche_,--dans l'argot des faubouriens.

MOUCHER, v. a. Attraper, donner une correction, un soufflet,--dans le

même argot.

_Se faire moucher._ Se faire battre.

On dit aussi _Se faire moucher le quinquet_.

MOUCHER, v. a. Tuer,--dans l'argot du peuple.

MOUCHER DU PIED (Ne pas se). Avoir le geste prompt et le soufflet facile.

Signifie aussi Avoir des allures de bourgeois, et même de grand seigneur.

On dit dans le même sens: _Ne pas se moucher du coude_.

MOUCHER LA CHANDELLE, v. a. Être décidé à mourir sans postérité.

On dit aussi _Effacer_.

MOUCHER SA CHANDELLE. Mourir.

MOUCHER SUR SA MANCHE (Se), v. réfl. N'avoir pas encore l'expérience

nécessaire, la rouerie indispensable; en être à ses débuts dans la vie.

_Ne pas se moucher sur sa manche._ Être hardi, résolu, expérient,

«malin».

Cette expression est la révélation d'un trait de mœurs certainement

oublié, et peut-être même ignoré de ceux qui l'emploient: elle apprend

qu'autrefois on mettait son mouchoir sur sa manche gauche pour se moucher

de la main droite.

MOUCHERON, s. m. Gamin, enfant, apprenti,--dans l'argot des faubouriens.

MOUCHES D'HIVER, s. f. pl. Flocons de neige.

_Il tombe des mouches d'hiver._ Il neige.

MOUCHETTES, s. f. pl. Mouchoir,--dans l'argot des faubouriens, qui s'en

servent pour les _chandelles_.

MOUCHETTES (Des)! Exclamation de refus, de la même famille que _Des

navets!_Du flan!_ etc.

MOUCHIQUE, adj. Extrêmement _muche_,--dans l'argot de Breda-Street.

MOUCHIQUE, adj. Laid, mauvais,--dans l'argot des voleurs, qui, pour

forger ce mot, n'ont pas dû songer aux _moujiks_ russes de 1815, comme

l'insinue Francisque Michel, mais ont eu certainement en vue leurs

ennemis naturels, les _mouchards_.

_Être mouchique à la section._ Être mal noté chez le commissaire de

police de son quartier.

MOUCHOIR, s. m. Aniterge,--dans l'argot des bourgeois.

MOUCHOIR, s. m. La main,--dans l'argot des faubouriens, qui ont

l'habitude de s'en servir pour _moucher_ les autres et se moucher

eux-mêmes.

Ils s'en servent aussi comme Aniterge.

MOUCHOIR D'ADAM, s. m. Les doigts.

MOUCHOIR DE POCHE, s. m. Pistolet de poche, avec lequel on peut _moucher_

les importuns de nuit à quinze pas. Argot des faubouriens.

MOUDRE, v. a. et n. Jouer de l'orgue de Barbarie ou de la serinette.

On dit aussi _Moudre un air_.

MOUFFLET, s. m. Enfant, gamin, apprenti,--dans l'argot du peuple, qui a

dit autrefois _moufflard_, dérivé du verbe _mouffler_ (enfler le visage),

inusité aujourd'hui.

MOUILLANTE, s. f. Soupe,--dans l'argot des voyous.

MOUILLÉ (Être), v. pron. Être signalé comme suspect,--dans l'argot des

agents de police.

MOUILLÉ (Être), Être ivre,--dans l'argot des faubouriens.

MOUILLER (Se), v. réfl. Boire avec excès.

MOUISSE, s. f. Soupe économique, potage à la Rumfort,--dans l'argot des

voleurs et des troupiers.

MOULE A BLAGUES, s. m. La bouche,--dans l'argot des faubouriens.

MOULE A BOUTONS, s. m. Pièce de vingt francs,--dans l'argot des voyous.

MOULE A CLAQUES, s. m. Figure impertinente qui provoque et attire des

soufflets,--dans l'argot du peuple.

Se dit aussi pour la main, qui distribue si généreusement les soufflets.

MOULE A GAUFRES, s. m. Figure marquée de trous de petite vérole,--par

allusion cruelle aux dessins capricieux des deux plaques de fer qui

servent à faire la pâtisserie légère et croquante qui nous vient des

Flandres et qu'affectionnent les enfants.

MOULE AUX GUILLEMETS, s. m. C'est l'_Huile de cotrets_ des troupiers.

MOULE DE GANT, s. m. Soufflet,--dans l'argot des faubouriens.

MOULE DU BONNET, s. m. La tête,--dans l'argot du peuple, qui parle comme

écrivait Rabelais.

MOULIN, s. m. Maison du recéleur de plomb volé, qu'on appelle le

_meunier_.

MOULIN A CAFÉ, s. m. Orgue de Barbarie, qui semble en effet moudre des

airs. Argot du peuple.

MOULIN A MERDE, s. m. La bouche,--dans l'argot du peuple.

L'expression est horriblement triviale, j'aurais mauvaise grâce à le

dissimuler, mais le peuple est excusé de l'employer par certaine note du

1er volume de _la Régence_, d'Alexandre Dumas.

MOULIN A VENT, s. m. Le _podex_,--dans l'argot facétieux et scatologique

des faubouriens.

MOULINAGE, s. m. Bavardage,--dans l'argot des voleurs.

MOULINER, v. n. Bavarder.

MOULOIR, s. m. La bouche,--dans l'argot des voleurs.

MOUNIN, s. m. Petit garçon, apprenti,--dans l'argot des faubouriens.

MOUSCAILLE, s. f. Le résultat de la digestion,--dans l'argot des voleurs.

Dictionnaire de la langue verte · 第 60 / 143 题