BANQUET DU 17 JANVIER 1841.

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Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Discours d'ouverture de la solennité du 17 janvier, célébrée intérieurement

et extérieurement pour la plus grande gloire du SEIGNEUR, et les plus

ferventes actions de grâce pour l'admission du Frère ... dans le Giron du

saint Ministère; célébrée en une assemblée petite et paisible encore, comme

il convient à ce premier pas de l'œuvre sainte qui s'accomplit dans le

monde extérieur d'une œuvre qui jusqu'à présent était tout entière dons le

monde des esprits.

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Consacrons le moment si saint et si joyeux que notre Seigneur nous a donné

à la considération de si grands et si saints mystères que Dieu, par sa

grâce et sa miséricorde, a daigné nous révéler, mystères qui deviendront la

base sur laquelle nous réglerons toutes nos actions dans l'œuvre qui

approche, qui deviendront la source où nous puiserons nos forces dans un

moment difficile.

[Footnote: _N.B._ Nous avons enfermé quelques phrases du texte dans

des parenthèses semblables à celles-ci [ ], uniquement pour en faciliter

l'intelligence ou en fixer le sens probable.

_Note du traducteur_.]

Représentons-nous l'homme comme la dernière gaîne, comme le dernier point

visible par lequel des nuées d'esprits agissent invisiblement. Ces masses

d'esprits armées sont très diverses, car l'esprit de l'homme, que dis-je,

l'esprit de chaque créature doit s'accorder avec eux pour former une

certaine harmonie prescrite par le décret du Très-Haut.--Des nuées

d'esprits, que l'œil ne peut embrasser, encombrent le globe terrestre,

lesquels ordinairement, en cet état d'esprits, sans enveloppe, sans

organisation, c'est-à-dire _sans vie_ selon la terre, accomplissent

leur pénitence en se façonnant et en attendant que la volonté supérieure

les introduise de nouveau dans cette vie terrestre [qui est la mort pour

tout l'esprit, car elle est la destruction de ses facultés, de ses

caractères, de sa force.],--ou bien, comme les esprits supérieurs, esprits

saints [qui ayant déjà accompli le pélerinage terrestre selon les lois de

l'amour, ne peuvent plus, à cause de leur élévation, demeurer sous aucune

voûte terrestre, ni subir d'opération de cette espèce]. Ils continuent leur

opération à l'état d'esprit, à l'état de liberté et de vie.

--La terre est une vallée, car les esprits inférieurs [d'où les tentations]

occupent exclusivement sa surface.--Mais Dieu ayant, du haut de ses

tabernacles, envoyé Jésus-Christ, a vaincu, dispersé en partie le mal

terrestre, car Jésus-Christ a ouvert le chemin du ciel, a vaincu l'enfer

[c'est-à-dire les esprits inférieurs qui encombrent la terre et la

gouvernent selon leur nature], et cela, en épandant la lumière divine par

sa très sainte doctrine, sa vie, son exemple, et par-dessus tout par ce

souffle saint et divin qu'il souffla sur un petit nombre préparé à cet

honneur.--Aussitôt que cette lumière divine éclaira l'intérieur des hommes,

aussitôt [selon la loi spécifique, loi de la plus sainte harmonie, que Dieu

protège avec le plus de force], les colonnes d'esprits inférieurs, agissant

par leur gaîne, par leur point terrestre, furent obligées de se retirer, et

les esprits supérieurs, subissant la loi de l'harmonie céleste, de prendre

leur place. Alors les colonnes plus pures, en rapport avec le degré de

lumière apportée par Jésus-Christ, s'appuyèrent sur plusieurs points de la

terre, le sceptre fut enlevé à l'enfer, et la Sainte Vierge, important

instrument dans l'œuvre de l'amour du Seigneur, écrasa la tête du serpent.

Aujourd'hui donc, lorsque, par la falsification de la lumière de

Jésus-Christ, ou par son extinction totale, pour n'avoir pas nourri le feu

divin dans nos cœurs, les colonnes obscures se sont de nouveau étendues sur

la terre, par la force de la même loi, Dieu résolut, dans son inextinguible

miséricorde, que non seulement la lumière de Jésus-Christ soit épurée et

attisée (rozzarzone), mais encore qu'elle fût mise en une telle tension,

qu'il s'en allumât une étoile ardente, et que le Feu de l'amour divin, Feu

de la nouvelle Alliance, réjouît la terre assombrie, afin que l'enfer

perdît plus de son sceptre, plus de son pouvoir; car les nuées des mauvais

esprits, ces colonnes obscures, par la force de la même loi sont obligées

de fuir devant l'étoile, tandis que les esprits purs descendent à la

lumière divine.--Et lorsque, d'après la miséricorde révélée pour la terre,

Dieu, en envoyant de ses espaces non terrestres des esprits supérieurs, et

attisant toujours davantage le feu de son amour, l'aura, au temps du

septième Envoyé, le plus activé, et que ce feu aura embrasé la terre: alors

le mal disparaîtra de la terre, _périra_ [selon la sainte expression].

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Puisons ici, ô mes frères, une grande instruction. _La force réside

uniquement dans l'esprit; elle est d'autant plus grande, que celui-ci est

plus élevé, plus pur_. Un seul esprit inférieur ébranle aujourd'hui

toute la Russie et la trouble, et la sainte Vierge, par la force de sa

sainteté, d'un seul signe, imprime sa volonté à des légions de tels

esprits. Tout l'enfer tremble devant Jésus-Christ, qui, à cause de sa

grande sainteté, est léger comme un nuage.

Profitons de la lumière de Jésus-Christ, qui nous est envoyée,

conservons-la tendrement dans nos cœurs, activons-la jusqu'à l'état de feu

de l'étoile; elle est au milieu de notre sombre pèlerinage notre unique

salut, notre égide, notre force, notre défense contre le mal encore si

puissant. Attisons-la par des prières, des actes d'humilité, de contrition,

d'amour; par le travail intérieur, par les efforts [dociskanie sie], le

travail intérieur; et, dans chaque moment, selon l'état de notre âme, la

colonne sombre sera remplacée par une autre lumineuse, et nous fera

descendre la bénédiction du Seigneur, la consolation, la joie de l'esprit;

fera surtout descendre la protection supérieure, la lumière, la force pour

l'œuvre, pour ces actions gigantesques. La lumière et la force matérielles,

terrestres, ne sont rien auprès de la lumière et de la force d'un seul

esprit libre même inférieur; et que dire d'une colonne lumineuse entière,

composée des saints du Seigneur, à la tête de laquelle est Dieu lui-même [ô

grâce inconcevable du Seigneur], que l'on peut s'attirer par un seul

humble, pur et ardent soupir.

L'homme possède la volonté, mais elle est une partie infiniment petite de

ses actions. Souvent Dieu met l'homme en liberté, lui facilite tout, et les

colonnes de lumière et d'obscurité se retirent, et attendent que l'homme

abandonné à lui-même et entièrement libre prenne nécessairement une

direction; et après cette direction prise vers la lumière ou l'obscurité,

les colonnes lumineuses ou obscures en vertu de la loi de l'harmonie, loi

suprême, occupent (encombrent) l'intérieur de l'homme, et le gouvernent

d'après leur nature. Un grand et volontaire assombrissement de l'âme

produit ce fatal effet, que pour longtemps une colonne obscure occupe l'âme

humaine; et un tel homme, d'après les paroles de la révélation, "_est

abandonné an pouvoir du mal_." Un tel malheureux perd sa volonté, car

une colonne sombre occupe (encombre) son esprit. Il a toujours la liberté

de sortir de cet état par un effort intérieur; il peut, au milieu de cet

enfer où il se trouve, faire jaillir une petite lumière, et évoquer, au

moyen de cette petite lumière, une colonne protectrice au sein de son

malheur. Mais cela est presque impossible, car s'il ne l'a pas fait libre

et la grâce aidant, comment y réussira-t-il au milieu d'une atmosphère

infernale. Il arrivera un temps, où, en vertu de la miséricorde divine, il

recevra encore la liberté et le secours de la grâce, et il lui adviendra de

nouveau, suivant l'usage qu'il fera des dons du ciel. Qu'est-ce donc que

notre raison terrestre? qu'est-ce que la doctrine? qu'est-ce que la force

terrestre? Combien, sur notre vrai chemin, la lumière terrestre la plus

haute n'est rien auprès de celle de Dieu, lorsque le plus élevé sur la

terre (d'après les paroles de la révélation) peut, dans la seconde vie,

n'être même pas un homme. Et l'esprit d'un ours ayant quitté les plaines

polaires, peut arriver au comble d'élévation dans la première capitale du

monde. Quelle arme n'est-ce donc pas que la pureté, l'humilité, la

contrition, lorsqu'un seul soupir d'un petit berger fait descendre sur lui

une colonne lumineuse. Ainsi, dans notre position actuelle, lorsque le mal

étreint encore fortement la terre, où trouverons-nous un refuge si ce n'est

dans la pureté et la componction? Après la secousse générale, et l'œuvre

une fois commencée, la puissance du mal diminuera en cédant à la lumière et

étincelante. Après le combat, l'enthousiasme de l'amour divin sera porté à

un si haut degré, que pour quelque temps le mal cédera tout-à-fait,

obéissant à la loi spécifique. Et l'homme (_vir_) dirigeant l'œuvre,

devra avoir l'âme si pure, si ardente, que, par la force de sa colonne

lumineuse [qui descend en vertu de son mérite, de son travail intérieur

continuel] il puisse, en repoussant, vaincre tout l'effort du mal et mettre

l'œuvre sur pied. Tandis que vers son point, comme le plus important,

l'enfer appliquera toute sa puissance. _Les tentations attaqueront

l'homme de la prédestination plus fortement, à mesure que l'esprit

sortira_. [Paroles de la révélation.] Il devra soutenir continuellement

cet état de sainteté, car le mal ferait aussitôt irruption par la colonne

sombre; et cette résistance est la croix de la nouvelle Alliance, le

martyre de l'esprit.

Depuis la création du monde, les colonnes lumineuses n'ont pas lui de

l'éclat dont elles seront douées, en vertu d'un enthousiasme pur pour Dieu,

pendant et après la bataille. Le Mal ayant reconnu une si grande force se

retirera, et tout alors s'accommodera à la volonté de Dieu.

Jésus-Christ racheta le genre humain, car, par sa sainteté, il fit

descendre une colonne lumineuse, et, par celle-ci, il dissipa les ténèbres

épaisses de la terre. L'humilité perce le ciel, parce qu'elle en fait

descendre une colonne lumineuse. La Sainte Vierge écrasa la tête du

serpent, parce qu'elle fut l'instrument si important de l'œuvre de la

dispersion des ténèbres par des colonnes lumineuses. Un grand bien résulte

de l'union dans la prière, car alors plusieurs colonnes lumineuses

composent une atmosphère lumineuse devant laquelle fuient les mauvais

esprits. Cette atmosphère sera générale pendant la bataille, premier

phénomène sur la terre. Et le monde connaîtra la puissance de Dieu. Toutes

les alliances futures seront ordonnées, par rapport à une ardeur toujours

plus grande de l'amour de Dieu dans les cœurs des hommes, et de là

[conformément aux lois de l'harmonie céleste], une descente toujours plus

vaste d'atmosphère d'esprits toujours plus élevés, c'est-à-dire des grâces

du ciel, tellement qu'au temps du septième envoyé de Dieu, la terre

deviendra un ciel. Tel sera l'amour de Dieu, et, par lui, la sanctification

des hommes que cet amour seul peut opérer. Tout globe subit cette loi, et

l'Agneau seul efface les péchés, parce que l'Agneau se dévoue par amour à

être mal reçu par la terre ténébreuse, qui ne comprend pas la lumière. Cet

Agneau, malgré la contradiction des hommes, active en lui-même le feu

divin, fait descendre une colonne sainte, et sauve par là les hommes qui

lui sont hostiles, parce qu'ils gémissent sous la puissance du mal. Et

l'Agneau ne sera reconnu que plus tard, car ce ne sera qu'au temps où cette

lumière se sera implantée et se sera propagée; et l'Agneau de Dieu sera

toujours martyrisé, parce que, par les hommes, les colonnes mauvaises

fondront (fréquentatif, texte) sur lui comme par leurs organes.

Lors donc que nous avons reçu l'ordre de porter secours à la terre,

gémissant sous la puissance du mal, quoique brillant, et cela en faisant

continuellement descendre, durant le prochain ministère, une colonne

lumineuse dans nos cœurs brillants de l'amour de Dieu et du prochain,

tandis que Dieu, sans cette ignition (gorzenie), ne peut, selon son

éternelle loi spécifique, faire descendre la colonne de sa grâce. Rendons

grâce à Dieu de ce que, sa grâce aidant, nous avons pu, au milieu des

contradictions qui nous entourent, comprendre tout entier ce mystère, le

plus important de notre force. C'est une garantie de nos futures destinées.

Souvenons-nous que notre dévouement servira, non seulement la terre, mais

encore le ciel; car les esprits saints, ces grands chérubins [pour qui non

seulement la matière de la terre, des corps, mais encore le monde

surterrestre d'esprits est trop étroit, à cause de leur élévation], ces

grands chérubins ne peuvent quitter la terre n'y ayant pas allumé le feu de

l'amour divin par le moyen de nos cœurs, à cela destinés, ne s'étant donc

pas acquittés de leur devoir envers Dieu en mesure de leur élévation, sont

obligés d'y rester. De là nous viendra l'aide extraordinaire de ces grands

chérubins; ces êtres très saints descendront (fréquentatif, texte) à nous

avec désir d'amour inconcevable, pour nous éclairer, nous fortifier, pourvu

seulement que la loi spécifique le leur permette, c'est-à-dire pourvu que

nous présentions toujours à Dieu des cœurs purs, simples, innocents et

aimants. Et, l'œuvre accomplie, s'ouvrira, à la face de Dieu, cette marche,

la plus auguste, des grands saints quittant le globe terrestre.

Jésus-Christ seul, en sa qualité de père de la terre, ne la quitte point

tout-à-fait. Comme tronc le plus sacré de l'arbre divin sur la terre, il

veillera sur ses sept rameaux; sur beaucoup de globes, il est ce tronc; sa

paternité est grande et vaste. Lorsqu'en leur temps toutes ces branches

reverdiront, alors, d'après les paroles de la révélation, un nuage de sept

esprits, sous la conduite de leur père, de ce tronc de l'arbre divin,

s'abîmera dans le sein du père commun, et cet arbre partiel s'unira à

l'arbre commun de l'amour, d'après les paroles de la révélation.

Beaucoup de fils de ténèbres, c'est-à-dire d'esprits bas, dans le temple

desquelles le rayon de la lumière divine n'a pas jusqu'à présent pénétré,

recevaient des colonnes; car ils ont fait beaucoup, car ils ont fait

énormément, ils ont imprimé les directions aux peuples, ils ont changé la

face de la terre, ce qu'ils n'ont pas fait de leur propre force; mais,

comme cela a lieu toujours, de celle des esprits, de leur grande colonne

ténébreuse;--et jusqu'à présent c'était ordinairement la seule espèce de

grandeur connue sur la terre.--Jésus-Christ manifesta au monde sa grandeur

selon Dieu, c'est-à-dire en faisant descendre la colonne lumineuse. Mais

jamais encore jusqu'ici la colonne lumineuse ne posséda le sceptre de la

terre; la lumière de Jésus Christ combattant encore contre des ténèbres

prédominantes, n'est point arrivée jusqu'ici à ce point de force et de

puissance.--On l'outrageait, on l'étouffait, on la falsifiait, pour se

l'accommoder; hélas! elle servait d'instrument à l'orgueil, et ainsi la

lumière pure de Jésus-Christ n'existait çà et là que mendiante, humiliée et

contrite; le pouvoir, les directions générales étaient en possession

d'esprits ténébreux.--Ceux-ci, par leurs colonnes sombres, gouvernaient la

terre,--et l'esprit des esprits de la terre parcourait librement son vaste

héritage.--Hélas! il n'est venu à l'esprit de personne que Dieu, après deux

mille années lunaires, célestes, fit une si vive réclamation contre le

gaspillage du don de sa grâce et de sa miséricorde, envoyée à la terre par

Jésus-Christ, qu'après cette réclamation une nouvelle grâce et miséricorde

seront répandues, et par suite une plus lumineuse atmosphère terrestre

résultant de ces colonnes lumineuses versées nécessairement à la suite de

cette grâce par la même loi spécifique, le sceptre et les directions de la

terre seront en la possession de la colonne lumineuse.

L'homme vu par le prophète, homme remarquable par le travail au dessus de

tous les travaux de l'esprit, par l'amour des peuples, au nombre

bienheureux de quarante-quatre, reçut déjà l'Ordre Suprême et de faire

cette réclamation et d'effectuer cette grâce nouvelle, et par cette grâce

et par sa force, d'arracher le sceptre à l'esprit de ténèbres de la

terre.--C'est à la moitié du XIXe siècle que tu as réservé, ô Seigneur, cet

honneur, cette joie, ce phénomène inconnu au globe. _Le pouvoir en la

possession de la colonne lumineuse et de la domination de la lumière, de la

vérité et de l'amour_. Mais la terre déprimée, lourde de péchés, suivant

l'expression de la révélation, ne saura pas longtemps retenir cet hôte

céleste, cette lumière envoyée du sein miséricordieux.--Les temps heureux

passeront, le feu de la première sensation se ternira dans les cœurs des

hommes,--et les colonnes ténébreuses se jetteront sur les âmes assombries

comme sur leur proie, et en prendront possession;--car, même dans ce jubilé

bimillénaire de la grâce et de la miséricorde divine, le feu sacré brûlera

seulement sur certains points préparés de la terre, et en brûlant il fera

descendre, par des colonnes saintes, le ciel sur la terre.--Mais à

l'exemple de notre lumière terrestre qui brûle les uns, tandis qu'elle

laisse d'autres pays dans le crépuscule, d'autres encore dans les plus

épaisses ténèbres et le froid, la lumière céleste subira aussi cette

destinée, et au milieu du jubilé de la grâce, le feu brûlant les nations

élues et préparées, ne jettera sur les autres pas même le plus faible

rayon. Cependant, comme le Seigneur l'a assuré, le sceptre sera pour un

certain temps arraché à l'enfer, et alors les pays les plus ténébreux

seront quelque temps entravés et dans l'inaction, alors que la puissance de

leur ténébreux monarque sera retenue par la droite du

Tout-Puissant.--Après cette triste et douloureuse, ô réjouissante pensée!

l'esprit ténébreux de la terre, ébranlé, ne rentrera plus jamais en son

ancienne puissance,--car les élus du Seigneur, ces luminaires futurs de la

terre, connaissant déjà le moyen d'évoquer les colonnes lumineuses, cet

unique bouclier contre les entreprises des ténèbres, feront toujours

désormais chanceler la puissance du mal;--et le pouvoir sur la terre sera à

l'avenir partagé, sera balancé entre l'esprit de lumière et l'esprit des

ténèbres.--Et vous, âmes pures, aimantes, dévorées d'un désir ardent au

milieu des ténèbres, vous aurez déjà, même sur terre, un point lumineux

vers lequel votre âme se dirigeant sera fortifiée. Et même aujourd'hui, la

France présente, si non un point lumineux, au moins un point gris au milieu

des ténèbres du globe,--et cela est déjà le développement élémentaire,

progressif de ta miséricordieuse pensée, ô Dieu!

Ici, mes frères, dirigeons notre attention, calmons le trouble qui agite

notre âme en ce moment.--Pourquoi Dieu, père universel, ce plein et parfait

amour n'existant que pour les créatures, ses enfants, qui se dévoue, qui

n'a rien autre chose à cœur que d'attirer à lui ses créatures; pourquoi, à

côté de ce pouvoir, de cette puissance, étant lui-même un amas de lumière,

n'en laisse-t-il descendre qu'une parcelle sur la terre, et cela encore si

rarement, et pourquoi l'expose-t-il à un si triste sort,--permet son

outrage et le triomphe des ténèbres?--Il a plu au Seigneur, à l'occasion du

prochain jubilé, de découvrir une partie des secrets de ses gouvernements,

afin de nous faciliter par là un pur amour de lui, afin qu'un mystère

n'entravât, ni n'embarrassât pas le cœur qui s'élève.

La terre, comme inférieure aux autres globes, c'est-à-dire destinée à

façonner les esprits inférieurs, subit ce triste sort.--Dans chaque

fabrique il y a des salles, des divisions, affectées aux opérations plus

basses.--Le maître de l'œuvre en regardant ce premier dégrossissage de la

matière brute, se réjouit dans l'âme par la vue du dernier produit,--car il

n'y a que lui seul qui voie combien cette série d'opérations est

nécessaire, et se trouve sur la voie du terme de ses produits,--et au

milieu des ordures de l'opération plus basse son élan d'amour est le même

que pour le produit achevé de sa mécanique,--c'est là le caractère du

maître.--Celui-là qui par amour pour le dernier produit n'aime pas les

saletés de l'opération plus basse, celui-là n'est pas maître.--Qui n'aime

pas le soldat, ne vit pas avec le soldat, ne s'unit pas avec lui dans la

même cause pour laquelle il combat, celui-là n'est pas chef. Dieu se

gouverne d'après certaines lois de justice, et ne les enfreint pas.--La

constitution donnée au globe est intacte pendant des siècles.--Pendant des

siècles, rien des plus petites choses n'a dévié de l'épaisseur d'un petit

cheveu des ornières tracées, et à plus forte raison le façonnement et le

progrès des créatures, à plus forte raison la formation, l'extension et

l'embrasement de la lumière et du feu divin sur le globe, sont soumises au

plus stricte règlement, car toute transgression pourrait être injurieuse à

la sainteté divine.--Rien de souillé n'entrera au royaume céleste.

Dans cette très sainte constitution il est écrit:--L'amour, le plus saint

des sentiments, doit être reçu volontairement par la créature,--de cette

pleine spontanéité dépend la sainteté de l'amour partant de Dieu qui n'est

que l'amour même.--L'amour exigé, imposé, ordonné, même par la

toute-puissance de Dieu, cesserait d'être amour, perdrait sa sainteté, son

éclat céleste.--Quand nous aurons senti cet être, nous sentirons pourquoi

le Seigneur, le tout-puissant qui, d'un seul signe de sa volonté, ébranle

les globes, peut les élever et les détruire, pourquoi fait-il tant d'effort

pour gagner un seul soupir d'un seul ver de terre?

Permettez, ô Seigneur, que je me serve d'une comparaison triviale pour

faciliter à mes frères la conception de ta loi fondamentale.--Le fier

potentat de l'Orient, dont un signe de volonté décide de la vie ou de la

mort de millions d'esclaves, ne se contente pas d'hommages forcés, mais il

dépose toute sa puissance et tout son orgueil, il sacrifie tout, pour

conquérir un seul mouvement libre du cœur, de l'amour de la part d'un seul

être faible.--Cette comparaison, cette explication des choses plus élevées

par des choses plus basses, mais soumises aux mêmes lois du Seigneur, nous

montre combien l'amour dépend de la spontanéité, comment il doit être une

fleur odorante soigneusement élevée par notre cœur lui-même, aussi n'est-ce

que pour cela que Dieu, ce maître suprême de l'amour, se dévoue au mépris

pour obtenir de ses créatures, même après des siècles, un mouvement du cœur

en sa faveur, tant faible soit-il.--Et dans le deuxième article de cette

loi la plus sacrée, il est écrit:--Que les créatures ne peuvent s'ennoblir

et approcher du Créateur par rien autre chose que par ce seul

mouvement.--Il résulte de la nature de la chose qu'il n'y a point d'autre

chemin par lequel Dieu puisse conduire les héritiers de la gloire future à

l'héritage qui leur est destiné.

Oui, Seigneur! vous êtes pressé par la réalité de cette loi la plus sacrée,

et, quoique votre amour donne des millions de moyens pour nous faciliter le

chemin du salut, il ne peut cependant nous sauver sans nous, sans cette

spontanéité, sans ce mouvement propre, sans cette fleur de notre propre

champ.

Dans l'immensité d'œuvres divines, la force est uniquement dans l'esprit,

et l'esprit, dans son enveloppe, dans sa vie terrestre, perd sa force; et

les hommes faisaient beaucoup et peuvent faire beaucoup en s'unissant, en

faisant descendre des colonnes d'esprits forts, des colonnes plus

lumineuses ou plus sombres en rapport avec l'état de leurs âmes, comme nous

l'avons vu: c'est ainsi que Moïse, en priant, c'est-à-dire évoquant une

colonne très puissante, puisqu'elle était sainte, quoique faible

extérieurement, puisque sans secours il ne pouvait pas élever les bras, il

ne laissait pas de diriger le sort de la bataille.

Pour un seul juste, pour ses mérites, Dieu épargne un pays, une ville; car

ce juste, par son intérieur pur, amène une colonne sainte qui défend ce

pays, cette ville des entreprises du mal; tandis que précisément sans ce

seul homme, conséquemment à la loi de l'inviolable constitution, la colonne

supérieure ne pourrait venir en aide. Lors donc que tout dépend du

mouvement de notre âme pour Dieu, considérons que sont toutes espèces de

formes, que sont les confessions, que sont les communions sans ce

mouvement. Ah! que dis-je? que sont ces formes qui nous étourdissent sur la

voix de ce père aimant qui nous sollicite à ce mouvement attendu par lui,

ces formes qui étouffent les inquiétudes de la conscience? c'est lorsque le

mal tourne à son profit les moyens donnés par Dieu, lorsque, dans les

temples du Seigneur, des fumées noires s'élèvent pour Satan, que le

triomphe du mal est accompli. Mais, ô vaines entreprises! elles ne sont

rien ces vertus froides, mortes; ces prières, ces formes, ces fondations

sans nombre, etc., il n'y a que d'écouter Dieu appelant par la voix de son

vicaire: _Mon fils, donne-moi ton cœur_; qu'une seule émotion, qu'une

illumination de l'âme qui peut nous amener une colonne d'esprits saints,

d'où la grâce, la bénédiction et le Ciel.

Jusqu'à présent, les hommes voulaient acquérir le Ciel, évoquer une colonne

sainte au prix de ce que Dieu leur avait donné, en se ménageant eux-mêmes,

en se satisfaisant, et par là obscurcissant leur âme, et s'unissant

toujours, dans les affaires de la vie, avec la colonne ténébreuse et les

colonnes lumineuses, descendant dans les cœurs d'un petit nombre de purs,

n'étaient pas employées au service; il n'y avait que des cellules de

cloîtres ou des misérables cabanes qui aient été l'habitation de la grâce.

Sur un échelon plus élevé de la société, la colonne sainte n'a point encore

brillé. Aussi le monde exalte aujourd'hui celui qui, d'un échelon plus

élevé, ayant reçu un appel de Dieu, une sainte tension pour les œuvres,

pour le ministère, les tourne en formalités, s'en sert pour se chatouiller

par la prière, qu'il prend pour but et non pour moyen de servir le

Seigneur. Aujourd'hui, Dieu a donné des ordres pour que les colonnes

lumineuses se présentent sur terre au service actif, pour défendre contre

le mal la plus sainte œuvre du Seigneur.

Ayant reçu ces ordres très saints d'un recoin de la Lithuanie, je me suis

hâté pour te les déclarer à toi, frère, et t'appeler à l'œuvre au nom des

ordres suprêmes. Ne scrutons pas les destins pour quoi Dieu nous commet, à

nous indignes, une œuvre si grande, l'œuvre de son amour; ne le sondons

pas, mais appliquons tous nos forces à l'accomplissement de la volonté

suprême. À une autre époque, nous eussions été obligés de nous cacher dans

les murs d'un cloître avec l'étincelle qui nous anime.

Aujourd'hui que la grâce du Très-Haut nous appelle à l'action qui nous

attend au milieu de l'orage du monde, nous devons nous enfermer dans le

cloître de notre intérieur, pour que le mal qui nous guette ne puisse faire

irruption derrière nos grilles, et nous amener une colonne ténébreuse qui

pût faire chanceler l'œuvre. Jésus-Christ est notre défense comme père et

source de toute lumière que Dieu fait descendre sur la terre, et dans cette

œuvre, il est, _après Dieu_, le premier agent. Viennent après, ces

grands chérubins, ces saintes armées d'esprits. Et nous, nous constituons,

de par la volonté suprême, le dernier échelon de cette colonne; nous en

sommes surtout l'orifice, par lequel la force divine, invisible, doit se

manifester visiblement à la terre. Et toi, esprit de Napoléon, par un

privilège spécial, tu es l'avant-dernier dans cette sainte colonne. Il

t'est permis de vivre, d'agir sur la terre, sans cesser d'être un pur

esprit; il t'est permis de t'unir et de porter secours à tes instruments

terrestres, pour que ta nation te reconnaisse, et, habituée à ta direction,

avide d'elle, accomplisse l'œuvre prescrite par le Seigneur, selon qu'il a

plu au Seigneur de manifester en cela sa très sainte volonté et ses

dispositions. Lorsque nous sommes élevés à la gloire et à la grâce, de

manière que c'est par nous que doit se répandre la miséricorde divine, ah!

souvenons-nous à chaque instant qu'un dépouillement complet, un détachement

de tout ce qui est humain, de toute souillure, peut-être le caractère de

cet orifice, le plus _petit trouble peut arrêter la colonne; car Dieu ne

changera pas sa loi spécifique_. Beaucoup d'hommes (_viri_) qui

gémissent aujourd'hui, ont arrêté la source de la grâce divine par leur

impureté. Maintenant, d'après la volonté suprême révélée, la grâce arrêtée

par l'un sera incontinent avancée par l'autre; car l'œuvre de la

miséricorde divine doit être accomplie, parce que cette œuvre, préparée

depuis des siècles, et, suivant saint Jean, tracée d'un Barde et confiée à

ses serviteurs pour être exécutée; les serviteurs supérieurs ont manifesté

cette volonté suprême aux inférieurs.--Je suis le premier qui ai reçu cet

ordre sur la terre et en même temps la volonté suprême de te manifester à

toi, frère, les secrets du Seigneur, et de te recevoir compagnon au

service, _de donner au frère le fils du frère_ (paroles de l'ordre de

saint Jean), ce qui s'est accompli dans la période de dix-sept jours, du 24

décembre au 10 janvier, et le 11, Dieu révéla que sa volonté a été remplie.

Aujourd'hui donc, après les actions de grâce adressées au Seigneur, pour

nous avoir regardé d'en haut, nous, indignes, il nous est permis de nous

réjouir en esprit et de nous féliciter réciproquement de cette grâce et

miséricorde divine répandue sur nous. Et à nous, hommes, coopérant à

l'œuvre de l'esprit, il nous est permis de vider la coupe avec un ardent

soupir, pour la prospérité de l'œuvre et de notre patrie. Première coupe de

ce genre sur la terre; car il n'y eût point encore de tel service sur la

terre et par conséquent de telle coupe, en nous souvenant qu'il est permis

à l'homme de renouveler la sainte cène du Seigneur en élevant l'esprit.

Banquet du 17 janvier 1841 · 第 3 / 7 题