SAINTE PÉTRONILLE, VIERGE

(31 mai)

Pétronille, dont la vie nous a été racontée par saint Marcel, était la

fille de l’apôtre saint Pierre; et celui-ci, la voyant trop belle,

obtint de Dieu qu’elle souffrît de la fièvre. Or un jour, comme ses

disciples étaient auprès de lui, Tite lui dit: «Toi qui guéris tous les

malades, pourquoi ne fais-tu pas que Pétronille se lève de son lit?» Et

Pierre lui répondit: «Parce que cela me convient ainsi!» Ce qui ne

signifie nullement, d’ailleurs, qu’il n’ait pas eu le moyen de la

guérir; car, aussitôt, il lui dit: «Lève-toi, Pétronille, et viens vite

nous servir!» La jeune fille, guérie, se leva et vint les servir. Mais,

quand elle eut fini, son père lui dit: «Pétronille, retourne dans ton

lit!» Elle y retourna, et fut tout de suite reprise de sa fièvre. Et

plus tard, lorsqu’elle commença à être parfaite dans l’amour de Dieu,

son père lui rendit la parfaite santé.

Alors un seigneur, nommé Flaccus, frappé de sa beauté, vint la demander

en mariage. Et elle répondit: «Si tu veux m’épouser, envoie-moi des

jeunes filles qui me conduisent jusque dans ta maison!» Mais quand elles

furent arrivées, Pétronille se mit à jeûner et à prier, communia, se

coucha dans son lit, et, après trois jours, rendit son âme à Dieu.

Alors Flaccus, se voyant déçu, s’adressa à une compagne de Pétronille

appelée Félicula, la sommant de se marier avec lui ou de se sacrifier

aux idoles. La jeune fille s’étant refusée à faire aucune de ces deux

choses, Flaccus la jeta en prison, où elle resta sept jours sans manger

ni boire; puis il ordonna qu’elle fût torturée sur un chevalet et que

son corps fût jeté à la voirie. Saint Nicodème en retira ses restes et

les ensevelit: ce qui lui valut à son tour d’être emprisonné, frappé de

lanières plombées, et jeté dans le Tibre, d’où le clerc Juste retira ses

restes pour les ensevelir honorablement.

La légende dorée traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits, avec une introduction, des notes, et un index alphabétique · 第 162 / 371 题