SAINT SECOND, MARTYR

(30 mars)

1. Second était un vaillant soldat, en même temps qu’un admirable

chevalier du Christ, pour qui il souffrit glorieusement le martyre dans

la ville d’Asti; et, aujourd’hui encore, cette ville s’honore de son

souvenir et le vénère comme un saint patron. Il fut d’abord instruit

dans la foi du Christ par le bienheureux Calocérus, que le préfet

Sapritius avait fait enfermer dans la prison d’Asti. Or comme, un jour,

ce Sapritius se préparait à sortir d’Asti pour se rendre à Tortone et

pour y présider à l’exécution d’un autre prisonnier chrétien, le

bienheureux Marcien, Second lui demanda de pouvoir l’accompagner,

soi-disant pour se distraire, mais en réalité pour voir Marcien. Et

voici qu’au sortir des murs d’Asti une colombe descendit sur le casque

de Second; et Sapritius dit à son compagnon: «Vois-tu, Second, comme nos

dieux t’aiment? Ils te font rendre hommage par les oiseaux du ciel!»

Plus tard, quand ils arrivèrent au fleuve Tanaro, Second vit un ange qui

marchait sur l’eau et qui lui disait: «Second, aie la foi, et tu

marcheras de même sur les adorateurs des idoles!» Et Sapritius: «Mon

frère Second, j’entends les dieux qui t’adressent la parole!» Et quand

ils arrivèrent à un autre fleuve, nommé la Bormida, de nouveau un ange

leur apparut, marchant sur les eaux; et il dit à Second: «Crois-tu en

Jésus, ou bien doutes-tu?» Et Second répondit: «Je crois à la vérité de

sa passion!» Et Sapritius dit: «Qu’entends-je là?». En arrivant à

Tortone, ils virent sur la porte de la prison le bienheureux Marcien,

qui, mis en liberté par un ange, dit à Second: «Second, entre dans la

voie de vérité, et marches-y, et tu recevras la palme de la foi!» Et

Sapritius lui dit: «Qui est cet homme, qui nous parle ainsi comme en

songe?» Et Second répondit: «Ce qui te fait l’effet d’un songe est pour

moi un avertissement et une consolation!»

II. Second se rendit ensuite à Milan; et, devant les portes de la ville,

il rencontra Faustin et Jonitas, qui eux aussi étaient prisonniers pour

leur foi, mais qu’un ange avait fait sortir de la prison et conduits

jusque-là. Et ces deux saints hommes le baptisèrent avec l’eau d’un

nuage qui se changea en pluie. Alors voici soudain qu’une colombe

descendit du ciel, apportant une hostie consacrée, qu’elle donna à

Faustin et à Jonitas, qui, à leur tour, la remirent à Second, en le

chargeant d’aller la porter au bienheureux Marcien. Second rebroussa

chemin; et, la nuit, comme il était parvenu au bord du Pô, un ange vint

au-devant de lui, prit son cheval par la bride, et lui fit traverser les

eaux du fleuve comme sur un pont; puis, à Tortone, il fit entrer Second

dans la cellule où Marcien était revenu s’enfermer. Ainsi Second put

remettre à Marcien la sainte hostie; et Marcien, la prenant, dit: «Que

le corps et le sang du Seigneur soient avec moi dans la vie éternelle!»

Puis, sur l’ordre de l’ange, Second sortit de la prison et se rendit à

son hôtellerie. Et, le lendemain, lorsque Marcien eut subi le martyre,

Second enleva son corps et l’ensevelit.

III. Ce qu’apprenant, Sapritius le fit venir et lui dit: «A ce que je

vois, tu fais profession d’être chrétien?--Oui.--Aspires-tu donc à

mourir dans les supplices?--C’est toi, plutôt, qui mériterais de mourir

ainsi!» Puis, comme il se refusait à sacrifier aux idoles, le préfet le

fit dépouiller de ses vêtements, mais aussitôt un ange s’approcha de lui

et le couvrit d’un manteau. Sapritius le fit alors suspendre sur un

chevalet, et ordonna qu’il fût torturé jusqu’à ce que se rompissent

toutes les articulations de ses bras; mais, de nouveau, le Seigneur lui

rendit aussitôt la santé. Le préfet, exaspéré, le fit enfermer dans la

prison. Mais là un ange lui apparut qui lui dit «Lève-toi, Second, et

suis-moi! Je te conduirai vers ton Créateur.» Puis l’ange le conduisit

jusqu’à la ville d’Asti et le fit entrer dans la prison ou se trouvait

Calocérus; et le Sauveur y était aussi. L’apercevant, Second se jeta à

ses pieds. Mais le Sauveur: «Ne crains rien, Second, car je suis ton

Maître, et je t’arracherai à tous les maux!» Après quoi, les ayant

bénis, il remonta au ciel.

IV. Or le lendemain matin, à Tortone, les gardes envoyés par Sapritius

trouvèrent la prison fermée comme la veille, mais n’y trouvèrent plus

Second. Sapritius revint alors à Asti. Afin de châtier au moins

Calocérus, il se fit amener celui-ci; mais voilà qu’on lui annonce que

Second est dans la prison avec Calocérus! Le préfet les fit donc venir

tous deux, et leur dit: «Ce sont nos dieux qui, sachant que vous les

dédaigniez, veulent que vous périssiez ensemble!» Et, sur leur nouveau

refus de sacrifier aux idoles, il leur fit répandre sur la tête et dans

la bouche un mélange de poix et de résine bouillante. Mais eux, ils

buvaient ce mélange comme une eau délicieuse, et disaient d’une voix

claire: «Seigneur, que tes dons sont doux à ma gorge!» Enfin Sapritius

ordonna que tous deux fussent décapités, Second à Asti, et Calocérus

dans la ville d’Albenga. Et, aussitôt que saint Second eut été décapité,

des anges enlevèrent son corps, et l’ensevelirent avec beaucoup de

chants et de louanges. Ce martyre eut lieu le troisième jour des

calendes d’avril.

La légende dorée traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits, avec une introduction, des notes, et un index alphabétique · 第 118 / 371 题