SAINT AMAND, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR

(6 février)

Né de parents nobles, Amand se fit moine dès sa jeunesse. Se promenant

dans son monastère, il vit un serpent: il pria Dieu, fit le signe de la

croix, et obtint que la bête rentrât dans son nid pour n’en plus jamais

sortir. Il se rendit, plus tard, au tombeau de saint Martin et y resta

quinze ans, couvert d’un cilice, et sans autre aliment que de l’eau et

du pain d’orge.

S’étant rendu à Rome, il voulut prier toute la nuit dans l’église de

saint Pierre; mais le gardien de l’église le chassa brutalement. Alors

le saint s’endormit devant la porte, et saint Pierre lui apparut, qui

lui ordonna de se rendre en Gaule pour y faire honte de ses crimes au

roi Dagobert. Mais ce roi, irrité, lui enjoignit tout de suite de sortir

de son royaume.

Cependant Dagobert, qui se désolait de n’avoir pas de fils, finit par en

obtenir un, à force de prières; et l’idée lui vint de faire baptiser son

fils par saint Amand. Il fit donc rechercher celui-ci, se prosterna à

ses pieds, le supplia de lui pardonner et de baptiser le fils que le

Seigneur lui avait accordé. Le saint consentit volontiers à la première

de ces demandes, mais se refusa à la seconde, ne voulant se mêler en

rien aux choses séculières. Il céda pourtant aux instances du roi; et,

au moment où il baptisait l’enfant, celui-ci lui répondit à haute voix:

_Amen_. Le roi le promut alors à l’évêché de Maestricht. Mais comme

saint Amand voyait qu’on y faisait peu de cas de sa prédication, il se

rendit en Gascogne. Là, un jongleur qui se moquait de ses paroles fut

envahi du démon et se déchira de ses propres dents, avouant qu’il avait

fait injure à un homme de Dieu.

Certain évêque fit garder l’eau dans laquelle saint Amand s’était lavé

les mains; et cette eau rendit, plus tard, la vue à un aveugle. Une

autre fois, le saint, avec l’approbation du roi, voulut faire construire

un monastère en un certain lieu; et l’évêque d’une ville voisine, à qui

ce projet déplaisait, envoya ses serviteurs pour chasser le saint, ou

même pour le tuer. Et les serviteurs, abordant le saint, lui dirent par

ruse qu’ils le conduiraient dans un autre lieu plus convenable encore

pour la construction. Et le saint devina leur malice; mais, ayant soif

du martyre, il les suivit jusqu’au haut d’une montagne où ils se

proposaient de le tuer. Or, voici qu’une pluie et un brouillard si épais

couvrirent la montagne que les serviteurs de l’évêque ne se voyaient pas

les uns les autres. Ils crurent qu’ils allaient mourir et, prosternés

aux pieds du saint, ils le supplièrent d’obtenir de Dieu de s’en aller

vivants. Et, sur la prière du saint, le beau temps reparut, et les

serviteurs de l’évêque s’en retournèrent chez eux; et saint Amand fit

encore beaucoup d’autres miracles avant de s’endormir dans la paix du

Seigneur. Ce saint florissait vers l’an 653, sous le règne d’Héraclius.

La légende dorée traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits, avec une introduction, des notes, et un index alphabétique · 第 91 / 371 题