La quinquagésime a été instituée comme complément, comme signe, et comme
représentation.
1º Nous devrions jeûner pendant quarante jours, à la ressemblance du
Christ, et en réalité nous ne jeûnons que pendant trente-six jours, car
les dimanches sont libres de jeûnes. Et les dimanches sont libres de
jeûnes tant à cause de la joie de la résurrection qu’à cause de
l’exemple du Christ, qui, le jour de sa résurrection, a mangé deux fois,
à savoir avec les disciples d’Emmaüs, et avec ses disciples réunis à
Jérusalem, quand il est entré chez eux toutes portes fermées. En
compensation de ces quatre jours, perdus pour le jeûne, l’Eglise a
institué les quatre derniers jours de la quinquagésime, puis le clergé,
voulant donner au peuple l’exemple de la sainteté, a résolu de jeûner
encore pendant les deux jours précédant ceux-là; et ainsi s’est trouvée
constituée une semaine entière de jeûne, que le pape Telesphore a
sanctionnée, comme le dit saint Ambroise, sous le nom de quinquagésime.
2º La quinquagésime signifie le temps de la rémission des péchés; car,
tous les cinquante ans, avait lieu une année de jubilé, où les dettes
étaient remises, où les esclaves étaient libérés, et où tous rentraient
en possession de leurs biens.
3º Enfin la quinquagésime représente l’état de béatitude. Car, tous les
cinquante ans, les esclaves étaient libérés; cinquante jours après
l’immolation de l’agneau, la loi fut donnée; et c’est cinquante jours
après Pâques qu’est descendu l’Esprit-Saint.
L’épître et l’évangile de la quinquagésime nous enseignent que trois
choses sont nécessaires, pour que l’œuvre de la pénitence soit parfaite:
1º la charité, qui nous est recommandée par l’épître; 2º le souvenir de
la passion du Seigneur, et, 3º la foi, qui nous sont recommandés dans
l’évangile, par le récit du miracle de l’aveugle guéri.