Il y a en service actif: 77 amiraux, 741 officiers supérieurs, 2.126
officiers, 7.857 sous-officiers, 29.667 marins. Avec la 1re et la 2e
réserves on arrive à 39.103 hommes d’équipage (non compris les
officiers). (Chiffres de 1908.)
La marine japonaise a, pour ses constructions et ses réparations, quatre
ports militaires sur le modèle des nôtres:
Yokosuka, près de Yokohama, dans la baie d’Yedo;
Kure, dans la province d’Aki, près de Hiroshima;
Sasebo, dans la province de Hizen, près de Nagasaki;
Maidzuru, province de Tango, sur la mer intérieure.
Le budget de 1907-1908 comprenait des crédits s’étendant sur la période
1907 à 1913-1914, destinés à couvrir le reliquat des dépenses de guerre
et s’élevant à 437.500.000 francs; plus une somme de 191.442.500 francs
qui devait, pendant la même période, remplacer les unités de combat qui
seraient rayées de la liste de la flotte. Mais on avait compté sans la
mauvaise situation financière qui ne permettait pas un tel effort
immédiat, et les crédits ci-dessus se sont vus réduits: le premier de
114.528.574 fr.; le deuxième à 77.945.325 francs.
Les cuirassés _Aki_ et _Satsuma_ sont venus augmenter la flotte de
combat d’unités nouvelles; le _Mikasa_, qui avait sauté et coulé, a été
refondu complètement, et les navires russes pris à Port-Arthur ont été
modifiés en les modernisant. De nouveaux croiseurs, _Tsukuba_ et
_Ikumo_, sont également entrés en service; les constructions neuves ne
chôment pas dans les arsenaux qui ont déjà mis à l’eau le _Satsuma_ et
l’_Aki_ et sont en mesure de livrer un bâtiment aussi bien que n’importe
quel arsenal d’Europe ou d’Amérique.
Actuellement la marine japonaise est la troisième du monde, après
l’Angleterre et l’Allemagne; après elle viennent les États-Unis, et
nous, qui, il y a quelques années encore, tenions brillamment le second
rang, après l’Angleterre, nous voici relégués au cinquième!
V.--A ce résumé des forces japonaises de terre et de mer, je n’ajouterai
qu’une réflexion: Après la guerre du Japon contre la Chine, l’empereur
Guillaume II lança son fameux tableau représentant les puissances
occidentales serrées les unes contre les autres en face du péril jaune
s’avançant à grands pas. Au-dessous il avait inscrit ces mots: «Peuples
d’Europe défendez vos biens les plus sacrés.» On a souri, mais qui sait?
L’avenir répondra. Le présent n’a-t-il pas déjà un peu répondu?
On ne peut nier, en tout cas, que le Japon, en se préparant d’une façon
si formidable, ne se conforme bien soigneusement et exactement au _si
vis pacem, para bellum_.