1 kwan. 3 kilog. 75. 8,26 l. avoir du poids.
1 kin. 6 hectog. 900. 1,32 --
1 momme. 3 grammes 75. 2,11 drams.
Ou bien:
10,04 livre troy.
1,60 --
2,41 pwts.
N.-B.--Je n’ai pas tenu compte des décimales extrêmes.
II.--Le Japon est un pays à étalon d’or. L’unité monétaire est le yen,
qui vaut actuellement 2 fr. 55. (Change moyen; il va quelquefois à 2 fr.
60 ou 2 fr. 65). On ne voit, d’ailleurs, jamais d’or dans le pays; car
l’or sert à payer l’étranger pour les intérêts de la dette et les achats
du Gouvernement. On trouve également peu de yen d’argent, la monnaie
courante est le papier en coupures de 1, 5, 10, 25, 50, 100, 1.000 yen
et aussi de 50 sen et 20 sen, quoique, cependant, la monnaie
divisionnaire en argent soit généralement abondante.
1 yen = 100 sen = 2 fr. 55.
1 sen = 10 rin
1 rin = 10 mon
Le rin est encore en usage comme le centime chez nous, et il est frappé
en cuivre; quant au mon c’est une vieille monnaie chinoise (sapèque)
qu’on n’emploie plus effectivement, mais qu’on trouve encore en usage
dans le langage de certaines provinces.
Il existe des pièces de nickel de 5 sen.
III.--Le service postal se faisait, autrefois, par les postes
françaises, anglaises et américaines établies à Yokohama et dans les
autres ports ouverts. En 1871, un premier service postal fut organisé
par le Gouvernement impérial entre les grandes villes de l’Empire; et,
six ans plus tard, en 1877, le Japon fit partie de l’Union postale
universelle; malgré cela, la France et l’Angleterre gardèrent encore
leurs bureaux particuliers jusqu’en 1879, époque à laquelle elles y
renoncèrent définitivement.
Actuellement, le service postal est fait, au Japon, comme dans tous les
autres pays du globe, très bien fait même et avec minutie.
Taxes locales.--Lettres: 3 sen pour 4 momme ou fraction.
Cartes-lettres: 3 sen pour 4 momme ou fraction.
Cartes postales: 1 sen 1/2.
Journaux et magazines; livres; photographies; papiers commerciaux;
peintures; échantillons; manuscrits; cartes, etc..., 2 sen pour 30
momme;
Graines et produits agricoles: 1 sen pour 30 momme ou fraction.
Il existe au Japon ce qu’on appelle _distribution rapide_, pour les
articles recommandés et les articles avec valeur déclarée: cette
distribution est faite moyennant le payement de 20 sen pour un article
adressé dans un rayon de 20 ri du bureau-poste. Hors de cette distance
de 20 ri, il est exigé un payement de 15 sen par ri ou fraction; si
l’article à délivrer est adressé à une personne vivant à bord d’un
bateau, le payement du bateau est exigé en sus;
Recommandation: 7 sen par article;
Assurance de bijoux et matières d’or et d’argent, et pierres précieuses:
15 sen pour une valeur déclarée ne dépassant pas 10 yen; au delà de 10
yen, 5 sen pour chaque 10 yen ou fraction en sus.
Colis postaux locaux.--Pour l’intérieur du Japon jusqu’à 1.600 momme
seulement; pour Formose et Karafuto (Sakhalin) 1.500 momme; 36 et 54 sen
respectivement.
Pour le Japon:
jusqu’à 200 momme 8 sen
-- 400 -- 12 --
-- 600 -- 16 --
-- 800 -- 20 --
-- 1000 -- 24 --
-- 1200 -- 28 --
-- 1400 -- 32 --
-- 1600 -- 36 --
Pour Formose et Sakhalin:
jusqu’à 200 momme 30 sen
-- 400 -- 35 --
-- 600 -- 40 --
-- 800 -- 50 --
-- 1200 -- 60 --
-- 1500 -- 70 --
Pour ces deux derniers pays on n’accepte que des colis recommandés ou de
valeur déclarée.
Tous les règlements japonais sont applicables aux ports Japonais en
Corée et en Chine.
Mandats-poste:
Pour 10 yen taxe 6 sen
-- 20 -- -- 10 --
-- 30 -- -- 15 --
-- 40 -- -- 18 --
-- 50 -- -- 22 --
Mandats télégraphiques:
Pour 10 yen taxe 30 sen
-- 20 -- -- 35 --
-- 30 -- -- 40 --
-- 40 -- -- 45 --
-- 50 -- -- 50 --
La somme maxima qui peut être expédiée dans les deux cas est 50 yen.
Pour l’étranger.--Lettres 10 sen pour 20 grammes ou fraction; 6 sen pour
chaque 20 grammes ou fraction en sus;
Cartes postales: 4 sen;
Imprimés: 2 sen par 50 grammes;
Papiers commerciaux: 10 sen pour les 50 premiers grammes; 2 sen pour
chaque 50 grammes ou fraction en sus;
Échantillons: 4 sen pour les 50 premiers grammes; 2 sen pour chaque 50
grammes ou fraction en sus;
Recommandation: 10 sen;
Distribution spéciale: 12 sen pour un article ordinaire; 20 sen pour un
colis postal;
Accusés de réception: 5 sen.
Les imprimés et papiers commerciaux doivent avoir:
Poids: 2 kilogs.
Dimension: 45 centimètres.
Les rouleaux peuvent avoir 75 centimètres de long et 10 centimètres de
diamètre.
Les échantillons doivent avoir:
Poids: 350 grammes;
Dimensions: 30 centimètres de long
20 -- de large
20 -- de profondeur.
Les rouleaux: 30 -- de long
15 -- de diamètre.
Les colis postaux sont pris pour tous les pays de l’Union postale avec
un maximum de 1.333 momme et un taux variant de 1 yen 50 sen à 2 yen 50
sen.
La poste Japonaise accepte aussi des mandats-poste pour toute l’Europe,
les États-Unis et les principales possessions européennes avec un
maximum de 1.000 francs pour le Continent Européen; 100 dollars pour les
États-Unis et le Canada.
Taxe: 1 sen par 50 francs.
Le service postal est extrêmement bien fait au Japon et on n’y perd
jamais une lettre; si vous avez changé cinq ou six fois d’adresse, la
lettre vous suivra exactement portant cinq ou six petites bandes de
papier, où, chaque fois, le facteur a marqué votre changement de maison;
dans ce service l’administration méticuleuse triomphe, et il faut bien
dire qu’aucune poste n’est aussi fidèle, pour la remise des
correspondances, que la poste japonaise. Peut-être certaines
correspondances cependant subissent-elles quelque retard dans la
distribution, mais ceci n’appartient pas à notre sujet.
Certains objets sont interdits au Japon et ne sont pas admis en
transport postal:
L’opium et tout ce qui sert à fumer l’opium; la morphine et les dérivés
de l’opium sont absolument interdits. Ne sont pas admis au transport
postal: les imprimés ou envois de toute nature ayant un caractère
immoral; les matières d’or, d’argent, les pierres précieuses, bijoux et
autres objets précieux; les cartes postales en paquet.
IV.--Le fil télégraphique pénètre actuellement partout au Japon et
l’étranger, qui voyage dans le pays, ne se trouve isolé nulle part; on
peut se servir des principales langues européennes, mais, cependant--et
comme on peut s’y attendre--c’est l’anglais qui est le plus généralement
en usage.
Taxes locales.--Pour un télégramme en japonais (Kana ou alphabétique):
20 sen pour les 15 premières lettres et 5 sen pour chaque 5 lettres ou
fraction en sus (pour les télégrammes expédiés dans la même ville, la
taxe est réduite à 10 sen et 3 sen respectivement).
Pour les télégrammes en lettres européennes: 25 sen pour les premiers
cinq mots avec un minimum de taxe de 25 sen; et 5 sen pour chaque mot en
sus (dans la même ville, la taxe est réduite à 15 sen et 3 sen
respectivement).
La longueur d’un mot est fixée à 15 caractères; s’il y en a 16, cela
compte comme deux mots.
Les groupes de chiffres comptent 5 pour un mot.
Dans le langage des codes 10 caractères valent 1 mot.
Un télégramme urgent paye trois fois la taxe.
Taxes internationales:
Yen. Sen.
Amoy 0 78
Annam 2 10
Canton 1 04
Ceylan 2 06
Chefou 0 96
Chen Kiang 0 96
Hang chow 0 96
Hankow 0 96
Niou tchouang 0 96
Ning po 0 96
Péking 0 96
Soutcheou 0 96
Wouhou 0 96
Siam 2 04
Shanghaï 0 48
Indes 2 02
Corée 0 30
Europe 2 42
Russie 1 40
États-Unis de 1 yen 60 sen à 2 yen 80 sen suivant les villes;
Pour l’Amérique du Sud les tarifs sont plus élevés et varient entre 5
yen 10 pour la République Argentine et 5 yen 90 pour le Pérou.
V.--Quelques chiffres feront comprendre la situation où se trouve
actuellement le Japon au point de vue postal, télégraphique et
téléphonique:
Il existait dans le Honshu, au 31 décembre 1907, 4.698 bureaux de poste;
à Shikoku 391; à Kiushu 989; à Yezo 345, soit en tout 6.423 bureaux d’où
dépendent 54.698 boîtes postales publiques et privées; 676 bureaux de
télégraphe; 4 bureaux téléphoniques ordinaires et 159 bureaux
téléphoniques automatiques.
Pendant l’année fiscale 1906-1907, il a été expédié:
289.018.836 lettres;
677.189.063 cartes postales;
175.566.958 journaux et brochures;
14.914.868 livres;
8.235.025 documents, épreuves, etc.;
4.863.018 échantillons et semences;
61.344.088 objets en franchise;
15.115.872 colis postaux.
Pendant la même période 1906-1907, il a été délivré 13.704.148 mandats
locaux, et 12.911 mandats internationaux; il a été expédié 23.498.234
télégrammes intérieurs et 644.434 télégrammes internationaux.
Le téléphone possède environ 37.000 abonnés. C’est ce dernier service
qui est le moins développé; mais quand on considère l’état, pour ainsi
dire embryonnaire, du téléphone en France, on ne saurait critiquer le
Japon de son retard en ce genre de correspondance.
VI.--Il est de bon ton, dans le monde qui se pique de connaissances
étendues, et qui, en général, d’ailleurs, sait peu de choses, de
raconter que le Japon ne connaît pas d’illettrés; c’est le même public,
du reste, qui, après 1870, disait que le maître d’école prussien nous
avait battus! Ces derniers temps la presse a vanté les instituteurs
japonais, leurs méthodes, etc. Eh bien, il faut en rabattre de toutes
ces idées surfaites, sorties, on ne sait comment, de cerveaux peu ou mal
renseignés. Il existait, au recensement de 1908, en chiffres ronds,
55.000 conscrits sachant à peine lire et écrire et 30.000 ne sachant ni
lire ni écrire. Et c’est le Japon central, la partie centrale ou Honshu,
qui en fournit la plus grande partie. Voilà la vérité. Il ne s’ensuit
pas que le Japon néglige l’instruction publique, loin de là; il est bien
évident qu’il y a quinze ans, la proportion des illettrés était bien
plus considérable qu’elle ne l’est actuellement, et le gouvernement du
Mikado a fait largement le nécessaire pour arriver à donner
l’instruction primaire à tous les Japonais. Aujourd’hui chaque village a
son école.
Au point de vue instruction supérieure, le Japon possède deux
Universités, l’une à Tokio, l’autre à Kioto. On y enseigne, comme dans
toute Université européenne, les lettres, les sciences et les arts. Ce
sont des Européens qui, les premiers, ont instruit les Japonais dans les
diverses branches de la science humaine: les Allemands dans la médecine;
les Français dans le droit civil et criminel; les Allemands dans le
droit commercial; les Anglais et les Américains dans les sciences
mathématiques, physiques, etc.
Aujourd’hui tout l’enseignement est passé dans les mains des indigènes;
il y a bien encore quelques Européens çà et là, mais c’est surtout comme
conseillers en cas de difficultés.
Écoles normales supérieures, à Tokio, à Hiroshima; écoles de commerce à
Tokio, Kobé, Nagasaki; écoles des arts et métiers à Kioto, Osaka, Nagoya
et Kumamoto; école des langues étrangères à Tokio, employant douze
professeurs étrangers; école des beaux-arts à Tokio; école d’aveugles et
de sourds-muets à Tokio; et enfin des écoles supérieures appelées
kôtogakkô et correspondant à nos lycées.
Toutes ces écoles sont entretenues par l’État; mais, en dehors de lui,
il existe bon nombre d’écoles privées ou sont enseignés: le droit, la
politique, l’administration. L’enseignement est libre sous l’inspection
du gouvernement. C’est ainsi que trois écoles françaises, dirigées par
les frères Marianites, sont en pleine prospérité: à Tokio, ils ont 1.500
élèves, à Yokohama et à Nagasaki, 500; les Japonais apprécient beaucoup
leur zèle, et les hauts personnages ne craignent pas d’envoyer leurs
fils chez eux. Les Jésuites doivent même installer prochainement à Tokio
une université avec l’autorisation du gouvernement mikadonal.
La femme japonaise, appartenant au milieu aristocratique ou de riche
bourgeoisie, commence à faire concurrence au sexe fort dans les écoles
et à profiter largement des établissements scientifiques et artistiques
mis à sa disposition.
De nombreux musées, jardins botaniques, écoles d’apiculture, etc.,
viennent compléter l’instruction théorique. Un très beau musée
commercial, notamment, a été installé à Tokio et à Osaka. Des sociétés
multiples se sont fondées: société de géographie, société des antiquités
japonaises, société des industries maritimes, société d’agriculture,
etc.; il serait trop long de les énumérer toutes, qu’il suffise de dire
que les sociétés sont aussi nombreuses au Japon qu’en Europe, peut-être
davantage. Les Japonais forment des sociétés à propos de tout et de
rien.
VII.--La presse n’est pas précisément libre au Japon, et des règlements
féroces la maintiennent dans le droit chemin, le chemin de l’approbation
du pouvoir; cependant quelques audacieux critiquent quand même les
gouvernants, et en somme, se tirent encore d’affaire en dégageant de
leurs critiques la personne de l’Empereur et la famille impériale pour
dauber sur les ministres et leurs associés. Il existe aussi une presse
socialiste, mais dans l’ombre, et elle attend son heure.
A Tokio, il y a plus de cent journaux et revues, quotidiens,
hebdomadaires ou mensuels. A Osaka il en est de même. Dans la province,
chaque préfecture a son journal, et, généralement, une partie est
imprimée en caractères faciles et courants (hirakana) pour ceux qui ne
possèdent pas les caractères chinois.
VIII.--Les cours et tribunaux qui connaissent des crimes et délits sont
ainsi répartis: une cour de cassation, 7 cours d’appel, 49 tribunaux de
première instance, 310 tribunaux de la justice de paix. La justice
commence à être assez bien organisée dans tout l’Empire: le Japon a tenu
à honneur de se conformer aux coutumes et usages d’Europe.
Il y a encore beaucoup à faire pour avoir un personnel de magistrats
réellement compétents, mais c’est une question de temps.
Le fort du Japonais c’est la police; méfiant et soupçonneux par atavisme
et par éducation il est policier par nature; aussi est-il étonnant dans
le métier de détective. D’ailleurs, si l’on songe qu’il y a, au Japon,
un agent de police pour 1.247 habitants, on comprendra pourquoi la
police est mieux faite à Tokio qu’à Paris et pourquoi il est plus sûr de
se promener à minuit à Riôgoku bashi que sur le pont de la Concorde. On
compte dans tout l’Empire: 731 stations principales ou bureaux de
police; 737 succursales des bureaux de police; 2.746 postes urbains de
police; 12.558 postes ruraux de police; 2.337 inspecteurs et
commissaires de police; 38.581 agents de police.
Malgré cela il y a eu 985 maisons dévalisées avec effraction; et 232.854
maisons dévalisées sans effraction; par contre les vols sur les
personnes ne sont que de 28.000 environ pour la même année.