1896 42.708.264
1897 43.228.863
1898 43.763.855
1899 44.260.642
1900 44.815.980
1901 45.437.032
1902 46.022.476
1903 46.732.876
1904 47.215.630
1905 47.674.460
Cette population totale était ainsi répartie à la fin de décembre 1903
(dernier tableau paru):
1888 1893 1898 1903
Honshu central 15.331.659 16.031.432 16.859.998 17.988.546
-- septentrional 5.992.017 6.316.774 6.642.917 7.075.571
Honshu occidental 9.096.416 9.374.468 9.825.722 10.396.425
Shikoku 2.828.821 2.907.280 3.013.817 3.167.707
Kiushu 6.103.446 7.379.262 6.811.246 7.260.910
Yezo 254.805 379.097 610.155 843.717
En quinze ans, de 1888 à 1903 la population du Japon a augmenté de
7.175.642 habitants; et de 1903 à 1905 de près d’un million (exactement
941.584 habitants).
III.--Elle est inégalement répartie dans tout l’Empire et les parties
les plus peuplées du Japon sont celles qui composent le Honshu central,
c’est-à-dire tout le centre de la plus grande île, que les Européens
connaissent plus généralement sous le nom de Nihon ou Nippon, et que les
Japonais appellent _Honshu_ ou terre principale, Nippon et Nihon, chez
eux voulant dire le Japon tout entier. La répartition de la population
par Ken ou département, au 31 décembre 1903 (résumé statistique de
l’Empire du Japon pour 1908) est ainsi établie:
Shi et Ken (Honshu central). Population.
Shi de Tokio 1.668.368
Ken de Kanagawa 866.276
-- Saitama 1.248.626
-- Chiba 1.329.362
-- Ibaraki 1.205.231
-- Tochigi 858.875
-- Gumma 850.081
-- Nagano 1.321.581
-- Yamanashi 537.938
-- Shidzuoka 1.294.917
-- Aichi 1.692.771
-- Miye 1.051.054
-- Gifu 1.046.520
-- Shiga 739.608
-- Fukui 655.714
-- Ishikawa 806.748
-- Toyama 814.876
Honshu septentrional:
Ken de Niigata 1.882.574
-- Fukushima 1.145.606
-- Miyagi 898.531
-- Yamagata 889.510
-- Akita 834.781
-- Iwate 761.281
-- Awomori 663.288
Honshu occidental:
Shi de Kioto 984.285
-- d’Osaka 1.432.932
Ken de Nara 568.265
-- Wakayama 721.411
-- Hiogo 1.776.220
-- Okayama 1.181.204
-- Hiroshima 1.517.185
-- Yamaguchi 1.032.879
-- Shimane 742.844
-- Tottori 439.200
Shikoku:
Ken de Tokushima 729.951
-- Kagawa 730.947
-- Ehime 1.056.054
-- Kôchi 660.755
Kiushiu:
Ken de Nagasaki 878.667
-- Saga 666.158
-- Fukuoka 1.476.528
-- Kumamoto 1.212.187
-- Oita 873.659
-- Miyazaki 490.275
-- Kagoshima 1.194.228
-- Okinawa 468.208
Par le tableau ci-dessus, il est facile de se rendre compte de la façon
dont le Japon est peuplé; depuis le recensement de 1903, la population
s’est encore accrue nécessairement, mais aucune statistique officielle
n’a paru à ce sujet; toutefois on peut affirmer, sans se tromper, qu’à
l’heure actuelle (1909), la population japonaise dépasse 50.000.000
d’habitants. (L’Annuaire économique pour 1908 donne exactement
49.232.822.)
Les départements (Ken) les plus peuplés sont, avec les Shi (cités) de
Tokio et d’Osaka, ceux de Saitama, Chiba, Ibaraki, Gumma, Shidzuoka,
Aichi, Miye, Gifu dans le Honshu central; Niigata, Tokushima, Hiogo,
Okayama, Hiroshima, Yamaguchi, dans le Honshu occidental; Ehime, dans
l’île de Shikoku; Fukuoka, Kumamoto, Kagoshima, dans l’île de Kiushiu.
La population de Yezo, appelé plus généralement Hokkaido par les
Japonais, est de 435.248 hommes et 408.469 femmes, soit un total de
843.717, compris dans le total du précédent tableau.
Comme densité nous trouvons:
190 habitants par kilomètre carré pour le Honshu central;
90 habitants par kilomètre carré pour le Honshu septentrional;
194 habitants par kilomètre carré pour le Honshu occidental;
174 pour Shikoku;
166 pour Kiushiu;
9 seulement pour l’île de Yezo.
Ce qui, en moyenne, donne 122 habitants par kilomètre carré; on voit
donc que, comparativement aux pays les plus peuplés d’Europe, la
Belgique par exemple, c’est encore peu de chose, et que le Japon
pourrait contenir une population plus considérable.
IV.--La population rurale est très dense, et bien que l’industrie
attire, comme partout ailleurs, les jeunes gens vers les agglomérations
urbaines, cependant on ne trouve guère actuellement qu’une dizaine de
villes ayant une population de 100.000 âmes et au-dessus.
Tokio 1.818.655
Osaka 995.945
Kioto 380.568
Yokohama 326.035
Nagoya 288.639
Kobe 285.002
Nagasaki 153.293
Hiroshima 121.196
Sendai 100.231
Toujours, à la date du 31 décembre 1903; donc tous ces chiffres doivent
être majorés aujourd’hui.
V.--En 1907, l’immigration au Hokkaido donnait un chiffre de 66.793
individus dont il faut défalquer 10.092 qui ont abandonné l’île. La
population indigène de cette partie de l’Empire, les Ainos, n’est plus
que d’environ 18.000 individus, à peu près autant d’hommes que de
femmes; elle tend à disparaître complètement devant l’invasion japonaise
qui contribue beaucoup à leur disparition progressive en leur livrant de
mauvais alcool de riz.
A part les Ainos du Hokkaido, on peut dire qu’à l’heure présente la
population du Japon est homogène. Elle ne forme qu’une même race
d’hommes, parlant la même langue, ayant les mêmes habitudes, les mêmes
mœurs. Évidemment l’isolement dans lequel le Japon s’est trouvé pendant
plus de deux siècles, enfermé dans ses îles, alors que défense était
faite sous peine de mort de quitter de vue les côtes, a contribué
puissamment à mêler les divers éléments constitutifs et à ne faire qu’un
seul peuple; cependant là n’est pas l’unique raison: car nous voyons, en
Europe, la Grande-Bretagne, dont les divers éléments, celtes, gallois et
anglo-saxons, enfermés dans des îles aussi, ne se sont pourtant jamais
fondus ensemble. La constitution politique et l’administration uniques
pour tout le territoire, ont dû contribuer certainement à la réalisation
de l’unité de race dans les îles du Soleil Levant.
La population étrangère fixée au Japon n’est pas très considérable, et
elle est estimée à environ 19.000 individus. Les Chinois sont les plus
nombreux, avec un total de 12.434; puis viennent les Anglais au nombre
d’environ 2.000 et les Américains des États-Unis au nombre de 1.500. Les
Allemands et les Français ne sont guère plus de 500 à 600. Quant aux
autres pays, ils sont représentés par un nombre de personnes variant de
1 (Grec) à 90 (Italiens) et 200 (Russes).