CXXX

Les yeux de ma maîtresse ne sont rien auprès du soleil, le corail est

bien plus vermeil que ne sont ses lèvres; si la neige est blanche, ses

seins sont noirs; si les cheveux sont en fil de fer, elle a sur la tête

des fils de fer noir. J'ai vu des roses panachées, blanches et rouges,

mais je ne vois pas sur ses joues de semblables roses, et il y a des

parfums encore plus charmants que le souffle qui s'exhale des lèvres de

ma maîtresse. J'aime à l'entendre parler, et cependant je sais bien que

la musique a un son bien plus agréable; j'avoue que je n'ai jamais vu

marcher une déesse; ma maîtresse, quand elle marche, foule le sol; et

cependant, de par le ciel, je crois que mon amie est aussi précieuse que

toutes celles qu'on accable de comparaisons menteuses.

Sonnets. Volume 8 · 第 129 / 154 题