Puisque ni l'airain, ni la pierre, ni la terre, ni la mer sans borne
n'échappent à la puissance du funèbre destructeur, comment la beauté se
défendra-t-elle contre cette fureur, elle qui n'a pas plus de force
qu'une fleur? Comment l'haleine embaumée de l'été résistera-t-elle au
siége désastreux des jours qui l'attaquent, puisque les rochers
imprenables ne sont pas assez forts, et que les portes d'acier ne sont
pas assez robustes pour échapper aux ravages du Temps? Oh! réflexion
terrible! où peut-on, hélas! cacher le joyau le plus précieux du Temps
pour éviter qu'il ne soit jeté dans le coffre du Temps? Quelle main
assez robuste pourrait retenir son pied agile? ou lui interdire la
destruction de la beauté? Personne, à moins que ce miracle ne réussisse
en faisant resplendir mon amour au moyen de mon encre noire.