O si vous étiez vous-même! Mais, bien-aimée, vous n'êtes à vous que tant
que vous vivrez ici-bas. Vous devriez vous préparer à cette fin qui vous
menace, et donner à quelque autre votre douce ressemblance. Alors cette
beauté que vous tenez à bail ne connaîtrait point de terme; alors vous
resteriez vous-même, après votre décès, lorsque votre belle postérité
reproduirait votre belle image. Qui pourrait laisser une si noble
demeure tomber en ruine, lorsque les soins pourraient la maintenir en
honneur malgré les orages et les vents des jours d'hiver, malgré la rage
stérile des frimas éternels de la mort? Oh! personne! sinon de mauvais
administrateurs. Mon cher amour, vous savez que vous avez eu un père,
que votre fils en dise autant.