XI.

A mesure que tu décroîtras, tu gagneras chez lui des tiers, que tu

perdras, et tu pourras tenir pour tien ce jeune sang que tu auras donné

dans toute sa jeunesse, lorsque la jeunesse te quittera. Là est la

sagesse, la beauté, la postérité; loin de là, la folie, la vieillesse et

la décadence glacée; si tous agissaient de même, le monde serait bientôt

fini, et en soixante ans on aurait le dernier mot de l'espèce humaine.

Que ceux que la nature n'a pas faits pour conserver la race, ceux qui

ont les traits durs, grossiers, et irréguliers, meurent stériles.

Regarde ceux qu'elle a le mieux doués; elle t'a donné plus encore; tu

dois libéralement user de ce don libéral, elle t'a taillée pour lui

servir de sceau, elle veut que tu laisses des empreintes de ta personne

et que tu ne laisses pas périr cet exemplaire.

Sonnets. Volume 8 · 第 12 / 154 题