I.

Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras,

Sous les arbres sacrés, comme font les poètes,

Se fut longtemps perdu dans ses douleurs muettes,

Et se jugea trahi par des amis ingrats;

Il se tourna vers ceux qui l'attendaient en bas

Rêvant d'être des rois, des sages, des prophètes ...

Mais engourdis, perdus dans le sommeil des bêtes,

Et se prit à crier: «Non, Dieu n'existe pas!»

Ils dormaient. «Mes amis, savez-vous _la nouvelle_?

J'ai touché de mon front à la voûte éternelle;

Je suis sanglant, brisé, souffrant pour bien des jours!

Frères, je vous trompais: Abîme! abîme! abîme!

Le dieu manque à l'autel, où je suis la victime ...

Dieu n'est pas! Dieu n'est plus!» Mais ils dormaient toujours!

Le rêve et la vie - Les filles du feu - La bohème galante · 第 234 / 254 题