MEAUX

Voilà, voilà, celui qui vient de l'enfer!

Je m'appliquais ce vers en roulant le matin sur les rails du chemin

de Strasbourg, et je me flattais ... et je n'avais pas encore pénétré

jusqu'aux plus profondes _souricières;_ je n'avais guère, au fond,

rencontré que d'honnêtes travailleurs, des pauvres diables avinés, des

malheureux sans asile... Là n'est pas encore le dernier abîme.

L'air frais du matin, l'aspect des vertes campagnes, les bords riants

de la Marne, Pantin à droite, d'abord,--le vrai Pantin,--Chelles

à gauche, et plus tard Lagny, les longs rideaux de peupliers, les

premiers coteaux abrités qui se dirigent vers la Champagne, tout cela

me charmait et faisait rentrer le calme dans mes pensées.

Malheureusement, un gros nuage noir se dessinait au fond de l'horizon,

et, quand je descendis à Meaux, il pleuvait à verse. Je me réfugiai

dans un café, où je fus frappé par l'aspect d'une énorme affiche rouge

conçue en ces termes:

Le rêve et la vie - Les filles du feu - La bohème galante · 第 182 / 254 题