IV

Un long mois de Mai passé dans ce pénible état

Rendit leurs joues plus pâles lorsque Juin commença:

«Demain je me courberai devant ma joie,

Demain j'implorerai la faveur de ma dame».

«O puissé-je ne jamais voir une autre nuit,

Lorenzo, si tes lèvres ne prononcent pas le mot amour.»

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Ainsi chacun parlait à son oreiller; mais, hélas! chacun

Laissait passer jours sur jours sang goûter le suprême bonheur;

V

Si bien que les joues de la charmante Isabelle privées de baisers

Pâlirent tout comme le feraient les roses;

Devinrent aussi maigres que celles d'une jeune mère, qui cherche

Par quelque chant berceur à calmer la douleur de son enfant:

«Comme elle souffre» se dit-il, «je ne peux parler,

Et cependant je le veux, je lui déclarerai tout mon amour:

Si ses yeux expriment qu'il l'a vaincue, je boirai ses larmes,

Et du moins ses tourments cesseront.»

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 229 / 333 题