OLD MEG

La vieille Meg était une Bohémienne;

Elle vagabondait par les landes,

Son lit était la bruyère roussâtre

Et sa demeure était hors des portes.

Pour pommes elle avait des graines noires,

Pour groseilles des cosses de genêts,

Pour vin la rosée de la sauvage rose blanche,

Pour livre la tombe du cimetière.

Ses frères étaient les rocailleux côteaux

Et ses sœurs les grands mélèzes;

Seule avec sa vaste famille

Elle vivait à sa fantaisie.

Plus d'un matin elle passait sans déjeuner,

Et plus d'une après-midi sans dîner,

Puis, au lieu de souper, elle fixait

La lune, yeux contre rayons.

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Mais, chaque matin, avec le tendre liseron

Elle se composait une guirlande,

Et, chaque nuit, c'était l'if sombre du vallon

Qu'elle entrelaçait, puis se mettait à chanter.

Ensuite de ses doigts vieux et brunis

Elle tressait des nattes de joncs,

Et les donnait aux villageois

Qu'elle rencontrait dans les taillis.

La vieille Meg était brave comme la reine Marguerite,

Et de la taille d'une Amazone.

Un vieux plaid rouge enveloppait son buste,

Un débris de chapeau couvrait son chef.

Que Dieu donne quelque part le repos à ses os âgés!

Elle mourut il y a bien des années passées!

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 153 / 333 题