SONNET

Pour celui qui a longtemps été parqué dans la ville,

Quelle joie de promener ses regards sur la sereine

Et libre étendue du ciel,--d'exhaler une prière

Sous le plein sourire du firmament azuré!

Qui peut être plus heureux que lui, lorsque d'un cœur satisfait

Il enfonce ses membres lassés dans quelque moelleux tapis

D'herbe drue, et lit une débonnaire

Et poétique histoire d'amour et de langueur?

Quand il rentre chez lui, le soir, son oreille

Perçoit les plaintes de Philomèle, ses yeux

Surveillent la brillante course des nuées qui voguent dans

l'espace;

Il se lamente de ce que ce jour se soit si vite écoulé:

Comme la chute d'une larme d'ange

Qui tombe dans le lumineux éther, silencieusement.

1816.

[Pg 75]

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 118 / 333 题