ÉCRIT PENDANT UNE SOIRÉE D'ÉTÉ

Les cloches de l'église font résonner les alentours de leur

mélancolie,

Elles invitent les fidèles à prier encore,

A se plonger encore dans le noir, dans de plus redoutables soucis,

A écouter plus souvent l'affreuse éloquence d'un prédicateur.

A coup sûr l'esprit de l'homme est étroitement envoûté

Par quelque sombre ensorcellement; on voit chacun fuir

Les joies du foyer, et les airs Lydiens,

Et les entretiens élevés avec ceux que la gloire a couronnés.

Toujours, toujours les cloches sonnent, et j'en sentirais un froid

humide

Un frisson comme celui qui émane de la tombe, si je ne savais

[Pg 68]

Qu'elles vont mourir, comme une lampe dont l'huile est consumée,

Que c'est leur dernier soupir, leur lamentation avant de rentrer

Dans l'oubli--si je ne savais que de fraîches fleurs écloront

Et de nombreuses gloires marquées au sceau de l'immortalité.

1816.

[Pg 69]

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 112 / 333 题