SONNET

O combien j'aime, par un beau soir d'été

Lorsque des torrents de lumière déversent l'or à l'Occident

Et que sur les zéphyrs embaumés reposent immobiles

Les nuages argentés, loin, très loin, laisser

Les pensées vulgaires, et m'accorder un doux répit

Contre les menus soucis; découvrir après une paisible recherche,

Une solitude parfumée, parée des beautés de la Nature,

Et là, faire délicieusement illusion à mon âme:

Là m'échauffer le cœur avec des chansons de ma patrie,

Méditant sur le sort de Milton--sur le cercueil de Sidney--

Jusqu'à ce que leurs formes austères se dressent devant moi:

Peut-être prendre mon essor sur l'aile de la Poésie,

Très souvent verser une larme délicieuse

Lorsque quelque mélodieuse tristesse enchante mes yeux.

[Pg 60]

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 105 / 333 题