Nous consacrons cette semaine notre supplément musical aux concours du
prix de Rome.
Le premier grand prix, qui donne à ses titulaires le droit de résider
quatre ans à la Villa Médicis, à Rome, a été attribué à deux
concurrents, M. Victor Gallois et M. Marcel Samuel-Rousseau. Ce dernier
hérite de la place laissée vacante par la démission de M. Pech, qui a
quitté Rome pour se marier; il ne sera pensionnaire de la Villa Médicis
que pendant les trois ans qui restent à courir sur les quatre ans de M.
Pech.
M. Victor Gallois est né à Douai en 1880; il étudia d'abord l'harmonie
au Conservatoire de Paris, sous la direction de M. Xavier Leroux et
obtint un premier prix; puis il entra chez M. Lenepveu, professeur de
fugue et de contrepoint; c'est dans cette classe qu'il a remporté son
premier prix.
Ce qui caractérise la «manière» de M. Gallois--on pourra s'en rendre
compte par le fragment que nous publions--c'est l'élégance de la pensée
et la recherche de l'écriture. Il semble qu'on retrouverait, dans le duo
coloré de Maïa et de Jean, certaines harmonies de Léo Delibes, ce qui
n'est pas un mince compliment.
M. Marcel Samuel-Rousseau est le fils du regretté compositeur Samuel
Rousseau, auteur de la _Cloche du Rhin_ et de _Merowig_. Egalement élève
de M. Lenepveu, le jeune lauréat a déjà fait recevoir à l'Opéra-Comique
un drame lyrique en un acte, le _Bonheur des yeux_, livret de M. Georges
Mitchell.
Le fragment de la dernière scène de _Maïa_, que nous avons choisi dans
la cantate de M. Marcel Rousseau, est d'une noble inspiration et même
d'un sentiment dramatique assez puissant. M. Rousseau a su créer une
atmosphère à ses personnages et la ligne mélodique est commentée et
éclairée fort ingénieusement par l'accompagnement.
Il y a là le souci d'une trame harmonique intéressante et très
travaillée.
Détail curieux: M. Marcel Samuel-Rousseau a été classé second des deux
grands-prix parce que sa cantate portait le numéro 6 tandis que celle de
M. Gallois portait le numéro 5; et voilà aussi pourquoi il ne restera
que trois ans à Rome.
Mais les deux concurrents sont d'un égal mérite; et, à Rome, débarrassés
du poids de l'enseignement scolaire, ils vont pouvoir dégager leur
personnalité et leur originalité.
[Illustration: Hémery, gagnant du Circuit des Ardennes, sur voiture
Darracq, passe devant les tribunes de Bastogne, suivi de Le Blon.]
[Illustration: Le retour aux Tuileries des véhicules industriels et des
fourgons militaires ayant participé au concours de transport dans le
nord-ouest de la France.]