ENVOI A L'ONCLE TOBIE

Vous êtes le héros de prédilection de mon esprit--et surtout de mon

cœur.

Vous avez une bienveillance et une affectuosité qui m'attendrissent

toujours, et me font pleurer parfois.

Je ne me demande pas,--comme votre gouailleur neveu,--d'où vous

viennent cette bonté et cette mansuétude que vous témoignez à tout ce

qui vit et souffre. Je ne songe pas au siége de Namur--votre

_califourchon_ favori,--ni à votre blessure dans l'aine qui en fut la

conséquence.

Je ne songe qu'à votre bonhomie et à votre bon cœur. Je me rappelle

sans cesse ce jour où un frelon entra pendant que vous dîniez et

sembla prendre plaisir à vous importuner par ses bourdonnements. Vous

cherchiez à l'attraper--et il vous échappait toujours. A la fin vous

l'attrapez! Vous vous levez aussitôt de table et vous allez ouvrir la

fenêtre. Puis lâchant le frelon:

«--Va... va... pauvre diable!--lui dites-vous doucement.--Je ne te

ferai point de mal... Le monde est assez grand pour nous contenir, toi

et moi...»

Ah! cher et bon oncle Tobie! je vous vénère et je vous aime.

Recevez donc cet humble témoignage de mon respect et de mon amitié

pour vous,--et ne m'oubliez pas auprès du caporal Trim!

Au bord de la Bièvre: impressions et souvenirs · 第 23 / 24 题