Vous êtes le héros de prédilection de mon esprit--et surtout de mon
cœur.
Vous avez une bienveillance et une affectuosité qui m'attendrissent
toujours, et me font pleurer parfois.
Je ne me demande pas,--comme votre gouailleur neveu,--d'où vous
viennent cette bonté et cette mansuétude que vous témoignez à tout ce
qui vit et souffre. Je ne songe pas au siége de Namur--votre
_califourchon_ favori,--ni à votre blessure dans l'aine qui en fut la
conséquence.
Je ne songe qu'à votre bonhomie et à votre bon cœur. Je me rappelle
sans cesse ce jour où un frelon entra pendant que vous dîniez et
sembla prendre plaisir à vous importuner par ses bourdonnements. Vous
cherchiez à l'attraper--et il vous échappait toujours. A la fin vous
l'attrapez! Vous vous levez aussitôt de table et vous allez ouvrir la
fenêtre. Puis lâchant le frelon:
«--Va... va... pauvre diable!--lui dites-vous doucement.--Je ne te
ferai point de mal... Le monde est assez grand pour nous contenir, toi
et moi...»
Ah! cher et bon oncle Tobie! je vous vénère et je vous aime.
Recevez donc cet humble témoignage de mon respect et de mon amitié
pour vous,--et ne m'oubliez pas auprès du caporal Trim!