1866
Alfred Delvau. Les Heures parisiennes. 25 eaux-fortes d'Émile
Bénassit. Paris, Librairie centrale, 1866; imp. Jouaust, in-18, 210
p.
Deux cents exemp. papier de Hollande, avec figures sur chine,
avant la lettre.
A ce livre se rattache la brochure suivante: «Un épisode de la
censure occulte de l'Empire. Histoire du livre d'Alfred Delvau
intitulé Heures parisiennes. Récit anecdotique des persécutions
et des taquineries administratives dont cet ouvrage fut l'objet,
appuyé et confirmé par trois énergiques lettres de Delvau; suivi
de la réimpression des sept cartons de textes supprimés par un
censeur occulte, placés en regard des textes substitués, et
accompagné d'un portrait de Delvau dessiné et gravé à l'eau-forte
par H. Valentin.» Paris, librairie centrale, 1872; imp.
Gauthier-Villars, in-18, XLV p.; 100 ex. papier de Hollande.
M. Julien Lemer, éditeur des «Heures parisiennes,» établit dans
ce remarquable pamphlet que le bureau de visa des estampes de
l'Empire exigea sept cartons dans le texte, et la modification de
la planche «Minuit,» pour laisser paraître les vingt-cinq
eaux-fortes de M. Bénassit.
Delvau fait remonter ces avanies policières à un homme de lettres
exerçant une censure occulte, sur le front de qui il s'était
permis de s'égayer.
Quoi qu'il en soit, pour mieux manifester encore son bon plaisir
dans cette affaire, l'administration, après avoir fait mettre les
pouces au pauvre Delvau, autorisa la mise en vente, sans
substitution de textes ni modification d'estampe, des 200 ex. sur
papier de Hollande. Ce sont les meilleurs, de toute façon.
Alfred Delvau. Du pont des Arts au pont de Kehl (Reisebilder d'un
Parisien), avec un frontispice par Émile Bénassit. Paris, Achille
Faure, 1866; imp. Poupart-Davyl, in-18, 344 p.
Publié sans le frontispice annoncé sur le titre, qui se faisait
attendre; il a paru depuis et se trouve à notre librairie.
On a imprimé que la scène en tête de cette eau-forte représente
Alfred Delvau et son camarade de voyage, M. Alphonse Daudet,
entre deux gendarmes, mais à tort: elle se rapporte à une
histoire de désertion en Belgique, à laquelle Delvau se trouva
mêlé; voir p. 58 et suiv.
Alfred Delvau. Dictionnaire de la langue verte. Argots parisiens
comparés. Paris, E. Dentu, 1866; imp. Jouaust, in-18, XVI-406 p.
Tirage à 600 ex., dont 100 papier de Hollande, numérotés.
M. Lorédan Larchey, auteur des «Excentricités de langage», accusa
Delvau de plagiat, et en même temps l'éditeur Dentu de fausse
déclaration du nombre de tirage. Un débat des plus vifs entre les
deux hommes de lettres, l'éditeur et l'imprimeur, suivit cette
double inculpation. «La Petite Revue» de 1866 en a donné toutes
les pièces. Il se termina par un arbitrage de la Société des gens
de lettres.
Delvau avait eu le tort de dissimuler ses emprunts au travail de
M. Larchey. Celui-ci, troublé à l'improviste dans sa possession
déjà ancienne de lexicographe de nos divers argots, pour avoir
défini le premier un certain nombre de vocables, s'exagérait sa
gloire et sa propriété. Le «Dictionnaire» avait une nomenclature
d'environ 7,000 mots; les «Excentricités,» à leur quatrième
édition, et sur le chantier depuis 1858, en donnaient à peine
2,000. Ce rapprochement suffisait pour écarter l'idée de plagiat.
Une seconde édition du «Dictionnaire de la langue verte,
entièrement revue et considérablement augmentée,» avec une
nouvelle préface, a paru chez Dentu en 1867; imp. Jouaust, in-18,
XXXV-514 p., sans indication du nombre de tirage; elle a eu 100
exemp. sur papier vergé.
Alfred Delvau. Le grand et le petit trottoir. Paris, A. Faure, 1866;
imp. Poupart-Davyl, in-18, 243 p.
Quelques exemp. papier vergé. Le livre devait paraître avec une
eau-forte de M. Félicien Rops qui tarda trop, au gré de l'auteur
impatient de publicité. Cette planche, très-soignée, représente
un essaim d'amours faisant le siége irrégulier d'une alcôve. Il
en a été tiré quelques épreuves; nous n'avons pu la cataloguer
qu'une fois.
1867
Alfred Delvau. A la porte du Paradis.--Ma première leçon de boxe.--Je
me tuerai demain.--Feu André-André.--L'héritier du mandarin, etc.
Paris, A. Faure, 1867; Vichy, imp. A. Wallon, in-18, 324 p., y compris
un catalogue des «Ouvrages de M. Alfred Delvau,» dressé avec soin.
Les Plaisirs de Paris, guide pratique et illustré, par Alfred Delvau.
Paris, A. Faure, 1867; imp. Poupart-Davyl, in-16, 299 p.,
faux-titre-frontispice de A. Collette.
Alfred Delvau. Les lions du jour, physionomies parisiennes. Paris,
Dentu, 1867; imp. Charles Noblet, in-18, 330 p.
59 études, quelques-unes curieuses; le volume n'a pas de table.
Sa couverture verte offre dans un médaillon rond, non reproduit
sur le titre, une ménagerie de lions et de lionnes en tête
desquels se carre M. de Villemessant, à qui le livre est dédié.
Alfred Delvau. Les sonneurs de sonnets. 1540-1866. Paris,
Bachelin-Deflorenne, 1867; imp. Jouaust, in-32, 187 p., papier vergé.
Dernière publication de Delvau, mort le 3 mai 1867, rue Houdon,
15. Il était né à Paris en 1825.