XII

Cet acte répréhensible de son ministre des affaires étrangères a fait

sans doute quelque mal à l'Angleterre alors; mais, comme tous les

actes réprouvés par la conscience, il a fait plus de mal à Louis XVI

et à la France.

La France, d'abord, quel avantage réel en a-t-elle retiré? si ce n'est

l'ingratitude et souvent l'hostilité de cette république égoïste des

États-Unis, qui a aboli de ses lois la reconnaissance comme une vertu

improductive pour ce peuple de caboteurs, d'agioteurs et de négriers,

qui a fondé sa législation politique sur un vice et sur un crime à la

fois, l'anarchie et l'esclavage, qui a fait à la France la guerre

navale des transports au profit de l'Angleterre et à la ruine de nos

ports; qui, pour comble d'impudeur, après la paix, nous a demandé,

_sous peine de guerre_, le remboursement des sommes qu'elle n'avait

pas assez gagnées sur nous dans nos calamités nationales, l'indemnité

de la rapacité américaine! l'usure d'un monde sur un autre monde!

Juste récompense du sang et de l'or français, bravement mais

déshonnêtement prodigués à une guerre illicite.

Louis XVI, ensuite, qu'en a-t-il recueilli?

Le ressentiment légitime et implacable de l'Angleterre, la contagion

de l'esprit d'insurrection contre lui-même, la glorification de la

guerre civile, l'esprit d'insurrection importé d'Amérique dans sa

monarchie ébranlée, les engouements de la France pour les idoles de

Boston, la popularité de la licence, et enfin les applaudissements de

Payne et de ses compatriotes de la Convention aux préludes de la mort

du roi leur bienfaiteur!

Cours familier de Littérature - Volume 10 · 第 98 / 171 题