SUR CES TABLETTES DE SANTAL ROUGE

Sur ces tablettes de santal rouge, un poète de Gwalior, dont le nom est

perdu, à écrit un poème que les siècles avec leur sable ont effacé.

C’était peut-être un roi puissant qui traça ces vers dans la houdah de

soie de son éléphant, c’était peut-être un ascète assis parmi les

roseaux d’un marécage.

Un grand cri d’amour où les maximes de la sagesse?... Douleur, espoir ou

renoncement, nous ne saurons pas... Que de choses à jamais oubliées!

Moi aussi, sur du papier tressé de lin à Gwalior, j’ai écrit ton nom et

la description de ta beauté et le sable inexorable des années effacera

mes vers.

Qu’importe, ô Padmani, que les hommes plus tard ignorent tout de nous

deux, si toi tu sais dans cette minute combien je t’ai aimée.

Le livre des lotus entr'ouverts · 第 67 / 92 题