Précisément les Derkaoua--ordre marocain combatif--forment l’une des
favorisées parmi les associations que protège le rusé forban (c’est
Bou-Amama que je veux dire). Leur zaouïa-mère de Modaghrar (Tafilalet)
sert souvent de maison d’asile à ceux de nos ennemis sahariens jugés
trop compromettants par le vieux renard.
Et peu à peu, pour ces causes et pour plusieurs autres, les Derkaoua
gagnent un terrain considérable. Ils ont une dizaine de zaouïas
succursales dans les parages civilisés _de notre province d’Oran_... Ils
ont des groupements de fidèles dans nos nouvelles possessions de
l’Oued-Saoura, du Gourara, du Touat et du Tidikelt.
Ce sont les plus frénétiques khouan de l’Afrique, ne vivant que par
l’idée de la Guerre Sainte, ne respirant que la haine et la rébellion.
Leurs pratiques hystériques, leurs traditions, leur sauvagerie qui
dédaigne (il faut le reconnaître) les compromissions, font d’eux--joints
aux Amamïa--un clan plutôt adversaire, une menace dissimulée à l’ouest
et au sud-ouest du Sahara.
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