4 novembre.

Et cette mort est gaie souvent--voire bouffonne et pantalonnesque.

Je me souviens qu’un jour, ou plutôt une nuit, Barka et Bachir voulurent

me faire connaître la «danse des hommes».

--Ya Sidi, ne le dis pas à Si-Kaddour...

Alors ils se glissèrent dans mon appartement, sept ou huit fidèles

serviteurs et disciples, des «blancs» en majorité. La danse interdite,

mystérieusement ils la dansèrent. Ils la dansèrent, ainsi qu’ils la

miment presque chaque soir, en se cachant, à la muette, sous la faible

lueur suspendue de ma lampe--chorégraphie équivoque, bras qui

s’arrondissaient comme des bras de femme, faisant signe au désir.

Réellement, pour un Roumi non pervers, ce ne semblait point très

séducteur. Plutôt terne, avec l’attente de je ne sais quoi qui vint

enfin: le spasme de ces gens, brutal, parmi des rires, des cris

étouffés. Et c’était l’extase encore--l’extase exhilarante et malsaine

de paillasses et de pitres--toute une parade de foire, gloussante et

titubante, abrutie de joie par l’invocation à Sidi-Bou-Saad-ed-Djazerti,

le Vénéré, le Sublime.

Pauvre Sidi-Bou-Saad. Dans sa grotte, paraît-il, il répétait un verset

de préférence à tant d’autres:

«Celui de vous qui gardera sa pureté sera béni...»

Islam saharien · 第 59 / 103 题