La fureur est aux cerfs-volants dans ce moment. C’est une rage, une
passion.
On ne voit en l’air que poissons, papillons, oiseaux, démesurés, de
toutes les couleurs les plus violentes, traînant leurs queues en
papier...
Par terre des gens à quatre pattes occupés à démêler leur ficelle dans
laquelle on se prend les pieds, et qu’ils rebobinent en gémissant, parce
qu’ils perdent le meilleur coup de vent!...
Sans se connaître, sans se parler, on suit les cerfs-volants rivaux. On
prend parti. Le dernier fait est extravagant. Pas un enfant ne pourrait
le lancer, et ce sont d’ailleurs les hommes, pères ou amis, dans leur
désœuvrement, qui construisent, qui enluminent, et qui courent
éperdument.
Il y a dans cet endroit restreint une sorte de courant de sympathie, de
sociabilité au moins, tout à fait inconnu ailleurs, et nous nous amusons
tous de la mode.
Inutile de dire que c’est la seule, du reste, qu’on suive sérieusement
ici. Pas l’ombre de toilette.
Le matin on met sa robe, le lendemain on la remet; et puis voilà. Ça
repose.