2 septembre.

La fureur est aux cerfs-volants dans ce moment. C’est une rage, une

passion.

On ne voit en l’air que poissons, papillons, oiseaux, démesurés, de

toutes les couleurs les plus violentes, traînant leurs queues en

papier...

Par terre des gens à quatre pattes occupés à démêler leur ficelle dans

laquelle on se prend les pieds, et qu’ils rebobinent en gémissant, parce

qu’ils perdent le meilleur coup de vent!...

Sans se connaître, sans se parler, on suit les cerfs-volants rivaux. On

prend parti. Le dernier fait est extravagant. Pas un enfant ne pourrait

le lancer, et ce sont d’ailleurs les hommes, pères ou amis, dans leur

désœuvrement, qui construisent, qui enluminent, et qui courent

éperdument.

Il y a dans cet endroit restreint une sorte de courant de sympathie, de

sociabilité au moins, tout à fait inconnu ailleurs, et nous nous amusons

tous de la mode.

Inutile de dire que c’est la seule, du reste, qu’on suive sérieusement

ici. Pas l’ombre de toilette.

Le matin on met sa robe, le lendemain on la remet; et puis voilà. Ça

repose.

La main de Sainte Modestine · 第 16 / 28 题