CHAPITRE V 247

SOMMAIRE: -- Exaspération des prisonniers du _Bahama_. -- Réduits à la

demi-ration après notre évasion. -- Projet de révolte. -- Disputes et

querelles. -- Lutte de Rousseau contre un gigantesque Flamand. -- Les

prisonniers ne reçoivent que du biscuit, à cause du mauvais temps. --

Ils réclament ce qui leur est dû, et déclarent qu'ils ne descendront

pas du parc avant de l'avoir reçu. -- Milne appelle du renfort. -- Il

ordonne de faire feu; mais le jeune officier des troupes de Marine,

qui commande le détachement, empêche ses soldats de tirer. -- Je monte

sur le pont en parlementaire. -- Je n'obtiens rien. -- Stratagème dont

je m'avise. -- À partir de ce jour, les esprits commencent à se

calmer. -- Nouvelles tentatives d'évasion. -- Milne emploie des moyens

usités dans les bagnes. -- Ses espions. -- Nouvelle agitation à bord.

-- Audacieuse évasion de Rousseau. -- Il se jette à l'eau en plein

jour en se couvrant la tête d'une manne. -- Il est ramené sur _le

Bahama_. -- Tout espoir de nous échapper se dissipe. -- La population

du ponton. -- Sa division en classes: les Raffalés, les Messieurs ou

Bourgeois, les Officiers. -- Subdivision des Raffalés, les Manteaux

impériaux. -- Le jeu. -- Rations perdues six mois d'avance. -- Extrême

rigueur des créanciers. -- Révoltes périodiques des débiteurs. --

Abolition des dettes par le peuple souverain. -- Nos distractions. --

Ouvrages en paille et en menuiserie. -- Le bois de cèdre du _Bahama_.

-- Ma boîte à rasoirs. -- Je me remets à l'étude de la flûte. -- Les

projets de Rousseau. -- La civilisation des Iroquois. -- Charmante

causerie de Rousseau, les bras appuyés sur le bord de mon hamac. -- Je

lui propose de commencer par civiliser le ponton. -- Nous donnons des

leçons de français, de dessin, de mathématiques et d'anglais. --

J'étudie à fond la grammaire anglaise. -- _Le Bahama_ change de

physionomie. -- Conversions miraculeuses; le goût de l'étude se

propage. -- Le bon sauvage Dubreuil. -- Sa passion pour le tabac. --

La fumée par les yeux. -- En juin 1809, après vingt mois de séjour au

ponton, je reçois une lettre de M. de Bonnefoux par les soins de

l'ambassadeur des États-Unis. -- Cet ambassadeur, qui avait été reçu à

Boulogne par M. de Bonnefoux, obtient du Gouvernement anglais ma mise

au cautionnement. -- Je quitte le ponton et me sépare, non sans

regrets, de Rousseau, de Dubreuil et de mes autres compagnons

d'infortune.

Mémoires du Baron de Bonnefoux, Capitaine de vaisseau, 1782-1855 · 第 87 / 113 题