SOMMAIRE: -- Exaspération des prisonniers du _Bahama_. -- Réduits à la
demi-ration après notre évasion. -- Projet de révolte. -- Disputes et
querelles. -- Lutte de Rousseau contre un gigantesque Flamand. -- Les
prisonniers ne reçoivent que du biscuit, à cause du mauvais temps. --
Ils réclament ce qui leur est dû, et déclarent qu'ils ne descendront
pas du parc avant de l'avoir reçu. -- Milne appelle du renfort. -- Il
ordonne de faire feu; mais le jeune officier des troupes de Marine,
qui commande le détachement, empêche ses soldats de tirer. -- Je monte
sur le pont en parlementaire. -- Je n'obtiens rien. -- Stratagème dont
je m'avise. -- À partir de ce jour, les esprits commencent à se
calmer. -- Nouvelles tentatives d'évasion. -- Milne emploie des moyens
usités dans les bagnes. -- Ses espions. -- Nouvelle agitation à bord.
-- Audacieuse évasion de Rousseau. -- Il se jette à l'eau en plein
jour en se couvrant la tête d'une manne. -- Il est ramené sur _le
Bahama_. -- Tout espoir de nous échapper se dissipe. -- La population
du ponton. -- Sa division en classes: les Raffalés, les Messieurs ou
Bourgeois, les Officiers. -- Subdivision des Raffalés, les Manteaux
impériaux. -- Le jeu. -- Rations perdues six mois d'avance. -- Extrême
rigueur des créanciers. -- Révoltes périodiques des débiteurs. --
Abolition des dettes par le peuple souverain. -- Nos distractions. --
Ouvrages en paille et en menuiserie. -- Le bois de cèdre du _Bahama_.
-- Ma boîte à rasoirs. -- Je me remets à l'étude de la flûte. -- Les
projets de Rousseau. -- La civilisation des Iroquois. -- Charmante
causerie de Rousseau, les bras appuyés sur le bord de mon hamac. -- Je
lui propose de commencer par civiliser le ponton. -- Nous donnons des
leçons de français, de dessin, de mathématiques et d'anglais. --
J'étudie à fond la grammaire anglaise. -- _Le Bahama_ change de
physionomie. -- Conversions miraculeuses; le goût de l'étude se
propage. -- Le bon sauvage Dubreuil. -- Sa passion pour le tabac. --
La fumée par les yeux. -- En juin 1809, après vingt mois de séjour au
ponton, je reçois une lettre de M. de Bonnefoux par les soins de
l'ambassadeur des États-Unis. -- Cet ambassadeur, qui avait été reçu à
Boulogne par M. de Bonnefoux, obtient du Gouvernement anglais ma mise
au cautionnement. -- Je quitte le ponton et me sépare, non sans
regrets, de Rousseau, de Dubreuil et de mes autres compagnons
d'infortune.