SOMMAIRE: -- Coup d'oeil sur l'état-major de la division. -- L'amiral
Linois, son avarice. -- Commencement de ses démêlés avec le général
Decaen. -- M. Vrignaud, capitaine de pavillon de l'amiral. -- M.
Beauchêne, commandant de l'_Atalante_; M. Motard, commandant de _la
Sémillante_. -- Le commandant et les officiers de _la Belle-Poule_. --
M. Bruillac, son portrait. -- Le beau combat de _la Charente_ contre
une division anglaise. -- Le second de _la Belle-Poule_, M. Denis, les
prédictions qu'il me fait en rentrant en France. -- Son successeur, M.
Moizeau. -- Delaporte, lieutenant de vaisseau, son intelligence, sa
bonté, l'un des hommes les meilleurs que j'aie connus. -- Les
enseignes de vaisseau par rang d'ancienneté, Giboin, L..., moi, Puget,
«mon Sosie», Desbordes et Vermot. -- Triste aventure de M. L..., sa
destitution. -- Croisières de la division. -- Voyage à l'île Bourbon.
-- Les officiers d'infanterie à bord de _la Belle-Poule_, MM.
Morainvillers, Larue et Marchant. -- En quittant Bourbon, l'amiral se
dirige vers un comptoir anglais nommé Bencoolen, situé sur la côte
occidentale de Sumatra. -- Une erreur de la carte; le banc appelé Saya
de Malha; l'escadre court un grand danger. -- Capture de _la
Comtesse-de-Sutherland_, le plus grand bâtiment de la Compagnie
anglaise. -- Quelques détails sur les navires de la Compagnie des
Indes. -- Arrivée à Bencoolen. -- Les Anglais incendient cinq
vaisseaux de la Compagnie et leurs magasins pour les empêcher de
tomber entre nos mains. -- En quittant Bencoolen, l'escadre fait voile
pour Batavia, capitale de l'île de Java. -- Batavia, la ville
hollandaise, la ville malaise, la ville chinoise. -- Après une courte
relâche, la division à laquelle se joint le brick de guerre
hollandais, _l'Aventurier_, quitte Batavia au commencement de 1804, en
pleine saison des ouragans pour aller attendre dans les mers de la
Chine le grand convoi des vaisseaux de la Compagnie qui part
annuellement de Canton. -- Navigation très pénible et très périlleuse.
-- Nous appareillons et nous mouillons jusqu'à quinze fois par jour.
-- Prise, près du détroit de Gaspar, des navires de commerce anglais
_l'Amiral-Raynier_ et _la Henriette_, qui venaient de Canton. --
Excellentes nouvelles du convoi. -- Un canot du _Marengo_, surpris par
un grain, ne peut pas rentrer à son bord. Il erre pendant quarante
jours d'île en île avant d'atteindre Batavia. -- Affreuses
souffrances. -- Habileté et courage du commandant du canot, M. Martel,
lieutenant de vaisseau. -- Il meurt en arrivant à Batavia. --
Conversations des officiers de l'escadre. -- On escompte la prise du
convoi. -- Mouillage à Poulo-Aor. -- Le convoi n'est pas passé. -- Le
détroit de Malacca. -- Une voile, quatre voiles, vingt-cinq voiles,
c'est le convoi. -- Temps superbe, brise modérée. -- Le convoi se met
en chasse devant nous; nous le gagnons de vitesse. -- À six heures du
soir, nous sommes en mesure de donner au milieu d'eux. -- L'amiral
Linois ordonne d'attendre au lendemain matin. -- Stupéfaction des
officiers et des équipages. -- Le mot du commandant Bruillac, celui du
commandant Vrignaud. -- Le lendemain matin, même beau temps. -- Nous
hissons nos couleurs. -- Les Anglais ont, pendant la nuit, réuni leurs
combattants sur huit vaisseaux. -- Ces huit vaisseaux soutiennent
vaillamment le choc. -- Après quelques volées, l'amiral Linois quitte
le champ de bataille et ordonne au reste de la division d'imiter ses
mouvements. -- Déplorables résultats de cet échec. -- Consternation
des officiers de la division. -- Récompense accordée par les Anglais
au capitaine Dance.