SOMMAIRE: Origine du baron Casimir de Bonnefoux.--Son éducation,
sa personne.--Entrée dans la marine.--La guerre de l'Indépendance
d'Amérique.--La frégate _la Fée_.--Campagnes postérieures.--La
Révolution.--Émigration des frères de M. de Bonnefoux.--Son
incarcération à Brest.--Il est promu capitaine de vaisseau, puis
chef de division.--L'amiral Morard de Galle.--Le vaisseau _le
Terrible_.--Séjour de plusieurs années à Marmande.--Voyage à
Paris en vue de faire rayer un ami de la liste des
émigrés.--L'amiral Bruix, ministre de la Marine.--M. de Bonnefoux
est nommé adjudant général du port de Brest.--Son
oeuvre.--Armement de l'escadre de l'amiral Bruix.--Histoire du
vaisseau _la Convention_, armé en soixante-douze heures.--Le
Consulat.--L'organisation des préfectures maritimes.--M. de
Caffarelli.--Démarches faites par M. de Bonnefoux pour quitter la
marine.--Refus de sa démission par le Premier Consul.--Paroles
qu'il prononce à cette occasion.--M. de Bonnefoux est nommé au
commandement du vaisseau _le Batave_.--Offres obligeantes du
préfet de Caffarelli.--L'inspection générale des côtes de la
Méditerranée donnée à M. de Bonnefoux.
M. le baron Casimir de Bonnefoux[208] fit ses études au Collège de
Louis-le-Grand; il en sortit pour embrasser la profession de marin,
où l'on franchissait alors les premiers grades avec assez de rapidité.
Il était né en 1761[209], d'une famille de l'Agenais, toute adonnée
aux armes depuis le XIVe siècle, et dont l'illustration militaire
remonte jusqu'au règne du roi Jean. À partir de cette époque, et sans
exception, les Bonnefoux ont constamment servi de leur épée, et depuis
l'institution de l'Ordre de Saint-Louis, tous en avaient reçu la
décoration, destinée, comme celle de la Légion d'honneur, à servir de
véhicule aux grandes actions, mais plus spécialement à récompenser les
services guerriers.
[Note 208: _Baptiste-François-Casimir de Bonnefoux._]
[Note 209: D'après son acte de baptême, que nous avons eu entre
les mains, Casimir de Bonnefoux naquit le 4 mars 1761 à Marmande, de
messire Léon de Bonnefoux, écuyer et de dame Catherine de Faget. Il
eut pour parrain l'abbé Faget de Cazaux. Son père qui, comme on l'a vu
dans les _Mémoires_, était un officier retiré du service avec la croix
de Saint-Louis fut, l'année même de sa naissance, nommé par
l'intendant de Bordeaux adjoint à M. Faget de Cazaux subdélégué de
Marmande. M. Philippe Tamizey de Larroque relève le fait dans sa
_Notice sur la ville de Marmande_, p. 115. Sous l'ancien régime, le
subdélégué était le mandataire de l'intendant, qui le choisissait et
le révoquait. Il différait, à cet égard, du sous-préfet actuel.]
Ce jeune officier apporta dans le monde une figure où la santé, la
fraîcheur, la finesse et la gaieté s'étaient réunies avec un charme
inexprimable. Des contrastes rares s'y faisaient remarquer: ainsi,
l'on y voyait une extrême vivacité, et des traits qui eussent fort
bien caractérisé la physionomie la moins mobile. La bonté, le désir de
plaire, le besoin même d'obliger en étaient l'expression dominante, et
nul, cependant, n'eut, à l'occasion, plus de sévérité dans le regard,
plus de fermeté dans la manifestation du commandement, plus de force
dans cette parole, tout à l'heure si douce et si aimable. Il a
conservé des dehors aussi remarquables jusqu'à l'âge le plus avancé.
La beauté, selon Platon, est un des plus grands avantages que la
nature puisse nous accorder; il en est peu, cependant, dont on doive
moins se glorifier. Cet avantage, que M. de Bonnefoux semblait
ignorer, contribua sans doute à prévenir bien des personnes en sa
faveur, mais s'il gagna toujours le coeur de ses camarades, de ses
chefs, ou de ses subordonnés, ce fut aussi par ses qualités morales.
Ses débuts dans la marine[210] eurent lieu à l'époque où Louis XVI
avait donné à nos flottes une attitude redoutable, qu'il eût été dans
l'intérêt de la France de maintenir dans une jalouse intégrité. Il se
trouva lié, dès sa jeunesse, avec les Bruix, les de Crès[211], et
autres esprits vigoureux qui semblaient prévoir leur future élévation
et qui s'y préparaient par tous les moyens que leur offraient l'étude,
la pratique et le travail. Il fit la guerre de l'Indépendance des
États-Unis sur la frégate _la Fée_[212], renommée par les beaux
combats qu'elle livra sous le commandement du capitaine Boubée, dont
la valeur tenait du prodige, et dont la modestie égalait la valeur.
[Note 210: Aspirant-garde de la marine à Rochefort le 1er avril
1779, garde de la marine le ler juillet 1780, sa nomination d'enseigne
de vaisseau date du 14 septembre 1782.]
[Note 211: Voyez dans les _Mémoires_ les notices consacrées à
Bruix et à de Crès.]
[Note 212: Casimir de Bonnefoux navigua d'abord comme garde de
marine, puis comme enseigne de vaisseau sur la frégate _la Fée_, du 11
avril 1782 au 26 décembre 1783. Ce fut à la suite d'un combat dans
lequel il s'était distingué que le roi le nomma enseigne de vaisseau
le 14 septembre 1782.]
La paix vint ensuite rendre le calme au monde; mais M. de Bonnefoux
continua à s'exercer aux difficultés de son état dans les Antilles, où
il commanda un brig de guerre[213]; et il y avait sept ans qu'il
n'avait interrompu ses voyages, lorsque, rentrant en France, il trouva
la monarchie renversée et les esprits en délire. Il apprit, en même
temps, que ses trois frères, ainsi que plusieurs autres officiers
d'infanterie du même nom, avaient tous émigré, et qu'un de ses frères
avait péri pendant l'émigration; ces faits étaient plus que suffisants
pour éveiller la farouche susceptibilité du gouvernement de la Terreur
qui prévalait alors. Il fut incarcéré à Brest; son procès fut
commencé par les tribunaux révolutionnaires, et, sans la chute de
Robespierre, il aurait probablement porté sa tête sur l'échafaud.
[Note 213: En qualité d'enseigne il servit sur le vaisseau _le
Réfléchi_ et sur la frégate _la Danaë_. Promu lieutenant de vaisseau
le 1er mai 1786, il commanda en 1791 l'aviso _le Sans-Soucy_.]
Cependant, l'horreur de cette captivité, la tristesse de ces sombres
lieux avaient été adoucies par le tour ingénieux de ses saillies,
ainsi que par l'enjouement invincible de son humeur.
Ces malheureux prisonniers parvinrent ainsi à braver leurs tyrans; ils
leur montrèrent la plus imposante fermeté, et s'ils attendirent leur
sort avec la résignation la plus gaie, ce fut certainement à
l'impulsion que donna leur nouveau compagnon d'infortune, et à
l'ascendant que parvinrent à acquérir et sa jeune philosophie et son
esprit entraînant.
Peu après sa mise en liberté, il fut successivement nommé capitaine de
vaisseau, chef de division[214], et il eut plusieurs commandements,
notamment celui du vaisseau à trois ponts _le Terrible_[215] qui prit
la mer portant le pavillon du vice-amiral Morard de Galle[216].
L'esprit d'insubordination, excité par de folles idées d'égalité
absolue, agitait alors toutes les têtes; et les casernes, les
vaisseaux présentaient souvent le spectacle de la révolte. Le
vice-amiral Thévenard[217] qui commandait à Brest, ne se crut jamais
aussi certain de réprimer les émeutes, que lorsque M. de Bonnefoux
était présent, et, à la mer, rien de sérieux n'éclata jamais à bord du
_Terrible_, grâce à un regard d'autorité qu'on n'osait méconnaître, et
qui était soutenu par une fermeté, par un ton de supériorité
d'éducation qui seront toujours l'arme la plus sûre d'un officier
contre la désobéissance.
[Note 214: D'après les _États de service_ de M. de Bonnefoux il
fut nommé capitaine de vaisseau le 1er janvier 1793, et chef de
division le 20 mars 1796. Son incarcération au château de Brest date
de la fin de 1793 ou des premiers jours de 1794. Sa destitution comme
noble eut sans doute lieu en même temps que celle de son chef Morard
de Galle, c'est-à-dire le 30 novembre 1793 et il fut réintégré dans le
corps un peu après lui.]
[Note 215: M. de Bonnefoux commanda le vaisseau _le Terrible_ du
25 mai 1793 au 26 octobre de la même année. En qualité de lieutenant
de vaisseau il avait exercé une première fois les fonctions de chef du
pavillon du contre-amiral Morard de Galle sur le vaisseau _le
Républicain_, du 6 juillet 1792 au 3 décembre de la même année. Le 10
novembre 1792 (an 1er de la République française), Monge, ministre de
la Marine, écrivait la lettre suivante au citoyen Morard de Galle,
contre-amiral commandant l'escadre de Brest: «Les bons témoignages que
vous me rendez de la conduite et du patriotisme du citoyen Bonnefoux
ne peuvent que me donner une bonne opinion de cet officier et me
porter à lui procurer une marque de confiance. J'en saisirai
l'occasion avec plaisir et je vous prie d'être persuadé que je
n'oublierai point tout le bien que vous m'avez dit de lui, je vous
invite même à l'assurer de mes dispositions à son égard.» Nous avons
eu entre les mains l'original autographe de cette lettre.]
[Note 216: Justin Bonaventure Morard de Galle de la Bayette, né le
30 mars 1741 à Goncelin (Dauphiné) servit successivement sous l'ancien
régime dans l'armée de terre et dans l'armée de mer. Il avait pris
part d'une façon distinguée à la guerre de l'Indépendance d'Amérique,
pendant laquelle il fut blessé deux fois. La Révolution le trouva
capitaine de vaisseau et le nomma contre-amiral le 1er janvier 1792,
vice-amiral le 1er janvier 1793. Destitué comme noble par mesure de
sûreté générale le 30 novembre 1793, réintégré dans la marine le 3
mars 1795, il devint commandant des armes à Brest (chef militaire du
port) le 3 avril 1796. Devenu membre du Sénat après le 18 brumaire, le
vice-amiral Morard de Galle mourut en 1809. Il avait assisté à quinze
combats.]
[Note 217: Antoine-Jean-Marie Thévenard, né à Saint-Malo le 7
décembre 1733, entra en 1745 au service de la Compagnie des Indes et
s'éleva successivement de grade en grade jusqu'à celui de capitaine de
vaisseau. Entré dans la marine royale en 1770 comme capitaine du port
de Lorient il devint capitaine de vaisseau en 1773, chef d'escadre en
1784. La Révolution le nomma ministre de la Marine et des Colonies le
16 mai 1791, puis vice-amiral en 1793. Le vice-amiral Thévenard, après
avoir commandé la marine à Brest et à Toulon, devint préfet maritime à
Lorient et membre du Sénat. Retraité en 1810, il mourut le 9 février
1815.]
Cependant les temps s'adoucirent, M. de Bonnefoux obtint de pouvoir se
rendre dans sa famille, et, pensant aux circonstances désastreuses qui
avaient porté ses frères et ses parents dans les rangs étrangers, il
voulut renoncer au service, il espéra qu'on l'oublierait chez lui, et
il y goûta, pendant quelques années, les douceurs d'un vrai repos.
Mais une occasion imprévue l'appela à Paris; il s'agissait de faire
rayer de la liste des émigrés un de ses amis d'enfance, qui avait tout
bravé pour venir incognito dans sa famille.
Les démarches de l'amitié, l'activité du solliciteur, ses manières
séduisantes furent suivies du succès; cependant, il avait trouvé au
ministère de la Marine, M. de Bruix qui, sentant tout ce que son
administration pouvait espérer du concours de son ancien camarade, usa
de toute son influence pour le rattacher au service. Toutefois, ayant
à combattre ses scrupules, relatifs à l'émigration de ses frères, le
ministre ne put le décider à accepter ses offres, qu'en lui promettant
de ne l'employer que dans les arsenaux, et il le nomma adjudant
général du même vice-amiral Morard de Galle dont il avait été
capitaine de pavillon[218], et qui, courbé sous le poids d'un grand
âge, avait besoin d'un bras énergique pour faire respecter son
autorité dans le port de Brest, qu'il commandait.
[Note 218: M. de Bonnefoux fut adjudant général au port de Brest
du 5 août 1798, au 17 septembre 1800.]
Presque tous les officiers de l'ancienne marine si formidable de Louis
XVI avaient émigré; ils avaient été remplacés, d'une manière
improvisée, par des hommes, qu'à de très honorables exceptions près,
tout excluait de si brillantes destinées, et qui n'avaient rien de ces
liens de corps, de ces sentiments élevés, de cette instruction solide,
sans lesquels on prétendrait en vain l'emporter sur les marins
anglais. Ces causes avaient principalement occasionné les revers de
notre marine pendant la guerre de notre révolution. M. de Bonnefoux le
savait; aussi, tous ses soins se portèrent à établir à Brest un
véritable aspect militaire, un ordre réparateur, et principalement à
encourager les jeunes gens qui s'y précipitaient alors pour se rendre
dignes de remplacer les anciens officiers, et qui, depuis, ont paru
avec tant de distinction sur tous les points du globe où se montre
notre pavillon.
Tous se souviennent encore, avec attendrissement, des bontés de
l'adjudant général du port de Brest, de ces jours éloignés et des
marques d'intérêt qu'alors ou plus tard, il sut trouver les moyens de
leur témoigner[219].
[Note 219: Une note du dossier de M. Casimir de Bonnefoux,
contemporaine, semble-t-il, de l'époque où il était adjudant général,
au port de Brest résume ainsi l'opinion de ses chefs sur son compte:
«De l'honneur, du courage et des moyens.»]
Ce fut en 1799 que le ministre Bruix, destiné à commander une armée
navale de vingt-cinq vaisseaux de ligne et nombre de frégates ou
corvettes, arriva à Brest avec de pleins pouvoirs. Il avait compté sur
le zèle de son ami; sa confiance ne fut pas trompée, car les vaisseaux
étaient prêts et bien approvisionnés. Il allait parcourir la
Méditerranée, porter des secours à Moreau près de Savone; ramener
l'armée navale espagnole de Cadix à Brest, et l'on sait avec quels
talents militaires et diplomatiques il accomplit cette haute mission,
qui assura à la France l'alliance du roi d'Espagne[220].
[Note 220: Sur la campagne de l'amiral Bruix, voyez les
_Mémoires_, liv. II, ch. II.]
Il fallait à l'amiral Bruix un chef d'état-major habile; il s'en
ouvrit à M. de Bonnefoux, et il lui offrit le grade de contre-amiral;
mais il ne put surmonter ses mêmes scrupules, «et, d'ailleurs, lui
répondit celui-ci, la mer est un théâtre qu'on ne doit jamais quitter
sous peine de se trouver bientôt au-dessous de soi-même; et depuis
trop longtemps j'ai cru devoir y renoncer».
Le ministre amiral fut plus heureux pour l'armement du vaisseau _la
Convention_: il le vit à peine radoubé dans un des bassins du port, et
il regretta de ne l'avoir pas désigné pour être adjoint à son armée.
«Pourquoi des regrets, lui dit M. de Bonnefoux, si tu le veux, tu
l'auras». «Mais je dois partir sous trois jours.» «Tu l'auras, te
dis-je, commande et il sera prêt.» L'amiral donna l'ordre avec l'air
du doute, et cet ordre fut exécuté: avant soixante-douze heures, le
vaisseau était en pleine mer! De nos jours, dans un état prospère,
cette opération tiendrait du prodige; qu'était-elle donc dans ces
temps de dénuement presque absolu de munitions, de matelots, d'argent
et d'officiers; et, pour que tout fût vraiment extraordinaire dans cet
armement précipité, ce vaisseau étonna tous les autres par la
supériorité de sa marche.
Mais nous arrivions à ces jours où le deuil profond de la France
commençait à se dissiper. Le premier consul encourageait, accueillait
tous les projets d'amélioration publique; il lui en fut présenté un
bien remarquable pour le département de la marine: celui de
l'organisation des préfectures maritimes. M. de Caffarelli[221],
lieutenant de vaisseau de l'ancienne marine royale, frère de
l'intrépide général de ce nom, qui avait succombé si glorieusement sur
les bords du Nil, et devenu conseiller d'État, fut l'heureux auteur de
ce plan d'ordre, de force et d'économie. Il en fut noblement
récompensé; en effet, on présuma que celui qui avait si bien conçu le
système l'exécuterait le mieux; et il fut nommé préfet maritime de
l'arrondissement qui renfermait le port de Brest dans ses limites
étendues.
[Note 221: Sur Caffarelli, voyez ces _Mémoires_, p. 87, note 1.]
Cette création admettait, en second, des chefs militaires ou
d'état-major et l'on conjectura dans les ports que le Gouvernement
penserait à M. de Bonnefoux, mais sa famille, son père, très âgé,
l'appelaient auprès d'eux, il se prononça donc clairement sur les
bruits qui coururent de sa nomination, il autorisa un de ses amis à se
mettre en ligne sans craindre de traverser ses vues; et, quand ce
service fut mis en vigueur, il cessa ses fonctions d'adjudant général,
et il fit des démarches pour quitter la marine.
Bonaparte ne voulut pas statuer légèrement à son égard, il demanda un
rapport sur son compte, et lorsqu'il eut parcouru ce rapport, il
répondit qu'il ne voulait pas entendre parler de cette démission:
«Donnez à cet officier, dit-il, le commandement du vaisseau _le
Batave_ où sera placé le dépôt des élèves de la Marine, qu'il veille
sur cette précieuse pépinière, et bientôt nous verrons!»
Le préfet Caffarelli lui annonça cette décision invariable et lui dit
obligeamment que son vaisseau ne pourrait l'occuper tout entier, qu'il
avait besoin de ses conseils, que pour en profiter plus souvent, il
lui faisait préparer un appartement dans son hôtel, et qu'il serait
très contrarié s'il était refusé. Le nouveau préfet apporta dans ses
fonctions difficiles sa profondeur de vues accoutumée; le port de
Brest gagna considérablement par son crédit ou par les soins qu'il lui
donna, et s'il arriva que, dans le début, quelques derniers efforts de
troubles furent encore tentés par les fauteurs de l'anarchie, la
répression fut si absolue et si dédaigneuse qu'on ne les vit plus se
renouveler.
Le premier consul n'oublia pas sa promesse: l'inspection générale des
côtes de la Méditerranée fut donnée à M. de Bonnefoux[222], qui entra
dans les détails les plus minutieux. Le compte écrit qu'il rendit de
sa longue mission jeta une grande lumière sur des faits importants,
ainsi que beaucoup d'éclat sur la capacité de celui qui l'avait
rédigé.
[Note 222: Son titre officiel fut inspecteur des classes dans le
VIe arrondissement maritime.]