1. Enfin, après le temps que Dieu a marqué pour la durée du monde,
et après une multitude de signes et de présages horribles qui
feront sécher les hommes d'effroi, le feu, venant comme un déluge,
brûlera et réduira en cendres toute la surface de la terre, sans
que rien de ce que nous voyons soit épargné.
2. Après ce déluge de flammes et de foudres, tous les hommes
ressusciteront de la terre (excepté ceux qui sont déjà
ressuscités), et à la voix de l'archange, ils comparoîtront en
la vallée de Josaphat. Mais hélas! avec quelle différence! car
les uns y seront avec un corps glorieux et resplendissant, et les
autres avec un corps hideux et horrible.
3. Considérez la majesté avec laquelle le souverain juge
comparoîtra, environné de ses anges et de ses saints, ayant devant
lui sa croix, plus brillante que le soleil, signe de grâce pour
les bons, et de rigueur pour les méchans.
4. Ce souverain juge, par un ordre qui sera de suite exécuté,
séparera les bons d'avec les mauvais, mettant les premiers à sa
droite et les seconds à sa gauche; séparation éternelle, après
laquelle jamais ces deux troupes ne se retrouveront ensemble.
5. La séparation une fois faite, et les livres des consciences
étant ouverts, on verra clairement, d'un côté la malice des
méchans, et le mépris qu'ils ont fait de Dieu; et de l'autre côté,
la pénitence des bons, et les heureux fruits qu'ils ont tirés de
la grâce. Alors rien ne sera caché. O Dieu! quelle confusion pour
les uns, et quelle consolation pour les autres!
6. Considérez la dernière sentence prononcée sur les méchans:
Allez, maudits, au feu éternel, qui a été préparé au diable et
à ses compagnons. Pesez cet paroles accablantes. Allez, dit-il;
c'est un mot qui marque l'abandonnement perpétuel que Dieu fait
de ces malheureux, les bannissant pour jamais de sa face. Il
les appelle maudits. O mon ame! quelle malédiction! malédiction
générale, qui comprend tous les maux; malédiction irrévocable, qui
comprend tous les temps et l'éternité. Il ajoute, au feu éternel.
Regarde, ô mon cœur, cette grande éternité! O éternelle éternité
des peines, que tu es effroyable!
7. Considérez ensuite la sentence des bons. Venez, dit le juge
(ah! c'est la douce parole de salut, par laquelle Dieu nous
appelle à lui, et nous reçoit dans le sein de sa bonté), bénis de
mon Père (ô chère bénédiction, qui comprend toute bénédiction),
possédez le royaume qui vous est préparé dès le commencement du
monde. O Dieu! quelle grâce! car ce royaume n'aura jamais de fin.
_Affections et résolutions._
1. Tremble, ô mon ame! à la pensée de ce dernier jour. O Dieu!
quelle sûreté pourrai-je y trouver, puisque les colonnes du Ciel y
trembleront de frayeur!
2. Détestez vos péchés, qui seuls peuvent vous perdre dans cette
journée formidable.
Ah! je veux me juger moi-même dès à présent, afin de n'être pas
jugée alors. Je veux examiner ma conscience, et me condamner,
m'accuser et me corriger, afin que mon juge ne me condamne pas en
cette journée terrible. Je me confesserai donc, j'accepterai les
avis nécessaires, etc.