«Rome n'est plus dans Rome...» La Comédie-Française est à
l'Opéra-Comique. Depuis quelques jours, sociétaires et pensionnaires du
Français occupent, rue Favart, les loges des artistes de la maison que
la «fermeture annuelle» met en congé. Ainsi, Oedipe, Tartufe, le gendre
de M. Poirier, vivent provisoirement sur les domaines d'Aphrodite, de
Manon et de Lakmé. Villégiature estivale. Durant ce temps, les
architectes apportent des aménagements nouveaux à notre première scène
qui, lois de sa réouverture, en septembre, s'ornera,--enfin!--du beau
plafond de Bernard, dont le marouflage nécessite des travaux minutieux
et longs et pour la pose duquel il a fallu fermer les portes.
Aux arènes de Lutèce, qui, dans leur étal actuel, forment rue Monge un
agréable square de pierres vénérables et de jeune verdure, quelques
représentations théâtrales viennent d'être données par les soins de Mme
Caristi-Martel qui, l'an dernier, inaugura cette scène de plein air dans
un quartier de Paris. Un drame en quatre actes, l'_An Mille_ de M.
Maurice Magre, composait l'essentiel du spectacle. Cette oeuvre aux
grandes lignes, où l'amour s'oppose au fanatisme, écrite en vers
sonores, et parfaitement jouée, a obtenu un succès très vif.
A propos de spectacles de plein air, il convient de signaler, à cette
place, _Bérénice_, tragédie en trois actes, de M. Albert du Bois,
représentée ces jours passés aux arènes de Nîmes et qui provoqua--et ce
fut justice--l'enthousiasme d'un auditoire des plus nombreux. Cette
pièce, d'une haute tenue littéraire, oeuvre d'un lettré subtil, a
cependant ému la foule parce qu'elle est claire, simple, rapide,
humaine. Elle s'offrait dans le cadre qui lui convenait le mieux.