Les Bulgares, dont la situation stratégique paraît maintenant très
compromise, auront-ils à défendre, en outre, leur territoire contre
l'invasion des forces roumaines? Ceci est le secret de demain. Mais les
alarmes sont immédiates. La mobilisation, ordonnée par décret royal du 3
juillet, s'achève en effet au milieu de l'enthousiasme national. Des
lettres de Bucarest nous disent les manifestations exaltées qui se
produisent en ce moment en faveur de la guerre dans toutes les villes du
royaume. Dès qu'eût été signé le décret de mobilisation, la population
de Bucarest s'est massée devant le palais royal pour acclamer le roi,
les ministres, le prince héritier, nommé généralissime; elle a entouré
le monument du voïvode Michel le Brave et applaudi les orateurs
populaires qui parlaient de la guerre nécessaire et de la Grande
Roumanie reconstituée. Et chaque jour l'on continue ces manifestations
au cours desquelles, si l'on acclame la Serbie, on pousse le cri de «A
bas l'Autriche», cri très nouveau dans ce pays si longtemps soumis à
l'influence de la Triplice.