Je me sentais las d’avoir marché tout le long le jour. C’est alors que
j’ai tourné la tête vers Ta cour royale encore lointaine.
La nuit tombait. J’étais hanté de nostalgie. Quelles que fussent les
paroles de mon chant la douleur les traversait--car mes chants eux-mêmes
avaient soif, ô mon Amant, mon Bien-Aimé, mon Préféré!
Quand l’heure sombra dans l’obscurité Ta main laissa choir le sceptre
pour prendre un luth et en pincer les cordes; et mon cœur palpitait, ô
mon Amant, mon Bien-Aimé, mon Préféré!
Mais quels sont les bras qui m’enlacent? J’abandonnerai ce que je dois
abandonner; ce que je dois porter je le porterai. Qu’on me laisse
seulement marcher près de Toi, ô mon Amant, mon Bien-Aimé, mon Préféré!
Descends parfois de Ton trône et viens te mêler à nos plaisirs comme à
nos douleurs; cache-Toi dans toutes les formes, dans toutes les
jouissances, dans l’amour et dans mon âme--et là, chante! O mon Amant,
mon Bien-Aimé, mon Préféré!