C’est dans un sentier plein d’herbes hautes que j’entendis sa voix: «Me
connais-tu?»
Je me retournai, et l’ayant vue: «Il ne me souvient plus de ton nom»,
dis-je.
Elle répondit: «Je suis la première grande douleur de ta jeunesse», et
ses yeux ressemblaient au matin ruisselant de rosée.
«Est-il épuisé, le profond trésor de tes larmes?» repris-je.
Elle souriait et ne répondait pas. Je compris que ses larmes avaient eu
le temps d’apprendre un nouveau langage.
«Tu disais alors», murmura-t-elle, «que tu chérirais à jamais ta peine.»
Je rougis. «Oui, mais le temps a passé et l’homme oublie», dis-je.