Je crois t’avoir aperçue en songe avant de te connaître; telles sont les
presciences d’Avril avant les plénitudes du printemps.
La vision que j’eus de toi n’est-elle pas venue alors que toutes choses
s’imprégnaient du parfum des _Sals_ en fleurs, quand le scintillement
vespéral de la rivière ajoutait comme une frange à la blondeur des
sables, quand les rumeurs des jours d’été s’entremêlaient vaguement?
Oui, moqueuse et fuyante la vision que j’eus de ton visage en des heures
évadées!