DÉBRAYAGE POUR MOTOCYCLETTES

La motocyclette, si répandue à l'heure actuelle et destinée à prendre

une extension très considérable, peut, à la rigueur, se passer de

débrayage-embrayage, mais il est incontestable que l'addition de ce

mécanisme lui confère de nombreuses et précieuses qualités. Sans compter

les pénibles efforts que l'on doit faire pour se lancer avec machine et

moteur et que l'embrayage permet d'éviter, on est souvent bien

embarrassé pour ralentir sa marche dans les agglomérations. Avec un bon

embrayage, on peut ralentir jusqu'à 3 ou 4 kilomètres à l'heure sans

arrêter le moteur, démarrer avec une grande douceur en évitant à tout le

mécanisme des secousses brutales. Lorsque le moteur ne fonctionne pas,

il suffit de débrayer pour pouvoir pédaler sans difficulté, au lieu de

se trouver obligé de descendre pour ôter la chaîne ou la courroie de

transmission.

[Illustration.]

Le débrayage le «Goupil», que nous décrivons à nos lecteurs et qui est

dû à l'ingéniosité de MM. Constantin et Cabannes, est un instrument

robuste et simple. Il s'adapte à toute bicyclette à moteur, qu'elle soit

à chaîne ou à courroie; il est tout en acier pris dans la masse, cémenté

et rectifié après trempe. Sa commande est aisée et ne nécessite aucune

connaissance spéciale; il suffit d'approcher ou d'éloigner de soi une

simple manette à portée de la main.

L'embrayage se produit par bloquage d'un segment extensible sur la paroi

interne d'un pignon de commande maintenu solidairement avec la roue

motrice par un segment à talon 17 (fig. 1) s'ouvrant au moyen d'une came

15 soutenue par une pièce 14 et une douille conique 8 mue par un écrou à

pas rapide 7 entourant la vis 5 (fig. 1 et 2).

Ce dispositif est monté sur le moyeu et sur l'axe de la roue arrière.

Sur la figure 2, on peut voir le levier 10 dont la manoeuvre déplace

latéralement l'écrou 7 enfermé dans la douille 8 dont le congé arrondi

très prononcé (fig. 1) vient soulever ou abaisser la pièce 14 et la came

15. Lorsque cette came se soulève, elle force à s'ouvrir le segment à

talon 17 et le bloque fortement sur la paroi interne de la cuvette 19

(fig. 1 et 2) portant à l'extérieur soit une poulie, pour courroie, soit

un pignon denté, pour chaîne. Ce pignon ou cette poulie deviennent donc

solidaires de la roue motrice, et le tout obéit au moteur. Le rappel du

levier 10 ramène la douille, et la pièce 14 retombe dans la partie la

moins élevée, débrayant ainsi le segment bloqueur. A ce moment, le

pignon tourne fibre sur deux couronnes de billes 20 qui rendent le

roulement très doux.

Malgré sa complication apparente, ce dispositif est simple: son

encombrement est très faible, puisque l'épaisseur ne dépasse pas 20

millimètres. La pose est facile; il suffit de visser l'appareil sur le

moyeu de la roue arrière sans rien changer à la machine.

[Illustration.]

Pour tous renseignements sur le débrayage le «Goupil», s'adresser à _MM.

Constantin et Cabannes, à Saint-Chinian (Hérault)._

L'Illustration, No. 3247, 20 Mai 1905 · 第 22 / 23 题