_Prix du Numéro: Un Franc._ SAMEDI 5 SEPTEMBRE 1914 _72e Année.--No 3732._
[Illustration: UN SOUVERAIN HÉROÏQUE: ALBERT, ROI DES BELGES]
L'histoire nous dit que le devoir d'affirmer et de maintenir le grand
principe qui est, après tout, la source du progrès et de la civilisation
a incombé parfois, à des moments critiques du passé, à des Etats
relativement petits comme superficie et comme population, mais grands en
courage et en ressources,--à Athènes et à Sparte, à la nation suisse, et
non moins glorieusement, il y a trois siècles, aux Pays-Bas.
Jamais, je puis le dire, ce devoir n'a été reconnu plus clairement et
plus bravement, jamais il n'a été accompli plus durement et plus
héroïquement qu'au cours de ces dernières semaines par le roi des Belges
et le peuple belge. Ils ont fait face sans faiblir et contre des
difficultés incalculables: les horreurs de l'invasion, de la
dévastation, de la spoliation et de l'outrage...
_Motion présentée par M. Asquith à la Chambre des communes._
Il y a eu des combats incessants autour d'Anvers au cours de la semaine
dernière. Les troupes belges marchent au combat avec une ardeur
indescriptible. Le roi Albert a contribué à maintenir cette ardeur parmi
ses soldats; il se multiplie et se trouve toujours à l'endroit le plus
dangereux.
C'est ainsi que, quand la garnison fit une nouvelle tentative pour
déloger les Allemands de Malines, le roi se trouvait en péril grave.
Dans son automobile, il courait tout le long de la ligne de feu,
encourageant les hommes par sa présence et ses paroles. Les shrapnells
éclataient autour de lui et l'un d'eux explosa à 20 mètres. Quand son
aide de camp lui demanda de se retirer, le roi refusa et répondit: «Je
ne veux pas que mes soldats puissent dire que leur chef se retire du
danger pendant qu'il envoie les hommes faire face aux balles de
l'ennemi.»
_Dépêche d'Ostende au New-York Herald._