J'y pense toujours. Parlons d'autre chose. Un combat naval... moderne...
mon récit marche si lentement. C'est si ennuyeux à écrire, et sans doute
aussi à lire. À quoi cela servira-t-il?... Abrégeons, autant que
possible, les faits sans réflexions ni commentaires. Pauvre cher enfant!
Après cette excursion en Dauphiné, je revins à Paris. On bombarde...
Bomarsund... il est peut-être au milieu du feu en ce moment...
M. Léon Pillet allait quitter la direction de l'Opéra. M. Nestor
Roqueplan et l'éternel Duponchel s'étaient associés et unissaient leurs
efforts pour obtenir sa succession. Ils vinrent me trouver.
«--Vous savez, me dirent-ils que M. Pillet ne peut plus rester a
l'Opéra; nous avons des chances pour y entrer (Duponchel pouvait dire:
pour y rentrer); mais le ministre de l'intérieur ne nous est pas
favorable, et vous seul pouvez, par l'intervention du directeur du
_Journal des Débats_, changer, à notre égard, ses dispositions.
Voulez-vous demander à M. Armand Bertin de faire une démarche auprès du
ministre? Si, par suite, nous sommes nommés, nous vous offrirons une
belle position à l'Opéra; nous vous donnerons la haute direction de la
musique dans ce théâtre, et, en outre, la place de chef d'orchestre.
--Pardon, cette place est occupée par M. Girard, un de mes anciens amis,
et à aucun prix je ne voudrais la lui faire perdre.
--Eh bien, il faut deux conducteurs à l'Opéra, nous ne voulons pas
conserver le second, qui n'est bon à rien, et nous partagerons alors en
deux parties égales, entre M. Girard et vous, les fonctions de chef
d'orchestre. Laissez faire, tout sera arrangé à votre satisfaction.»
Séduit par ces belles paroles, j'allai voir M. Bertin. Après quelque
hésitation, causée par son peu de confiance dans les deux solliciteurs,
il consentit à parler pour eux au ministre. Ils furent nommés.
Dès les premiers jours de leur installation, les avanies de toute espèce
commencèrent pour moi à l'Opéra. Roqueplan me donnait des rendez-vous et
ne s'y trouvait pas; Duponchel l'imitait. On me faisait faire
antichambre pendant deux heures; puis, quand l'un des directeurs
arrivait enfin, il regrettait l'absence de son associé, déclarant ne
pouvoir parler d'affaires sans lui. Je compris bien vite
l'arrière-pensée de ces messieurs. De tels procédés me remplissaient
d'une indignation que l'on concevra sans peine, mais je la contenais
cependant, résolu à voir jusqu'où ils pousseraient la _franchise_. Je
m'obstinai, comme on dit, à les mettre au pied du mur, et j'y parvins.
Après je ne sais combien d'allées, de venues, de rendez-vous manqués, il
fallut bien finir par nous trouver tous les trois en présence, et alors
commença fort clairement la palinodie. _On ne savait comment faire pour
me créer une position à l'Opéra, on pourrait peut-être me confier la
direction des choeurs, mais je ne joue pas du piano, et cela est
nécessaire pour faire les répétitions. Girard ne voulait point admettre
dans la direction de l'orchestre une autorité égale à la sienne_: «Un
trône, disait-il, ne se partage pas» (Roi d'Yvetot!), etc., etc. Bref,
on était fort empêché. Mais voici le bouquet!
J'avais depuis longtemps commencé la partition d'un grand opéra en cinq
actes (_la Nonne sanglante_) que m'avait demandé M. Léon Pillet, dont
Scribe avait esquissé le livret, et pour lequel un contrat avait été
signé entre nous et M. Pillet. Croirait-on qu'au milieu de notre
conversation. Roqueplan eut l'audace de me jeter ces paroles à la face:
«--Vous avez un poëme d'opéra de Scribe?
--Oui.
--Eh bien! que voulez-vous en faire?
--Parbleu! ce qu'on fait des poëmes d'opéras apparemment.
--Mais, vous le savez, par un règlement ministériel, il est interdit aux
artistes employés dans notre théâtre, d'y faire représenter leurs
ouvrages, et comme vous allez y occuper une place, vous ne pourrez pas
faire des opéras.
--Oh! je n'ai pas l'intention d'en écrire une douzaine, soyez
tranquille; si j'en pouvais produire deux bons dans ma vie, je
m'estimerais très-heureux.
--N'importe, il vous sera même impossible d'en faire jouer un seul.
Votre _Nonne_ sera perdue; _vous devriez nous la donner; nous la ferions
mettre en musique par un autre_.»
Je me contins encore et répondis d'une voix étranglée:
«--Prenez-la!»
À partir de ce moment, la conversation devint de plus en plus
embrouillée et inutile. J'avais deviné mes hommes. Mes soupçons étaient
évidemment fondés. On visait à se débarrasser de moi, et non-seulement
on ne voulait tenir aucune des promesses faites, mais, me regardant
comme un absurde et dangereux compositeur, incapable d'autre chose que
de compromettre un théâtre, on avait la ferme résolution de ne jamais
rien faire entendre de ma composition à l'Opéra, et on allait jusqu'à me
retirer un ouvrage déjà commencé et offert à moi par le précédent
directeur.
Duponchel ne disait mot, assez embarrassé du cynisme de son confrère.
Bien qu'il n'eût pas plus que lui de confiance en ma valeur musicale, il
semblait sentir pourtant que des directeurs me devant leur place étaient
tenus au moins de cacher toute opinion blessante pour moi, sinon de
faire avec empressement un sacrifice en montant mon ouvrage, dont
l'insuccès leur paraissait certain.
L'opinion de ces messieurs, au sujet de mes compositions, n'était pas,
on peut le croire, ce qui m'indignait; je les avais souvent entendus
exprimer leur mépris souverain pour Beethoven, pour Mozart, pour Gluck
et pour tous les vrais dieux de la musique, et j'eusse été bien honteux
au contraire de trouver chez eux quelque apparence de sympathie. Mais
cette colossale ingratitude dépassait tout ce que j'avais pu connaître
en ce genre jusqu'alors. En conséquence, le lendemain de cette
conversation, où rien ne fut conclu, mais où j'appris ce que je voulais
savoir, l'étendue de la reconnaissance de mes deux obligés, j'acceptai
la proposition qui, par hasard, me fut faite alors d'aller diriger
l'orchestre du grand Opéra anglais de Londres. J'écrivis aussitôt à MM.
Duponchel et Roqueplan pour leur apprendre ma détermination, les
dégageant de toutes leurs promesses et leur souhaitant toutes sortes de
prospérités. Alors ces messieurs, pour se disculper aux yeux des
personnes instruites de ce que j'avais fait pour eux, et rejetant sur
moi l'odieux de leur conduite, allèrent partout dire que j'avais exigé
la place de premier chef d'orchestre et l'expulsion de M. Girard.
Double calomnie, puisque, dès l'origine, j'avais déclaré, au contraire,
ne vouloir rien accepter au détriment de Girard. Il en résulta que
celui-ci crut le mensonge; je m'offensai de sa crédulité; et depuis lors
nous sommes demeurés brouillés; ce qui est pour moi, j'en conviens, un
assez petit malheur. Au reste, il faut l'avouer, j'eus dans cette
affaire à peu près ce que je méritais. Je connaissais parfaitement la
moralité musicale de mes aspirants à la direction de l'Opéra; ce sont
deux Chinois en fait de musique, et qui plus est, ils se croient doués
de jugement et de goût. Ils joignent, en conséquence, à la plus complète
ignorance, à la plus profonde barbarie, une entière confiance en eux. Il
était donc de mon devoir, au lieu de leur aplanir la voie, pour arriver
à notre grande scène lyrique, de les en écarter par tous les moyens.
Mais leur promesse de me confier la direction musicale de l'Opéra
m'éblouit; je pensai tout de suite aux belles choses que l'on peut faire
avec un pareil instrument, quand on sait s'en servir et qu'on se propose
pour but unique la grandeur et le progrès de l'art. Je me dis: ils
administreront les finances, ils se mêleront de la danse, des décors,
etc., et quant à l'Opéra proprement dit, j'en serai le véritable
directeur. Et je tombai dans leur nasse, et LES PROMESSES FAITES
SPONTANÉMENT PAR CES MESSIEURS N'ONT PAS ÉTÉ MIEUX TENUES QUE TANT
D'AUTRES, ET DEPUIS CE MOMENT IL N'EN A PLUS ÉTÉ QUESTION.
J'étais à Londres depuis quelques semaines quand je songeai à mettre
encore une fois _au pied du mur_, mes deux directeurs de _la Nonne
sanglante_.
J'avais bien répondu à Roqueplan me redemandant cette pièce:
«Prenez-la!» mais c'était un peu avec l'accent de Léonidas répondant à
Xerxès qui lui demandait ses armes: «Viens les prendre!»
D'ailleurs, il s'agissait de ce fameux règlement qui interdit à un
compositeur investi d'un emploi à l'Opéra d'écrire pour ce théâtre; bien
que M. Diestch, directeur des choeurs, y ait fait jouer son _Vaisseau
fantôme_ (dont le poëme, composé par Richard Wagner, avait été acheté
cinq cents francs à ce dernier, et donné à ce même Diestch, qui
inspirait à M. le directeur beaucoup plus de confiance que Wagner, pour
le mettre en musique!) bien que M. Benoist, accompagnateur du chant, y
ait fait représenter son _Apparition_, et malgré l'exemple de M. Halévy,
qui, à l'époque où il remplissait les fonctions de directeur du chant à
l'Opéra, y fit néanmoins jouer _la Juive_, _le Drapier_ et _Guido et
Ginevra_. Toutefois Roqueplan avait ainsi une apparence de prétexte en
déclinant la possibilité de la représentation de ma _Nonne sanglante_.
Mais me trouvant maintenant fixé à Londres, hors de l'atteinte d'un
règlement qui ne m'était plus appliquable, j'écrivis à Scribe pour le
prier d'avoir le dernier mot de nos deux directeurs. «S'ils consentent,
lui disais-je, à maintenir le traité que nous avons signé avec M.
Pillet, veuillez les prier de m'accorder le temps dont j'ai besoin pour
terminer ma partition. La direction de l'orchestre de Drury-Lane, ne me
laisse pas le loisir de composer; vous n'avez pas vous-même terminé
votre livret. Je désire méditer et revoir longuement cet ouvrage, lors
même qu'il sera entièrement achevé; et je ne puis m'engager à le laisser
paraître en scène avant trois ans. Si MM. Roqueplan et Duponchel ne
veulent pas nous accorder cette latitude, ou s'ils se refusent, chose
plus probable, à sanctionner notre traité, alors, mon cher Scribe, je
n'abuserai pas davantage de votre patience, et je vous prierai de
reprendre le poëme de _la Nonne_ pour en disposer comme il vous plaira.»
Ce à quoi Scribe me répondit, après avoir vu les directeurs, que ces
messieurs nous sachant fort loin d'être prêts, acceptaient _la Nonne_,
à condition de pouvoir la mettre à l'étude immédiatement, et termina
ainsi:
«Donc, je ne pense pas qu'il y ait chances bien favorables pour nous, et
puisque vous avez la bonté et la loyauté de me laisser la disposition de
notre vieux poëme, qui attend depuis si longtemps, je vous dirai avec
franchise que j'accepte et que je chercherai ici, soit avec le théâtre
National qui vient d'ouvrir, soit ailleurs, à lui trouver un placement.»
Ainsi fut fait. Scribe reprit son poëme; il l'offrit ensuite, m'a-t-on
dit, à Halévy, à Verdi, à Grisar, qui tous, connaissant cette affaire,
et considérant la conduite de Scribe, à mon égard, comme un assez
mauvais procédé, eurent la délicatesse de refuser son offre. M. Gounod
enfin l'accepta, et sa partition sera très-prochainement entendue[118].
J'en ai fait deux actes seulement. En tête des morceaux que je crois
bons, dans ma musique, je mettrai le grand duo, contenant la légende de
_la Nonne sanglante_ et le finale suivant. Ce duo et deux airs sont
entièrement instrumentés; le finale ne l'est pas. Cela ne sera jamais
connu très-probablement[119].
Quand, de retour à Paris, je vis ensuite Scribe, il sembla un peu confus
d'avoir accepté ma proposition et repris son poëme de _la Nonne_: «Mais,
me dit-il, vous le savez, _il faut que le prêtre vive de l'autel_.»
Pauvre homme! il ne pouvait pas attendre en effet: il n'a guère que deux
ou trois cent mille francs de revenus, une maison de ville, trois
maisons de campagne, etc.
Liszt trouva un mot charmant, quand je lui répétai celui de Scribe:
«Oui, dit-il, il faut qu'il vive de l'hôtel,» comparant ainsi Scribe à
un aubergiste.
Je n'entrerai pas dans de grands détails sur mon premier séjour en
Angleterre, je n'en finirais pas. D'ailleurs c'est toujours le même
refrain. J'étais engagé par Jullien, le célèbre directeur des
concerts-promenades, pour diriger l'orchestre du grand Opéra anglais
qu'il avait eu l'étrange ambition de fonder au théâtre de Drury-Lane.
Jullien, en sa qualité incontestable et incontestée de fou, avait engagé
un aimable orchestre, un choeur du premier ordre, une assez convenable
collection de chanteurs, en oubliant seulement le _répertoire_. Il avait
en perspective pour tout bien, un opéra _The Maid of honour_ commandé
par lui à Balfe; se proposant d'ouvrir sa saison par une traduction
anglaise de la _Lucia di Lammermoor_ de Donizetti. Et il fallait, en
attendant la mise en scène de l'opéra de Balfe, que cette _nouveauté_,
la _Lucia_, produisît dix mille francs à chaque représentation, pour
couvrir les frais seulement.
Le résultat était inévitable; les recettes de la _Lucia_ n'atteignirent
jamais le chiffre de dix mille francs; l'opéra de Balfe obtint un
demi-succès, et, au bout de très-peu de temps, Jullien fut ruiné
complètement. Je n'avais touché que le premier mois de mes honoraires;
aujourd'hui, malgré les belles protestations de Jullien, qui, après
tout, est honnête homme, autant qu'on puisse l'être avec un tel fonds
d'imprudence, je considère ce qu'il me doit encore comme perdu sans
retour.
C'est de lui et de son extravagant théâtre qu'il s'agit dans un passage
sur l'Opéra anglais de mon livre _les Soirées de l'orchestre_. C'est
Jullien que j'ai voulu désigner en parlant de cet imprésario aux abois
qui me proposa sérieusement de faire représenter _en six jours_,
l'opéra de _Robert le Diable_, dont il ne possédait ni les copies, ni la
traduction anglaise, ni les costumes, ni les décors et dont le personnel
chantant de son théâtre ne savait pas une note. C'était là seulement de
la folie. Voici une idée bouffonne qui caractérise parfaitement l'homme
habitué à s'adresser toujours aux instincts puérils de la foule et à
réussir par les plus stupides moyens. Je ne puis m'empêcher de la
rapporter ici.
Jullien, à bout de ressources, voyant que l'opéra de Balfe ne rapportait
pas d'argent, et reconnaissant à peu près l'impossibilité de mettre en
scène _Robert le Diable_ en six jours, même en se reposant le
_septième_, assembla son comité d'administration pour lui demander
conseil. Ce comité se composait de sir Henri Bischop, de sir George
Smart, de M. Planchet (l'auteur du livret de l'_Obéron_ de Weber) de M.
Gye (le régisseur de Drury-Lane), du maître de chant M. Marezzeck, et de
moi. Il exposa son embarras et parla de différents opéras (non traduits
et non copiés comme toujours,) qu'il avait envie de mettre en scène. Il
fallait entendre les idées, les opinions de ces messieurs, sur les
chefs-d'oeuvre mis ainsi sur la sellette!... Je les écoutais avec
admiration. Enfin quand on en vint à l'_Iphigénie en Tauride_ promise au
public anglais par le prospectus de Jullien, selon l'usage (les
directeurs de Londres annoncent tous les ans cet ouvrage et ne le
donnent jamais), et les membres du comité n'en connaissant pas une note,
ne sachant que dire, Jullien, impatienté de mon mutisme, se tourna
vivement vers moi en m'interpellant:
«--Que diable! parlez donc, vous devez connaître cela, vous!
--Oh, oui! je connais _cela_, mais vous ne me demandez rien. Que
voulez-vous savoir? dites, je vous répondrai.
--Je veux savoir en combien d'actes est l'_Iphigénie en Tauride_, quels
sont les personnages qui y figurent, quel est leur genre de voix, et
surtout le genre des décors et des costumes.
--Eh bien, prenez une feuille de papier et une plume; écrivez, je vais
vous dicter:
_Iphigénie en Tauride_, opéra de Gluck (vous le savez sans doute), est
en quatre actes. On y compte trois rôles d'homme: Oreste (baryton);
Pylade (ténor); Thoas, (basse montant très-haut); un grand rôle de
femme, Iphigénie (soprano); un autre petit rôle, Diane (mezzo soprano)
et plusieurs coryphées. Les costumes, malheureusement, ne vous
sembleront pas avantageux; les Scythes et leur roi Thoas sont des
sauvages déguenillés des bords de la mer Noire. Oreste et Pylade
paraissent dans le simple appareil de deux Grecs naufragés. Pylade seul
a deux costumes; il revient au quatrième acte, le casque en tête...
--Il a un casque! s'écrie Jullien en m'interrompant avec transport. Nous
sommes sauvés! Je vais écrire à Paris pour commander un casque doré,
entouré d'une couronne de perles et surmonté d'un panache de plumes
d'autruche, longues comme mon bras; et nous aurons quarante
représentations.»
J'ai oublié comment se termina cette mirobolante séance, mais je me
souviendrais encore dans cent ans des yeux enflammés, des gestes
étranges, de l'enthousiasme éperdu de Jullien, apprenant que Pylade a un
casque, et de son idée sublime de faire venir ce casque de Paris, aucun
ouvrier anglais n'étant capable, selon lui, d'en confectionner un assez
éblouissant, et de son espoir d'obtenir quarante représentations
splendides du chef-d'oeuvre de Gluck, grâce à la couronne de perles, à la
dorure et à la longueur des plumes du casque de Pylade.
Prodigious! comme dit le bon Dominus Samson... pro-di-gious!...
Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'_Iphigénie_ ne fut même pas mise à
l'étude. Jullien avait quitté Londres quelques jours après ce savant
concile, laissant son théâtre aller à vau-l'eau. D'ailleurs les
chanteurs et le maître de chant s'étaient prononcés, comme de raison,
contre cette _vieille partition_, et le dieu ténor(Reeves) avait
beaucoup ri quand on lui parla de chanter le rôle de Pylade.