JOURNÉE DU 10 AOUT 1792

Si le peuple s'en était toujours attendu (_sic_) à ses représentants

pour faire les révolutions, sans doute il serait encore esclave. Les

législateurs français n'ont montré de véritable énergie que toutes les

fois que le peuple s'est levé et qu'il les a forcés à en prendre. Hors

ces cas, combien n'ont-ils pas semblé agir souvent comme s'ils eussent

été d'accord avec les conspirateurs! Ici, il s'en présente un notable

exemple.

Dès le 6, époque où nous avons publié les crimes de La Fayette, j'étais

très instruit de tout ce qui se passait dans les comités de l'Assemblée

nationale. Je savais très pertinemment[72], que les comités militaire,

de constitution et autres avaient résolu d'éluder de rendre autant le

décret d'accusation contre La Fayette, que celui de suspension contre le

chef du pouvoir executif. On avait seulement arrêté l'ajournement de la

discussion sur ces deux individus pour le jeudi. Cette conduite

était-elle dictée par la pusillanimité ou la perfidie? Il ne faut pas

raprocher beaucoup de circonstances pour démêler quel était ce motif.

Quand je vis la patrie trahie .....[73] et que tous les jours on

semblait enchérir sur les moyens de la tromper, mon indignation me

transporta chez le restaurateur des Feuillants, où je dis, en présence

du public, à plus de trente députés de l'Assemblée législative: «Que je

connaissais toutes leurs infamies, tous leurs crimes, que je savais du

Château que les deux tiers des membres de l'Assemblée étaient vendus et

qu'ils trahissaient la nation, que je ne pouvais pas m'empêcher de leur

dire qu'ils étaient des brigands, que je savais que ma grande énergie

les embarrassait, et qu'ils étaient d'accord avec les Grands

Inquisiteurs juges de paix de me faire arrêter, mais que je les en

défiais et qu'auparavant ils me verraient encore déployer ma vigueur

contre leurs complots.» J'ajoutai que, pour dernier mot, j'avais à leur

dire que, si le 9, entre dix et onze heures et demie du soir, ils

n'avaient pas prononcé sur l'arrestation de La Fayette et sur la

suspension du roi, à onze heures trois quarts nous ferions sonner le

tocsin....

[Note 72: Tant par l'Assemblée que par la Cour. [Mais] je devais garder

le silence parce que j'aurais trahi la patrie le (_sic_) divulguant. Je

me taisais soigneusement pour laisser .....[a] et ne pas faire manquer,

etc. (_Note de Fournier._)]

[Note a: Nous n'avons pu lire ce mot.]

[Note 73: Ici trois mots illisibles.]

Au lieu de n'être que les simples organes de l'opinion publique, nous

avons presque toujours vu nos sénateurs sembler prendre à tâche de la

braver, et substituer leurs volontés arbitraires à la volonté générale.

Ici, pressés par les vives clameurs de la voix souveraine, ils eurent

l'air d'y céder un moment, ils promirent toute satisfaction au peuple

sur le compte de Louis Capet et de La Fayette, les deux traîtres les

plus dangereux d'alors. Mais toute la soirée du 9 se passa et rien ne

fut prononcé contre eux.

Je n'ai pas, moi, manqué ma parole.

Le même jour, il y eut une assemblée des fédérés aux Jacobins. Pendant

l'assemblée des fédérés, j'entrai dans la salle au moment de la

discussion sur l'objet de présenter une nouvelle pétition à l'Assemblée,

sur le refus d'en entendre une première qui venait d'être renvoyée avec

ignominie. La veille du grand jour des vengeances avait vu consacrer le

dernier oubli des principes. Des mandataires n'avaient point voulu

entendre leurs commettants.

Révolté de semblables procédés, je prends la parole, et je dis:

«Citoyens, je m'oppose personnellement à ce que vous donniez cette

nouvelle pétition. Vous en avez présenté mille, on n'a fait droit à

aucune. Je vous proposerai celle-ci, qui sera la dernière. C'est d'aller

sur-le-champ couper six cents têtes[74] des conspirateurs réfugiés dans

le repaire royal, nous les porterons à l'Assemblée et nous dirons: Voilà

vos chefs-d'oeuvre, législateurs!»

[Note 74: A l'original et rayé: «Dont la mienne sera une. Trop heureux

que celle d'un patriote offerte en sacrifice à Jupiter le rende

entièrement propice aux voeux des amis de la liberté!»]

Cette motion, désapprouvée par un faible parti, fut applaudie par la

majorité. La preuve qu'elle était bonne, c'est qu'il a fallu l'exécuter

le lendemain 10 au Château. L'on a déjà pu voir, et l'on verra à la

suite que je ne me contente pas de faire le beau parleur à la tribune,

en laissant aux autres à suivre l'exécution de mes motions. Je ne me

détermine qu'après avoir mûrement réfléchi, mais aussi, une fois arrêté

à une délibération que je crois bonne et tendant au bien de mes frères,

je m'y sacrifie. On va donc me voir ici toujours agissant pour animer

mes frères et pour exécuter avec eux la secousse décisive du 10.

Ce même jour, le comité secret se rassembla à la _Chasse Royale_, sur le

boulevard[75]. Nous y avons fait venir Alexandre et Santerre. Ils nous

ont fait de très brillantes promesses pour seconder notre entreprise,

notamment notre rodomont Santerre, toujours très animé lorsqu'il ne

s'agit que de parler et de faire le bel esprit.

[Note 75: Dans la nuit du 9 au 10, d'après Carra. Mais l'âme de

l'insurrection, ce fut le comité des sections.]

Le soir, à neuf heures, je me suis rendu à la caserne des Marseillais

avec lesquels j'avais rendez-vous, ainsi que plusieurs de mes collègues.

Nous y avons déposé nos armes et, de là, envoyé des députations aux

faubourgs Saint-Marcel et Saint-Antoine pour inviter les citoyens de ces

deux faubourgs à se trouver au ralliement dont nous étions convenus.

Pendant cet intervalle, j'allai à la section du Théâtre-Français, lors

assemblée en permanence; et, comme j'étais citoyen de cette section,

qu'on sait avoir toujours été un foyer ardent de patriotisme, je n'eus

pas beaucoup de peine à y faire adopter mes vues qui étaient déjà celles

de la plupart des citoyens.

Le tocsin a sonné à onze heures trois quarts comme nous l'avions promis.

On a placé des postes, mais nous avons été trahis par les états-majors,

qui ne remplissaient pas nos intentions. A une heure du matin, nous

avons relevé ces postes.

Il est venu à la section trois officiers municipaux pour nous inviter à

cesser de sonner le tocsin, observant qu'en conséquence d'un arrêté de

la Commune, ils avaient déjà été dans plusieurs sections et qu'on avait

cessé d'y sonner; mais notre président, le citoyen Lebois[76], brûlant

d'énergie et de patriotisme, leur répondit:

«Plein de respect pour la Commune de Paris, nous ferons tout pour elle,

mais ce que vous nous demandez, citoyens, il est impossible de vous

l'accorder. Au lieu de faire cesser le tocsin, j'ordonne, en ma qualité

de président, qu'il continue, car il n'est plus question de reculer, et

il est temps d'abattre les tyrans.»

[Note 76: Le journaliste R.-J. Lebois, qui fera paraître l'_Ami du

peuple_ à partir du 29 fructidor an II.--Ce témoignage de Fournier

semble infirmer l'assertion de M. Mortimer-Ternaux (II, 436) qui dit que

cette nuit-là les meneurs de cette section se tinrent prudemment à

l'écart.]

Alors, de mon côté, je demande la parole et je dis:

«Citoyens, l'Assemblée a décrété que la patrie était en danger. Le

peuple est levé; vous, municipaux, vous devez aller vous coucher; vous

n'avez plus rien à faire.»

A la pointe de jour, je fus nommé commissaire avec trois autres citoyens

pour inviter le bataillon de la section à se joindre devant la porte des

Cordeliers. Mais les citoyens, trompés par des brigands dont je vis l'un

parmi eux faire cabale et s'opposant à notre demande, en concluant au

par-dessus à ce qu'on me coupât la tête, refusèrent absolument de

marcher, malgré l'arrêté de la section qui les y invitait.

Je rendais compte de ma mission, quand je m'aperçus que nous étions

mieux secondés d'ailleurs et que nous pouvions dès lors former l'espoir

de faire réussir notre projet. En effet, nous vîmes arriver de toutes

parts différents bataillons, et notamment du faubourg Saint-Marcel. Le

bataillon de Marseille parut aussi en même temps.

Aussitôt on ne délibéra plus et l'on ne songea qu'à exécuter.

Nous formâmes deux divisions, dont l'une alla par le Pont-Neuf, et

l'autre par le Pont-Royal. Le point de ralliement se fit sur la place du

Carrousel. Ici tous les mouvements de la grande attaque qui suivit sont

précieux à saisir. Nous débutâmes par demander à entrer au château dont

les portes étaient fermées.

On nous envoya plusieurs officiers, entre autres, un officier de

canonniers, pour nous dire «que nous n'avions qu'à nommer huit chefs, et

qu'on les ferait entrer».

Nous répondîmes avec énergie «que nous n'avions point de chefs, mais que

nous l'étions tous, et que pour la seconde fois nous demandions à

entrer».

Nous sommes restés là près de deux heures. A de longues discussions

succéda un refus formel de nous ouvrir.

Ceux qui ne connaissaient point Santerre comme moi ne savaient que

penser sur son compte [en voyant] qu'il ne se trouvait pas au

rendez-vous. Mais moi qui avais déjà eu tant d'occasions de l'apprécier,

je ne fus pas très surpris de voir arriver Alexandre qui me dit que

Santerre venait de lui écrire pour lui demander secours avec du canon à

la Maison commune, attendu, disait-il, que les jours de M. Petion

étaient en danger. «Leurre épouvantable!» m'écriai-je dans mon

indignation concentrée. Santerre, Petion, idoles du jour que la foule

aveugle est entraînée à encenser, vous êtes donc aussi d'insignes

traîtres! Mais prudence m'enjoint de dissimuler. Ne gâtons pas encore

une fois une cause si importante et si heureusement commencée et, malgré

tous les obstacles, sauvons la patrie, s'il nous est possible.

«Camarade, dis-je à Alexandre, il ne faut point partir, j'ai la

confiance de te dire que c'est encore là un dessous de carte de

Santerre, et j'ajoute que si tu nous quittes, ce ne sera de ta part

qu'un trait de lâcheté.»

Je vis que c'était l'occasion d'employer une grande présence d'esprit et

de penser à tout à la fois. Je fus bien vite rendre compte de cette

circonstance à tous les officiers qui commandaient, et je leur dis de

s'assembler promptement sur l'appel que je ferais faire.

Mais, de retour au centre de la place, je vis le commandant marseillais

et plusieurs autres citoyens de Paris qui me dirent: «Nous sommes donc

encore joués et trahis. Voilà Alexandre qui vient de partir avec deux

canons et deux cents hommes, sous le prétexte d'aller joindre Santerre à

l'Hôtel de Ville.»

D'après le moment d'entretien entre Alexandre[77] et moi, je ne m'étais

pas attendu à cette manifestation de sa complicité avec Santerre. Je

restai interdit et presque muet. Revenu à moi, je ne vois de moyen de

salut qu'en distrayant l'attention des braves qui nous restaient pour la

diriger vers le seul but d'un grand mouvement d'énergie et de courage.

[Note 77: Il y a ici dans l'original, au lieu du nom Alexandre, celui de

Santerre: mais c'est une erreur évidente.]

«Eh bien, citoyens et camarades, m'écriai-je; il faut périr aujourd'hui

ou entrer au Château. Je sais que si nous manquons cette journée, la

France est livrée à l'esclavage et la capitale réduite en cendres[78].»

[Note 78: Il ne faut pas que j'oublie de noter cette circonstance

affligeante. J'avais expédié à Santerre trois braves Bretons pour le

conjurer de venir nous secourir. Comme ils étaient près d'arriver pour

nous rapporter sa réponse, ils furent tués dans la rue Saint-Honoré.

(_Note de Fournier_.)]

Finissant ces derniers mots, j'eus tout de suite la satisfaction

d'apercevoir l'impression qu'ils avaient produite.

L'effet de cette impression ne tarda point non plus à se manifester. Les

sans-culottes tombèrent à coups de poing sur la porte dite Royale, et à

force de secousses y ont brisée et mise en pièces. Je profitai avec soin

de ces premières dispositions et je sentis qu'il ne dépendait plus que

de ma conduite d'en soutenir la continuation et d'en faite résulter le

succès le plus complet.

Ici toute la scène va être en action, et les mouvements s'exécutent et

se succèdent avec une étonnante rapidité.

Aussitôt la porte enfoncée[79], je m'élance en furieux vers les quatre

pièces de canon qui étaient au bas du grand escalier, et je dis aux

canonniers: «Vous, braves militaires, êtes-vous pour la nation ou pour

les tyrans?»

[Note 79: Cette porte Royale, d'après les autres récits, fut simplement

ouverte par le concierge.]

Ils me répondirent: «Il y a quatre heures que nous vous attendons, et

vive la nation!»

A ces mots, je leur dis en saisissant le timon d'une pièce: «Eh bien!

camarades, suivez-moi.»

Aussitôt les quatre pièces me suivirent, et nous les postâmes dans le

Carrousel où étaient demeurés nos bataillons.

Nous fîmes entrer quatre pièces des nôtres et nous les plaçâmes dans la

cour du château, braquées sur les fenêtres. Nos bataillons des

Marseillais et des fédérés se placèrent en bataille de droite et de

gauche. Je montai aussitôt le grand escalier jusque devant la porte de

la chapelle. Là je vis qu'il était impossible d'aller plus loin. Une

barricade ou plutôt un retranchement s'y opposait. Alors je parlai à

ceux qui se trouvaient là avec force et énergie et en même temps avec

toute l'honnêteté possible. J'observai sur toutes les figures qu'il y

avait sous jeu de grands desseins: car il ne me fut répondu rien du

tout. Cependant un Suisse s'élance à corps perdu de mon côté en jetant

ses armes et criant: «Vive la nation!»

J'emmenai ce brave avec moi et le remis entre les mains des fédérés en

leur disant: «Voici un bon Suisse qui a rejeté au despotisme les armes

qu'il en avait reçues et s'est tourné exclusivement vers la patrie.» Il

entra aussitôt dans nos rangs au milieu des embrassements de ses frères.

Comme j'avais reconnu sous les habits suisses, ainsi que sous ceux de

gardes nationales, beaucoup de chevaliers du poignard et de grenadiers

des filles Saint-Thomas, je remontai une seconde fois pour témoigner aux

uns et aux autres que nous ne voulions de mal à personne, mais que nous

priions seulement qu'on nous remît le roi et sa famille.

Le commandant me fit réponse qu'ils n'en feraient rien, et que la force

armée du château les garderait elle-même.

Alors je me rendis aux quatre pièces de canon; je fis charger; je dis

aux canonniers de se tenir prêts et que j'allais faire commandement à la

garde du château de nous livrer le roi, et, si elle s'y refusait, qu'au

premier signal ils aient à faire feu.

J'avançai ensuite sous le balcon et fis une nouvelle sommation. On ne me

répondit rien. J'allais donner le signal aux canonniers, lorsque

Lazowski, officier de notre artillerie, vint à moi et me dit:

«Montons encore une fois et pour la dernière; sommons-les de mettre bas

les armes et de nous livrer le roi, ou que sinon nous allons agir.»

Je me rends à cette proposition. Nous montons de nouveau l'escalier,

Lazowski et moi. C'est à ce moment que le signal part et qu'on nous

fusille. Je suis jeté dans le fond de l'escalier par l'explosion d'un

grand feu général dirigé de toutes parts sur nos bataillons; je reçois

dans le même moment un coup au bras gauche dont je suis et resterai

probablement estropié.

Arrivé à la porte pour rejoindre les bataillons, je suis renversé par un

autre coup à la cuisse gauche. Je crus bien alors que c'était ma

dernière heure, car les cadavres et les blessés tombaient à ma vue de

tous les côtés, et j'eus la plus grande peine possible à me retirer.

Le feu des scélérats du Château était si vif que dans le premier moment

nos bataillons, partie massacrés, furent dispersés entièrement au point

que l'on avait fait l'abandon des quatre pièces de canon.

A l'aspect de ce moment de détresse, je courus du côté du guichet où je

rencontrai une pièce de canon des Marseillais conduite par le commandant

en second qui était déjà blessé dangereusement à la main[80]. Mais je

lui dis, ainsi qu'à tous les guerriers qui l'entouraient: «Du courage,

amis, nous allons entrer au Château et passer tout au fil de l'épée.»

[Note 80: Rayé: «Ayant trois doigts coupés.»]

Je fis de suite placer une pièce de canon à la grande porte donnant du

côté du guichet. Je la fis briser, et cette ouverture me facilita

d'envoyer la mort à un grand nombre de Suisses dont le feu nous faisait

beaucoup souffrir. Je fis de même mettre à bas la porte qui communiquait

chez le valet de chambre du Roi.

Cependant les décharges des assaillants étaient si meurtrières, que je

voyais l'heure où nous perdions la bataille. Je m'avisai d'un

stratagème. Je me ressouvins du même stratagème employé à la Bastille et

qui fit perdre la tête à De Launey, par lequel je me flattai de

désorienter nos ennemis, et le succès m'apprit que je n'avais point fait

une fausse combinaison. Ce fut de faire mettre le feu partout pour

imprimer la terreur et l'épouvante aux assiégés et les déconcerter.

Dans les moments de péril extrême, les petites considérations n'arrêtent

pas. Nous manquions de papier pour allumer le feu en divers endroits:

des assignats en tinrent lieu. Rien ne coûte quand il s'agit de remplir

un grand but.

Dans la confusion des mouvements de cette grande mêlée, je distinguai

deux hommes qui volaient de l'argenterie et qui en avaient rempli leur

poches. Je les fis arrêter sur l'instant, et ils furent aussitôt

exécutés. Ces exemples prompts et sévères de la justice du peuple

souverain prévinrent les plus grands désordres et prouvèrent que le but

de la grande démarche de cette journée n'était point d'exercer des actes

de pillage.

Pendant la grande chaleur de l'action, je ne faisais que courir d'un

bout à l'autre pour faire approcher les caissons de chaque pièce. Je

rends avec une vraie satisfaction ma situation d'alors. Je n'éprouvais

plus que le sentiment de l'intrépidité. Il me semblait être

invulnérable. Je marchais au milieu du feu avec une sorte de conviction

qu'il ne pouvait avoir de prise sur moi. C'est dans ces dispositions que

je m'arrêtai même à quelques actes particuliers qui n'auraient peut-être

pas dû me distraire des soins plus généraux et essentiels. J'allai

chercher du milieu des morts un chapeau pour donner au commandant en

second des Marseillais en remplacement du sien qu'il avait perdu,

j'arrachai plusieurs citoyens d'entre les cadavres qui les étouffaient

et je les rendis par là à la vie, notamment le citoyen Lionné, marchand

charcutier, rue de la Verrerie, etc., etc.

Enfin le combat se termine et la victoire nous reste. Je rentre chez moi

pour me panser et me rafraîchir. J'allai encore ensuite pour terminer

cette journée assister et concourir à l'exécution des statues de bronze

de la place Vendôme. C'est par là que je couronnai toute la

participation que j'eus aux fameux actes au 10.

Mémoires secrets de Fournier l'Américain · 第 49 / 56 题