Il résulte d'un tableau dressé par le docteur Imbeaux, d'après les
documents statistiques du ministère de l'Intérieur, que l'hygiène s'est
grandement améliorée dans les 56 principales villes de France depuis
vingt ans.
En 1886, pour l'ensemble de ces villes, la mortalité était de 26,4 décès
pour 1.000 habitants. En 1903, elle était tombée à 20,14; et, dans ces
chiffres, ceux dus à la fièvre typhoïde avaient diminué de moitié.
A Paris, en particulier, la mortalité a passé, dans ce laps de temps, de
24,5 pour 1.000 habitants à 17,24; et la fièvre typhoïde a diminué de
plus d'un quart.
Toutefois, il est encore des villes où les progrès de l'hygiène ne se
font pas sentir. En 1903, on a relevé une mortalité de 27,9 à Rouen; de
25,9 à Brest; de 25,3 à Avignon; de 25,1 à Cette; de 25 à Marseille,
etc.
C'est Belfort qui détient le record de l'hygiène: la mortalité n'y a
été, en 1903, que de 15,7 pour 1.000 habitants. Après Belfort, viennent
Douai et Vincennes, avec le chiffre 16.
[Illustration: LA BOMBE DE BARCELONE.--Le cortège funèbre des victimes
passant sur la place de l'attentat, la Rambla.]