LES PETITS ATELIERS DE FAMILLE.

En ces derniers temps, on se lamentait, à juste titre, sur la

disparition rapide des ateliers de famille, qui sont si précieux pour la

famille même de l'ouvrier, pour l'hygiène, et aussi pour certaines

productions, qui réclament le travail individuel.

La force mécanique avait porté un coup sérieux à ces petits ateliers,

dont elle avait amené l'absorption dans les grandes usines; mais les

sociétés d'électricité sont venues leur assurer une vie nouvelle.

Dans un mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques, M.

G. Picot fait connaître qu'à Saint-Etienne plus de 10.000 métiers sont

mus, chez l'ouvrier, à raison de 10 francs par mois pour chaque atelier

individuel.

Le même mouvement se produit à Lyon, où plus de 700 métiers sont

actionnés au domicile des canuts, à la Croix-Rousse.

A Paris même, le nombre des petits ateliers est considérable: dans un

grand nombre de maisons des Xe et XIXe arrondissements, une machine à

vapeur distribue la force à tous les étages. Les ouvriers occupent des

pièces séparées; chaque petite salle est payée, avec la force motrice, 2

et 3 francs par jour.

La force électrique, plus souple, plus facile à conduire, est ainsi

appelée à transformer les immeubles encombrés et malsains, et à assurer

la durée des ateliers de famille, dont la prospérité est liée à la

petite industrie parisienne.

L'Illustration, No. 3264, 16 Septembre 1905 · 第 21 / 37 题