Un auteur dramatique qui connut de grands succès, M. Grenet-Dancourt,
vient de mourir, à l'âge de cinquante-quatre ans, subitement emporté par
une attaque d'angine de poitrine.
Pour beaucoup, son nom restera attaché à un vaudeville célèbre, dont la
fortune fut éclatante, _Trois femmes pour un mari_, écrit avec M.
Valabrègue. Sa franche gaieté, la verve savoureuse, abondante, qui y
était répandue, l'ingéniosité des situations, valurent à cette pièce une
renommée à laquelle atteignent bien rarement les ouvrages de ce genre.
Et ce sont ces mêmes qualités qui assurèrent constamment à
Grenet-Dancourt la sympathie du public.
Il avait commencé par être acteur; après s'être fait applaudir à
l'Odéon, il présenta, en 1881, sur la scène qui avait vu ses débuts de
comédien, un petit acte, _Rival pour rire_. Sa réussite le mit en goût,
et dès lors, renonçant à interpréter les pièces des autres, il en
produisit à son tour, seul ou en collaboration, dans tous les théâtres
où l'on jouait ce qu'on appelait alors, d'un nom bien déprécié
aujourd'hui, le vaudeville.
Grenet-Dancourt s'était également fait connaître par des monologues et
des saynètes que Coquelin cadet avait rendus populaires. Il était,
depuis 1904, chevalier de la Légion d'honneur.
[Illustration: Le traîneau à hélice de M. Bertrand de Lesseps, gagnant
le concours international de traîneaux automobiles à
Saint-Pétersbourg.--_Phot. Bulla._]