4 Salvius Pelignus fit de même dans la guerre contre Persée.

5 M. Furius Camillus, tribun des soldats avec puissance de consul,

voyant l'hésitation de son armée en présence des Volsques et des

Latins, saisit par la main un porte-enseigne, et l'entraîna vers

l'ennemi; la honte força les autres à le suivre[85].

6 M. Furius s'élança au-devant de ses soldats qui fuyaient, et

leur déclara qu'aucun ne rentrerait dans le camp que victorieux.

Les ayant ainsi ramenés au combat, il remporta la victoire.

7 Scipion, voyant ses troupes prendre la fuite près de Numance,

leur annonça qu'il traiterait en ennemi tout soldat qu'il

trouverait rentré au camp.

8 Le dictateur Servilius Priscus, voulant faire avancer les

enseignes des légions contre les Falisques, tua un porte-enseigne

qui hésitait. Les autres, effrayés cet exemple, fondirent sur

l'ennemi.

9. Tarquin, livrant bataille aux Sabins, et voyant que sa

cavalerie tardait à charger, donna l'ordre de débrider les

chevaux, et de les lancer à toutes jambes pour rompre les rangs

ennemis.

10 Cossus Cornélius, maître de la cavalerie, en fit autant contre

les Fidénates.

11 Dans la guerre des Samnites, le consul M. Atilius opposa des

troupes à ceux de ses soldats qui abandonnaient le champ de

bataille pour se réfugier dans le camp, et déclara à ceux-ci

qu'ils avaient à combattre contre lui-même et les bons citoyens,

ou contre l'ennemi. Par ce moyen il les ramena tous au combat.

12 L. Sylla, voyant ses légions lâcher pied devant une armée de

Mithridate, commandée par Archelaùs, tira son épée, courut en

avant de la première ligne, et, s'adressant aux soldats: «Si l'on

vous demande, dit-il, où vous avez laissé votre général, répondez:

«Sur le champ de bataille, en Béotie. Aussitôt l'armée entière,

saisie de honte, le suivit.»

13 Le divin Jules César, à la bataille de Munda, voyant ses

troupes plier, fit emmener son cheval hors de leur vue, et courut

à pied se mettre aux premiers rangs[86]. Les soldats, ayant honte

d'abandonner leur général, rétablirent le combat.

14 Philippe, craignant que les siens ne pussent soutenir l'attaque

impétueuse des Scythes, plaça en arrière sa cavalerie la plus

éprouvée, avec ordre de ne pas laisser fuir un seul soldat, et de

faire main basse sur ceux qui s'obstineraient à lâcher pied. Tel

fut l'effet de cette injonction, que, les plus lâches aimant mieux

être tués par l'ennemi que par leurs camarades, Philippe remporta

la victoire.

IX. De ce qu'il convient de faire après le combat. Si l'on a été

heureux, il faut terminer la guerre[87].

1 C. Marius, ayant vaincu les Teutons, profita de la nuit, qui

avait mis fin au combat, pour entourer le reste de leur armée; et,

au moyen d'un petit nombre de soldats, qui poussaient des cris de

temps en temps, il tint ces barbares dans l'épouvante, et les

priva de sommeil et de repos, ce qui lui rendit pour le lendemain

la victoire plus facile.

2 Claudius Néron, vainqueur des Carthaginois qui avaient passé

d'Espagne en Italie sous la conduite d'Hasdrubal, fit jeter la

tête de celui-ci dans le camp d'Hannibal. Par là, en même temps

qu'il accablait Hannibal de la douleur d'avoir perdu son frère, il

ôtait à l'armée carthaginoise l'espérance du secours qu'elle

attendait.

3 L. Sylla, devant Préneste, fit dresser sur des piques, à la vue

des assiégés, les têtes de leurs chefs tués dans le combat, et

triompha, par ce moyen, de leur obstination à se défendre.

4 Arminius, général des Germains, fit aussi porter sur des piques,

près du camp des ennemis, les têtes de ceux qu'il avait tués.

5 Domitius Corbulon, assiégeant Tigranocerte, et voyant les

Arméniens résolus à se défendre vigoureusement, fit mettre à mort

un de leurs grands qui était son prisonnier, et lancer sa tête,

par une baliste, jusque dans leurs retranchements: par un effet du

hasard, elle tomba au milieu des barbares, qui tenaient conseil en

cet instant même. À cet aspect, épouvantés comme par un prodige,

ils s'empressèrent de se rendre.

6 Hermocrate de Syracuse, ayant vaincu les Carthaginois, et

craignant que ses prisonniers, dont le nombre était considérable,

ne fussent pas gardés avec assez de vigilance, parce que

l'heureuse issue du combat pouvait engager ses soldats à faire

festin et à négliger le devoir, annonça faussement qu'il devait

être attaqué la nuit suivante par la cavalerie ennemie. Dans cette

attente, les postes veillèrent avec plus de soin que de coutume.

7 Le même général, voyant que ses troupes, auxquelles le succès

inspirait trop de sécurité, étaient ensevelies dans le sommeil et

dans le vin, envoya chez les ennemis un espion qui, après s'être

fait passer pour déserteur, les avertit que les Syracusains leur

avaient tendu des embûches de tous côtés, et les retint dans leur

camp par la crainte. Lorsque, plus tard, ils se furent mis en

route, les troupes d'Hermocrate les poursuivirent, les culbutèrent

dans des ravins, et les défirent une seconde fois.

Les stratagèmes · 第 47 / 113 题