Dans une variante de ce conte, également de Montiers, le sotré, au
lieu de panser les chevaux, les harcèle pendant toute la nuit; ils
maigrissent à vue d'œil.
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En Bretagne (Luzel, _Veillées bretonnes_, p. 76), on raconte
l'histoire d'un lutin familier, qui a soin des chevaux d'une
certaine maison, les brosse, les lave, renouvelle leur litière;
aussi le domestique n'a-t-il presque rien à faire, et nulle part
on ne voit un attelage comme le sien. Mais, un soir, étant ivre,
il insulte le lutin et le provoque à la lutte. Le lendemain, on le
retrouve sur le flanc, et, depuis ce temps, il ne fait plus que
dépérir; quant aux chevaux, bientôt ils sont devenus de misérables
rosses.
Les sotrés, follets et autres lutins affectionnent la couleur
rouge: notre sotré a une calotte rouge, et nous donnerons plus loin
un autre conte lorrain où un follet est tout habillé de rouge. En
Irlande aussi, certain lutin porte un habit et un bonnet rouges
(Kennedy, I, p. 125, 126). De même en Allemagne (Kuhn et Schwartz,
pp. 19 et 48;--Wolf, _Deutsche Mærchen und Sagen_, nº 373) et chez
les Wendes de la Lusace (Veckenstedt, pp. 177, 185, 186, 187, 196,
197). Dans d'autres récits allemands, il n'est parlé que d'un
bonnet rouge (Schambach et Müller, légende nº 153;--Müllenhoff, p.
322), ou d'un bonnet pointu rouge (Müllenhoff, p. 319).