Nous n'avons à rapprocher de ce petit conte qu'une légende de la
Basse-Bretagne (Luzel, _Légendes_, II, p. 126): Un jeune homme,
qui va se marier, passe, en revenant de chez sa fiancée, devant
un gibet où un de ses anciens rivaux est pendu. Excité par le
cidre, il invite le pendu à ses noces. Le pendu s'y rend, en effet,
mais visible seulement pour le marié, et, à son tour, il invite
celui-ci à venir souper chez lui, le soir. Comme dans le conte
lorrain, c'est l'âme d'un petit enfant, filleul du marié, qui sauve
celui-ci. Elle le rend invisible aux yeux des diables rassemblés
auprès du gibet.--M. Luzel donne (_op. cit._, II, p. 201) une
seconde version presque identique de cette légende, recueillie dans
l'île de Bréhat.
Il est assez remarquable que, dans notre conte, l'âme du filleul
apparaisse sous la forme d'un papillon, ψυχή, comme chez les Grecs.