M. Birn'n répondit:

--Je n'aimai point à faire les affaires à terme; et, ayant tiré un

billet de mille francs, il le mit sur la table, et glissa les coupons de

loges dans sa poche.

--Je vais vous rendre, fit Dolorès en ouvrant un petit meuble où elle

serrait son argent.

--Oh! Non, dit l'Anglais, ce était pour boire; et il sortit en laissant

Dolorès foudroyée par ce mot.

--Pour boire! s'écria-t-elle en se trouvant seule. Quel butor! Je vais

lui renvoyer son argent.

Mais cette grossièreté de son voisin avait seulement irrité l'épiderme

de son amour-propre; la réflexion le calma; elle pensa que vingt louis

de _boni_ faisaient après tout un joli _banco_, et qu'elle avait jadis

supporté des impertinences à meilleur marché.

--Ah bah! Se dit-elle, faut pas être si fière. Personne ne m'a vue, et

c'est aujourd'hui le mois de ma blanchisseuse. Après ça, cet anglais

manie si mal la langue, qu'il a cru peut-être me faire un compliment.

Et Dolorès empocha gaiement ses vingt louis.

Mais le soir, après le spectacle, elle rentra chez elle furieuse. M.

Birn'n n'avait point fait usage des billets, et les dix loges étaient

restées vides.

Aussi, en entrant en scène à minuit et demi, l'infortunée bénéficiaire

lisait-elle, sur le visage de ses _amies_ de coulisse, la joie que

celles-ci éprouvaient en voyant la salle si pauvrement garnie.

Elle entendit même une actrice de ses amies dire à une autre, en

montrant les belles loges du théâtre inoccupées:

--Cette pauvre Dolorès n'a _fait_ qu'une avant-scène.

--Les loges sont à peine garnies.

--L'orchestre est vide.

--Parbleu! Quand on voit son nom sur l'affiche, cela produit, dans la

salle, l'effet d'une machine pneumatique.

--Aussi, quelle idée d'augmenter le prix des places!

--Un beau bénéfice. Je parierais que la recette tient dans une tirelire

ou dans le fond d'un bas.

--Ah! Voilà son fameux costume à coques de velours rouge...

--Elle a l'air d'un buisson d'écrevisses.

--Combien as-tu fait à ton dernier bénéfice? demanda l'une des actrices

à sa compagne.

--Comble, ma chère, et c'était jour de _première_; les tabourets

valaient un louis. Mais je n'ai touché que six francs: ma marchande de

modes a pris le reste. Si je n'avais pas si peur des engelures, j'irais

à Saint-Pétersbourg.

--Comment! tu n'as pas encore trente ans, et tu songes déjà à _faire_ ta

Russie?

--Que veux-tu! fit l'autre; et elle ajouta: et toi, est-ce bientôt ton

_bénéf_?

--Dans quinze jours. J'ai déjà mille écus de coupons de pris, sans

compter mes saint-cyriens.

--Tiens! Tout l'orchestre s'en va.

--C'est Dolorès qui chante.

En effet, Dolorès, pourprée comme son costume, cadençait son couplet au

verjus. Comme elle l'achevait à grand'peine, deux bouquets tombaient à

ses pieds, lancés par la main des deux actrices ses bonnes amies, qui

s'avancèrent sur le bord de leur baignoire, en criant:

--Bravo, Dolorès!

On s'imagina facilement la fureur de celle-ci. Aussi, en rentrant chez

elle, bien qu'on fût au milieu de la nuit, elle ouvrit la fenêtre et

réveilla _Coco_, qui réveilla l'honnête M. Birn'n, endormi sous la foi

de la parole donnée.

--À compter de ce jour, la guerre avait été déclarée entre l'actrice et

l'Anglais: guerre à outrance, sans repos ni trêve, dans laquelle les

adversaires engagés ne reculeraient devant aucuns frais. Le perroquet,

éduqué en conséquence, avait approfondi l'étude de la langue d'Albion,

et proférait toute la journée des injures contre son voisin, dans son

fausset le plus aigu. C'était, en vérité, quelque chose d'intolérable.

Dolorès en souffrait elle-même, mais elle espérait que, d'un jour à

l'autre, M. Birn'n donnerait congé: c'était là où elle plaçait son

amour-propre. L'insulaire, de son côté, avait inventé toutes sortes de

magies pour se venger. Il avait d'abord fondé une école de tambours dans

son salon; mais le commissaire de police était intervenu. M. Birn'n, de

plus en plus ingénieux, avait alors établi un tir au pistolet; ses

domestiques criblaient cinquante cartons par jour. Le commissaire

intervint encore, et lui fit exhiber un article du code municipal qui

interdit l'usage des armes à feu dans les maisons. M. Birn'n cessa le

feu. Mais huit jours après, Mademoiselle Dolorès s'aperçut qu'il

pleuvait dans ses appartements. Le propriétaire vint rendre visite à M.

Birn'n, qu'il trouva en train de prendre les bains de mer dans son

salon. En effet, cette pièce, fort grande, avait été revêtue sur tous

les murs de feuilles de métal; toutes les portes avaient été condamnées;

et, dans ce bassin improvisé, on avait mêlé dans une centaine de voies

d'eau une cinquantaine de quintaux de sel. C'était une véritable

réduction de l'océan. Rien n'y manquait, pas même les poissons. On y

descendait par une ouverture pratiquée dans le panneau supérieur de la

porte du milieu, et M. Birn'n s'y baignait quotidiennement. Au bout de

quelque temps, on sentait la marée dans le quartier, et Mademoiselle

Dolorès avait un demi-pouce d'eau dans sa chambre à coucher.

Le propriétaire devint furieux, et menaça M. Birn'n de lui faire un

procès en dédommagement des dégâts causés dans son immeuble.

--Est-ce que je avais pas le droit, demanda l'Anglais, de me baigner

chez moi?

--Non, monsieur.

--Si je avais pas le droit, c'est bien, dit l'Anglais plein de respect

pour la loi du pays où il vivait. C'est dommage, je amusais beaucoup

moi.

Et le soir même il donna des ordres pour qu'on fît écouler son océan. Il

n'était que temps: il y avait déjà un banc d'huîtres sur le parquet.

Cependant M. Birn'n n'avait pas renoncé à la lutte, et cherchait un

moyen légal de continuer cette guerre singulière, qui faisait les

délices de tout Paris oisif; car l'aventure avait été répandue dans les

foyers de théâtre et autres lieux de publicité. Aussi Dolorès

tenait-elle à honneur de sortir triomphante de cette lutte, à propos de

laquelle des paris étaient engagés.

Ce fut alors que M. Birn'n avait imaginé le piano. Et ce n'était point

si mal imaginé: le plus désagréable des instruments était de force à

lutter contre le plus désagréable des volatiles. Aussi, dès que cette

bonne idée lui était venue, s'était-il dépêché de la mettre à exécution.

Il avait loué un piano, et il avait demandé un pianiste. Le pianiste, on

se le rappelle, était notre ami Schaunard. L'anglais lui raconta

familièrement ses doléances à cause du perroquet de la voisine, et tout

ce qu'il avait fait déjà pour tâcher d'amener l'actrice à composition.

--Mais, milord, dit Schaunard, il y a un moyen de vous débarrasser de

cette bête: c'est le persil. Tous les chimistes n'ont qu'un cri pour

déclarer que cette plante potagère est l'acide prussique de ces animaux;

faites hacher du persil sur vos tapis, et faites-les secouer par la

fenêtre sur la cage de _Coco_: il expirera absolument comme s'il avait

été invité à dîner par le pape Alexandre VI.

--J'y ai pensé, mais le bête est gardé, répondit l'Anglais; le piano est

plus sûr.

Schaunard regarda l'Anglais, et ne comprit pas tout d'abord.

--Voici ce que je avais combiné, reprit l'Anglais. La comédienne et son

bête dormaient jusqu'à midi. Suivez bien mon raisonnement...

--Allez, fit Schaunard, je lui marche sur les talons.

--Je avais entrepris de lui troubler le sommeil. La loi de ce pays me

autorise à faire de la musique depuis le matin jusqu'au soir.

Comprenez-vous ce que je attends de vous?...

--Mais, dit Schaunard, ce ne serait pas déjà si désagréable pour la

comédienne, si elle m'entend jouer du piano toute la journée, et gratis

encore. Je suis de première force, et, si j'avais seulement un poumon

attaqué...

--Oh! Oh! reprit l'Anglais. Aussi je ne dirai pas à vous de faire de

l'excellente musique. Il faudrait seulement taper là-dessus votre

instrument. Comme ça, ajouta l'Anglais en essayant une gamme; et

toujours, toujours le même chose, sans pitié, monsieur le musicien,

toujours la gamme. Je savais un peu le médecine, cela rend fou. Ils

deviendront fou là-dessous, c'est là-dessus que je compte. Allons,

monsieur, mettez-vous tout de suite; je payerai bien vous.

--Et voilà, dit Schaunard qui avait raconté tous les détails que l'on

vient de lire, voilà le métier que je fais depuis quinze jours. Une

gamme, rien que la même, depuis sept heures du matin jusqu'au soir. Ce

n'est point là précisément de l'art sérieux; mais que voulez-vous, mes

enfants, l'Anglais me paye mon tintamarre deux cents francs par mois;

faudrait être le bourreau de son corps pour refuser une pareille

aubaine. J'ai accepté, et dans deux ou trois jours je passe à la caisse

pour toucher mon premier mois.

Ce fut à la suite de ces mutuelles confidences que les trois amis

convinrent entre eux de profiter de la commune rentrée de fonds, pour

donner à leurs maîtresses l'équipement printanier que la coquetterie de

chacune convoitait depuis si longtemps. On était convenu, en outre, que

celui qui toucherait son argent le premier attendrait les autres, afin

que les acquisitions se fissent en même temps, et que mesdemoiselles

Mimi, Musette et Phémie pussent jouir ensemble du plaisir de faire _peau

neuve_, comme disait Schaunard.

Or, deux ou trois jours après ce conciliabule, Rodolphe tenait la corde,

son poëme osanore avait été payé, il pesait quatre-vingts francs. Le

surlendemain, Marcel avait émargé chez Médicis le prix de dix-huit

portraits de caporaux, à six francs.

Marcel et Rodolphe avaient toutes les peines du monde à dissimuler leur

fortune.

--Il me semble que je sue de l'or, disait le poëte.

--C'est comme moi, fit Marcel. Si Schaunard tarde longtemps, il me sera

impossible de continuer mon rôle de Crésus anonyme.

Mais le lendemain même les bohèmes virent arriver Schaunard,

splendidement vêtu d'une jaquette en nankin jaune d'or.

--Ah! mon Dieu, s'écria Phémie, éblouie en voyant son amant si

élégamment relié, où as-tu trouvé cet habit-là?

--Je l'ai trouvé dans mes papiers, répondit le musicien en faisant un

signe à ses deux amis pour qu'ils eussent à le suivre. J'ai touché leur

dit-il, quand ils furent seuls. Voici les piles, et il étala une poignée

d'or.

--Eh bien, s'écria Marcel, en route! Allons mettre les magasins au

pillage! Comme Musette va être heureuse!

--Comme Mimi sera contente! ajouta Rodolphe.

Allons, viens-tu, Schaunard?

--Permettez-moi de réfléchir, répondit le musicien. En couvrant ces

dames des mille caprices de la mode, nous allons peut-être faire une

folie. Songez-y. Quand elles ressembleront aux gravures de _l'Écharpe

d'Iris_, ne craignez-vous pas que ces splendeurs n'exercent une

déplorable influence sur leur caractère? Et convient-il à des jeunes

hommes comme nous d'agir avec les femmes comme si nous étions des

Mondors caducs et ridés? Ce n'est pas que j'hésite à sacrifier quatorze

ou dix-huit francs pour habiller Phémie; mais je tremble; quand elle

aura un chapeau neuf elle ne voudra plus me saluer peut-être! Une fleur

dans ses cheveux, elle est si bien! Qu'en penses-tu, philosophe?

interrompit Schaunard en s'adressant à Colline qui était entré depuis

quelques instants.

--L'ingratitude est fille du bienfait, dit le philosophe.

--D'un autre côté, continua Schaunard, quand vos maîtresses seront bien

mises, quelle figure ferez-vous à leur bras dans vos costumes délabrés?

Vous aurez l'air de leurs femmes de chambre. Ce n'est pas pour moi que

je dis cela, interrompit Schaunard en se carrant dans son habit de

nankin; car, Dieu merci, je puis me présenter partout maintenant.

Cependant, malgré l'esprit d'opposition de Schaunard, il fut convenu de

nouveau que l'on dépouillerait le lendemain tous les bazars du voisinage

au bénéfice de ces dames.

Et le lendemain matin, en effet, à l'heure même où nous avons vu, au

commencement de ce chapitre, Mademoiselle Mimi se réveiller très-étonnée

de l'absence de Rodolphe, le poëte et ses deux amis montaient les

escaliers de l'hôtel, accompagnés par un garçon des _Deux Magots_ et par

une modiste, qui portaient des échantillons. Schaunard, qui avait acheté

la fameuse trompe, marchait devant en jouant l'ouverture de _la

Caravane_.

Musette et Phémie, appelées par Mimi qui habitait l'entresol, sur la

nouvelle qu'on leur apportait des chapeaux et des robes, descendirent

les escaliers avec la rapidité d'une avalanche. En voyant toutes ces

pauvres richesses étalées devant elles, les trois femmes faillirent

devenir folles de joie. Mimi était prise d'une quinte d'hilarité et

sautait comme une chèvre, en faisant voltiger une petite écharpe de

barége. Musette s'était jetée au cou de Marcel, ayant dans chaque main

une petite bottine verte, qu'elle frappait l'une contre l'autre comme

des cymbales. Phémie regardait Schaunard en sanglotant, elle ne savait

que dire:

--Ah! Mon Alexandre, mon Alexandre!

--Il n'y a point de danger qu'elle refuse les présents d'Artaxercès,

murmurait le philosophe Colline.

Après le premier élan de joie passé, quand les choix furent faits et les

factures acquittées, Rodolphe annonça aux trois femmes qu'elles eussent

à s'arranger pour essayer leur toilette nouvelle le lendemain matin.

--On ira à la campagne, dit-il.

--La belle affaire! s'écria Musette, ce n'est point la première fois que

j'aurais acheté, taillé, cousu et porté une robe le même jour. Et

d'ailleurs nous avons la nuit. Nous serons prêtes, n'est-ce pas,

mesdames?

--Nous serons prêtes! s'écrièrent à la fois Mimi et Phémie.

Sur-le-champ elles se mirent à l'oeuvre, et pendant seize heures, elles

ne quittèrent ni les ciseaux ni l'aiguille.

Le lendemain matin était le premier jour du mois de mai. Les cloches de

pâques avaient sonné depuis quelques jours la résurrection du printemps,

et de tous les côtés il arrivait empressé et joyeux; il arrivait, comme

dit la ballade allemande, léger ainsi que le jeune fiancé qui va planter

le mai sous la fenêtre de sa bien-aimée. Il peignait le ciel en bleu,

les arbres en vert, et toutes choses en belles couleurs. Il réveillait

le soleil engourdi qui dormait couché dans son lit de brouillards, la

tête appuyée sur les nuages gros de neige qui lui servaient d'oreiller

et il lui criait: ha! hé! l'ami! c'est l'heure, et me voici! vite à la

besogne! Mettez sans plus de retard votre bel habit fait de beaux rayons

neufs, et montrez-vous tout de suite à votre balcon pour annoncer mon

arrivée.

Sur quoi, le soleil s'était en effet mis en campagne, et se promenait

fier et superbe comme un seigneur de la cour. Les hirondelles, revenues

de leur pèlerinage d'orient, emplissaient l'air de leur vol; l'aubépine

blanchissait les buissons; la violette embaumait l'herbe des bois, où

l'on voyait déjà tous les oiseaux sortir de leurs nids avec un cahier de

romances sous leurs ailes. C'était le printemps en effet, le vrai

printemps des poëtes et des amoureux, et non pas le printemps de

Matthieu Laensberg, un vilain printemps qui a le nez rouge, l'onglée aux

doigts, et qui fait encore frissonner le pauvre au coin de son âtre, où

les dernières cendres de sa dernière bûche sont depuis longtemps

éteintes. Les brises attiédies couraient dans l'air transparent, et

semaient dans la ville les premières odeurs des campagnes environnantes.

Les rayons du soleil, clairs et chaleureux, allaient frapper aux vitres

des fenêtres. Au malade ils disaient: ouvrez, nous sommes la santé! Et

dans la mansarde de la fillette penchée à son miroir, cet innocent et

premier amour des plus innocentes, ils disaient: ouvre, la belle, que

nous éclairions ta beauté! Nous sommes les messagers du beau temps; tu

peux maintenant mettre ta robe de toile, ton chapeau de paille et

chausser ton brodequin coquet: voici que les bosquets où l'on danse sont

panachés de belles fleurs nouvelles, et les violons vont se réveiller

pour le bal du dimanche. Bonjour, la belle!

Comme l'angelus sonnait à l'église prochaine, les trois coquettes

laborieuses, qui avaient eu à peine le temps de dormir quelques heures,

étaient déjà devant leur miroir, donnant leur dernier coup d'oeil à leur

toilette nouvelle.

Elles étaient charmantes toutes trois, pareillement vêtues, et ayant sur

le visage le même reflet de satisfaction que donne la réalisation d'un

désir longtemps caressé.

Musette était surtout resplendissante de beauté.

--Je n'ai jamais été si contente, disait-elle à Marcel; il me semble que

le bon Dieu a mis dans cette heure-ci tout le bonheur de ma vie, et j'ai

peur qu'il ne m'en reste plus! Ah! Bah! quand il n'y en aura plus, il y

en aura encore. Nous avons la recette pour en faire, ajouta-t-elle

gaiement en embrassant Marcel.

Quant à Phémie, une chose la chagrinait.

--J'aime bien la verdure et les petits oiseaux, disait-elle, mais à la

campagne on ne rencontre personne, et on ne pourra pas voir mon joli

chapeau et ma belle robe. Si nous allions à la campagne sur le

boulevard?

--À huit heures du matin, toute la rue était mise en émoi par les

fanfares de la trompe de Schaunard qui donnait le signal du départ. Tous

les voisins se mirent aux fenêtres pour regarder passer les bohèmes.

Colline, qui était de la fête, fermait la marche, portant les ombrelles

des dames. Une heure après, toute la bande joyeuse était dispersée dans

les champs de Fontenay-Aux-Roses.

Lorsqu'ils rentrèrent à la maison le soir, bien tard, Colline, qui,

pendant la journée, avait rempli les fonctions de trésorier, déclara

qu'on avait oublié de dépenser six francs, et déposa le reliquat sur une

table.

--Qu'est-ce que nous allons en faire? demanda Marcel.

--Si nous achetions de la rente? dit Schaunard.

Scènes de la vie de Bohème · 第 30 / 41 题